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Halloween
Film américain de Rob Zombie (2007)
10 octobre 2007

****



Genre : Horreur
Durée : 1h46

Avec Malcolm McDowell(Dr. Samuel Loomis), Brad Dourif (Sheriff Lee Brackett), Tyler Mane (Michael Myers), Daeg Faerch (Michael Myers à l’âge de 10 ans), Sheri Moon Zombie (Deborah Myers), William Forsythe (Ronnie White), Scout Taylor-Compton (Laurie Strode), Richard Lynch ( Le Principal Chambers), Udo Kier (Morgan Walker), Clint Howard (Docteur Koplenson), Danny Trejo (Ismael Cruz), Lew Temple (Noel Kluggs), Tom Towles (Larry Redgrave), Bill Moseley (Zach ’Z-Man’ Garrett), ....

=> Le Film annonce

En 1978, la scénariste productrice Debra Hill et le réalisateur John Carpenter revisitent le mythe du croquemitaine façon tueur psychopathe et accouchent du film fondateur d’un genre nouveau : le Slasher. Presque 30 ans et 8 séquelles plus tard, les producteurs américains, en pleine période de relooking, parfois extrême, des films cultes d’antan sont à la recherche d’un metteur en scène pour assurer son remake. Rien de bien original, ni de très excitant me direz-vous (surtout après les tentatives plus malheureuses qu’heureuses d’« Assaut sur le central 13 » ou de « Fog »), si ce n’était Rob Zombie qui héritait du projet. Fan-boy devenu Rock Star avant de réaliser son rêve, faire des films d’horreur qui en ont, le réalisateur de « La maison des 1000 morts » et de « The Devil’s Rejects » délivre une version réaliste qui s’attarde, cette fois, sur les origines du mal.

Fils de strip-teaseuse élevé par un beau-père alcoolique, Mike Myers ne supporte plus les quolibets et vexations que lui infligent ses aînés. Caché derrière un masque de clown, l’enfant, âgé de 10 ans, est passé maître dans l’art de charcuter les petits animaux (extrait : convacation au collège). Mais la tension morbide, liée aux réjouissances d’Halloween, va l’amener à voir les choses en plus grand. Après avoir explosé à coups de batte de base-ball un élève de troisième qui racontait, à raison, que sa grande sœur est une marie-couche-toi-là, il profite de l’absence de sa mère, partie se dévêtir en public, pour s’armer d’un grand couteau et massacrer les pensionnaires de la maisonnée (extrait : chouette un nouveau masque), à l’exception de sa petite sœur Laurie qu’il cherche justement à protéger de la perversité du monde extérieur.
Incarcéré dans l’asile psychiatrique de Smith’s Grove, le jeune Michael ne semble rien se rappeler de ses actes de démence. Malgré les efforts du Docteur Loomis, le psychiatre qui le suit, et les visites régulières de sa mère, le gamin, désespéré de ne pouvoir recouvrer la liberté, fini par passé définitivement du côté obscur en tuant l’une des infirmières chargées de le surveiller (extrait : meurtre d’une infirmière) et provoquant, par rebond, le suicide de sa maman. Désormais emmuré dans un mutisme forcené, Mike Myers consacre ses journées à la fabrication de masques faciaux toujours plus délirants.

15 ans plus tard, l’enfant muet devenu un colosse n’a plus grand-chose d’humain. Piégé entre les 4 murs de sa cellule étriquée, le géant n’attend plus que l’occasion de s’échapper. Le placement à la retraite de son gardien de toujours va lui en offrir l’opportunité. Alerté de la fuite de son patient, le Docteur Loomis décide de le précéder sur les lieux de ses anciens crimes, là où il a abandonné malgré lui sa petite sœur Laurie. Mais les autorités locales ne prennent pas au sérieux les histoires de croquemitaines que colportent le psy.... Les festivités d’Halloween vont pouvoir débuter. (extrait : le retour du croquemitaine)

Exit la famille Myers bon teint de l’opus original. Si Rob Zombie a conservé les lieux (la paisible bourgade d’Haddonfield dans l’Illinois), les personnages (le docteur Loomis, le shériff Brackett, Laurie Strode et ses copines), ainsi que les circonstances du drame, il prend, dès les toutes premières secondes, le récit à son compte pour nous livrer un film d’horreur sang pour sang Rob Zombien, où d’ailleurs on retrouve les acteurs et les techniciens de ses deux premiers films.
Scindé en deux parties de longueurs équivalentes, ce remake d’« Halloween » se présente tout d’abord sous la forme d’une fausse préquelle dans laquelle le réalisateur choisit d’explorer ce que John Carpenter n’avait fait que survoler.

Loin du gentil couple Myers laissant leur enfant sous la garde d’une sœur profitant de leur absence pour mélanger ses fluides avec son petit ami du moment, Rob Zombie nous dépeint une famille de l’Amérique d’en bas. Un beau-père alcoolique, violent et un rien pervers (il n’y a qu’à voir comment il reluque le petit cul de sa belle fille), une sœur rebelle qui ne pense qu’à s’envoyer en l’air avec les petites frappes chevelues du quartier, et une mère strip-teaseuse aimante mais complètement dépassée par les événements. Passée la surprise de cette approche résolument crue, les interprétations de William Forsythe (le beau-père), Sheri Moon Zombie (la femme de Rob Zombie à la ville et la mère de Mike Myers dans le film), Daeg Faerch (le tueur d’Halloween à l’âge de 10 ans), Malcolm McDowell (qui reprend ave brio le rôle du Docteur Loomis), et la maestria de Rob Zombie, qui n’a pas son pareil pour ambiancer des séquences de violence ultra-réaliste, remportent l’adhésion. Si les fans du film original (dont je suis) regretteront probablement l’humanisation du personnage de Mike Myers, jusque-là ancré dans leurs esprits comme la représentation du croquemitaine, les amateurs du cinéma de Rob Zombie (dont je suis) seront, quant à eux, surpris par la maîtrise narrative dont il fait montre en retraçant le cheminement psychologique du tueur d’Halloween.

Le temps d’un éclairage, sur ce qu’est devenu le monstre après 15 ans d’incarcération (dans un plan très graphique où Mike Myers se lève et rend quasiment deux têtes à Danny « Machete » Trejo), et cette version 2007 rattrape le fil conducteur du métrage original, à savoir l’évasion et le retour de Mike Myers à Haddonfield pour les festivités d’Halloween.

Les mœurs ont pas mal évolué depuis 1978 et la Laurie Strode du nouveau millénaire, comme ses copines, use d’un langage et de manières beaucoup plus grunge que par le passé. On se dit, tout d’abord (enfin ceux qui connaissent le film de Carpenter), que le choix de Scout Taylor-Compton pour reprendre le rôle de Jaimie Lee Curtis n’est pas très judicieux. Puis, on comprend que ce n’est pas elle le personnage principal, mais bel et bien le tueur sous son masque de latex. Le propos du maître de cérémonie, Rob Zombie, n’est aucunement de se limiter à un copié collé de l’opus de Big John, mais au contraire de livrer un solide bio-pict fictionnel de l’icône du slasher-movie.

Alors oubliez, Yonautes, tout ce que vous pensiez savoir sur la vie et l’œuvre de Mike Myers. Rob Zombie ne fait pas dans la demi-mesure et il serait vraiment dommage que de petites interférences artistiques vous empêchent de profiter pleinement de la tragédie sanglante concoctée par le nouveau maître de l’horreur.

Après le jeune Daeg Faerch, la révélation de la première partie, c’est le gigantissime Tyler Mane (Sabertooth dans les « X-Men ») qui enfile le masque, avec toute la puissance de son physique hors-normes et toute la rage accumulée par son personnage pendant 15 longues années d’internement, et ça déménage.

Remarquablement filmé, mis en scène et servi par une galerie notable de seconds rôles (Brad Dourif, Udo Kier, Danny Trejo, Sybil Danning, Sheri Moon Zombie, William Forsythe, Bill Moseley, ...), « Halloween2007 » est un pari difficile pleinement réussi qui confirme, s’il en était besoin, Rob Zombie comme l’un des artisans du genre les plus passionnants du moment.

Bruno Paul

UN AUTRE AVIS

Après une pléiade de tueurs en série qui n’en finit pas, du visage masqué à la poupée ensorcelée en passant par le gant griffu, on était en droit de se demander ce qu’un remake d’Halloween pourrait nous faire de nouveau. Le même en plus sanguinolent ? Une meilleure réalisation, plus d’effets spéciaux ? Mais le concept n’a déjà été que trop fait. Il fallait du nouveau, du sang neuf si j’ose dire, à la série d’Halloween. C’est chose faite ! Il n’en fallait pas plus pour déclencher les foudres de nombreux aficionados. Certains fans descendent d’ors et déjà le film sur divers forums. La créativité ne paie pas toujours.

Le concept va plus loin qu’un simple remake. Halloween fait une entrée (la première) dans l’âme et l’esprit de Michael Myers. Si le personnage perd forcément une partie de son mystère, c’est une énigme plus inquiétante, plus envoûtante, qui l’habite désormais. Michael n’est plus ce monstre anonyme, il devient identifiable à nous-même. L’intelligence du scénario s’accompagne par une pléiade de bons acteurs et une réalisation fort bien construite. Si la musique de base, conservée telle quelle, a moins d’effet qu’il y a vingt ans, de nouvelles ambiances sonores et musicales enrichissent la plupart des séquences. Indéniablement, les musiques d’Halloween sont une autre réussite.

Il n’en reste pas moins que le cinéma d’horreur adore les rebondissements enfantins. Certaines séquences sont absurdes et irréalistes (l’évasion de Michael, notamment), et la fin flirte carrément avec le ridicule.
Si vous n’avez pas aimé la saga des Halloween, vous pourriez bien aimer cet épisode. Si vous êtes un adepte de Michael, soit vous adorerez soit vous détesterez, mais il n’y aura sans doute pas de demie mesure.
Il subsiste une question... était-ce le dernier opus, ou va-t-on avoir un « Myers contre Chucky dans le futur intersidéral » ? Arrêter maintenant la saga serait une façon de finir en beauté.

Tom Décembre

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Halloween

Réalisation : Rob Zombie
Scénario : Rob Zombie d’après le scénario de Debra Hill et John Carpenter

Producteurs : Malek Akkad, Andy Gould, Rob Zombie
Producteur associé : Patrick Esposito
Producteurs exécutifs : Matthew Stein, Bob Weinstein, Harvey Weinstein

Musique originale : Tyler Bates
Image : Phil Parmet
Montage : Glenn Garland
Distribution des rôles : Monika Mikkelsen
Création des décors : Anthony Tremblay
Direction artistique : T.K. Kirkpatrick
Décorateur de plateau : Lori Mazuer
Création des costumes : Mary E. McLeod
Maquillage : Douglas Noe
Son : Scott Sanders
Effets spéciaux : Rachel Leigh Arnold, Mark R. Byers
Cascades : Rawn Hutchinson

Production : Dimension Films, Nightfall Productions, Spectacle Entertainment Group, Trancas International Films
Distribution : TFM Distribution

Relation presse : Michel Burstein pour Bossa-Nova

INTERNET

Le site officiel : http://www.halloween-themovie.com


Bruno Paul
Tom Décembre
10 octobre 2007






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