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X-Men
Film américain de Bryan Singer (2000)
16 Décembre 1987

****



Genre : super-héros mutants
Durée : 1h45

Avec Hugh Jackman (Logan/Wolverine), Patrick Stewart (Xavier), Ian McKellen (Magneto), James Marsden (Cyclope), Famke Janssen (Jean Grey), Halle Berry (Tornade), Anna Paquin (Malicia), Tyler Mane (Dents-de-sabre), Ray Park (Le Crapaud), Rebecca Romijn-Stamos (Mystique), Bruce Davidson (Sénateur Kelly), Matthew Sharp (Henry Guyrich)

Après quelques tentatives douteuses, souvent restées dans l’anonymat, les productions Marvel semblent enfin décidées à mettre le paquet dans le registre cinématographique. Après l’essai, plutôt concluant, du « Blade » de Stephen Norrington (mettant en scène un super héros vampirique de second zone) et avant la future adaptation de Peter Parker, alias « Spiderman », conduite par Sam Raimi, c’est au tour des mutants de faire leur apparition sur le grand écran.

Comme on pouvait s’y attendre, un très grand soin a été apporté à l’adaptation des « X-Men », cet incroyable phénomène de la BD US qui sévit, enfin surtout Outre-Atlantique, depuis 37 ans. Il faut dire que l’enjeu était important, tant les « X-MEN » font partie de la culture populaire américaine.
La première tâche des producteurs fut certainement de choisir les intervenants pour monter ce projet, et, en particulier, trouver le réalisateur adéquat. C’est en fait Tom DeSanto, producteur et grand fan des « X-MEN » qui propose Bryan Singer.

Si confier un tel projet à un metteur en scène talentueux mais peu habitué aux méga-productions à effets spéciaux incorporés pouvait sembler hasardeux, le résultat est assez convaincant et ouvre la voie pour les futurs épisodes qui devraient, selon toute vraisemblance, voir le jour prochainement.

Pratiquement vierge de la culture « X-MEN », c’est le regard neuf et sans idée préconçue, que le réalisateur a accepté la responsabilité de cette périlleuse adaptation. En effet, si le concept des mutants peut sembler propice en cette fin de siècle marquée par le génétiquement modifié, les effets de la pollution et les mutations virales, il ne faudrait pas oublier l’incroyable longévité de l’équipe du professeur Xavier et l’énorme production de comic-book qu’elle a générée depuis sa création en 1963. C’est donc à une immersion totale dans l’univers mutant de Stan Lee que Bryan Singer a du se soumettre pour en saisir l’esprit et parvenir à réaliser une adaptation cinématographique, apte à satisfaire les nombreux fans, souvent américains, de la bande dessinée et convaincre les non-initiés, en distillant suffisamment d’informations pour ne pas les laisser sur le carreau.

Dans un futur proche, une nouvelle population fait peu à peu son apparition : les mutants. Ils sont le résultat d’une nouvelle phase de notre évolution, les premiers représentants d’une nouvelle espèce humaine, « l’homo-superior ».

Face à l’émergence d’individus dotés de pouvoirs parfois terrifiants, l’humanité, effrayée, désire, à l’instar du sénateur Kelly, que ces êtres hors du commun soient fichés, contrôlés et tenus à l’écart de la population et de nos chères têtes blondes.

Si cette marginalisation est loin de satisfaire la population mutante, le professeur Xavier, un télépathe paraplégique, un rien utopique, a fondé une école pour permettre à ces « anormaux » d’apprendre à maîtriser leurs pouvoirs et réussir à s’intégrer au sein de la société humaine. Bien entendu, tous les mutants ne sont pas sur cette longueur d’onde. En l’occurrence, Magnéto (dont le magnétisme, comme son nom l’indique, lui permet de manipuler les métaux), rescapé des camps de la mort nazis, rejette cette politique et veut préserver les mutants d’un nouvel Holocauste. Plutôt que d’accepter la ghettoïsation annoncée, il choisit de combattre, d’asservir l’humanité et de la détruire, si cela s’avère nécessaire. Pour ce faire, il devra s’opposer au professeur Xavier, une connaissance de longue date, et à son équipe des « X-MEN », partisans d’une coexistence pacifique entre humains et mutants.

S’il est évident que producteurs, scénaristes et metteur en scène ont dû trancher et prendre des décisions pour mener à bien cette adaptation - on ne résume pas 37 ans de comics en 1h45 - ce premier opus, bâti sur un scénario original, s‘inscrit indiscutablement comme le premier volet d’une saga cinématographique prometteuse.
On assiste à la rencontre entre quelques figures marquantes de l’équipe « X-MEN » - en l’occurrence la télépathe Jean Grey, Cyclope et ses rayons optiques, Tornade, la maîtresse des éléments - et deux nouvelles recrues du Professeur Xavier, à savoir Wolverine et la jeune Malicia. Du côté des méchants, on retrouve, sous les ordres de Magnéto, Dent-de-sabre, le Crapaud et la superbe Mystique, au don de « métamorphe ».

Heureusement, et n’en déplaise aux fans purs et durs de la bande dessinée, Bryan Singer parvient à éviter habilement nombres d’écueils auxquels on pouvait a priori s’attendre. Il limite tout d’abord le nombre des protagonistes et l’extravagance de leurs costumes qui, si elle avait participé au succès de la BD, aurait certainement plongé le film dans une parade grand-guignolesque. Les décors sont superbes, les effets spéciaux hallucinants et la musique de Michael Kamen (dont la carrière semble s’envoler à la façon d’un Jerry Goldsmith) s’intègre parfaitement à l’ensemble.

On ne pourra que se plaindre de la courte durée du film (1h45), qui ne permet qu’un rapide survol de cette saga, devenue quasiment un mythe américain. En effet, on regrettera de ne pas plus s’attarder sur les problèmes existentiels, les crises de conscience emblématiques des personnages de l’écurie Marvel, et de Stan Lee en particulier.
Quant aux acteurs, ils ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils rivalisent et tentent d’imposer leurs rôles au cœur du maelström technologique de ce type de production.

Le rythme est soutenu, malgré les indispensables passages plus verbeux à destination du public exempt du vernis mutants des X-MEN, et les scènes d’action sont d’excellente facture. A l’inverse d’autres tentatives de ce genre, dans lesquelles les maîtres d’œuvre absorbent les héros au cœur de leur propre imaginaire ou, plus lamentablement, ratent totalement la transposition sur le support cinématographique, Bryan Singer, sans être atteint d’un syndrome de démesure, remplit plus que correctement son contrat. Il démocratise, par et pour le cinéma, l’univers des X-MEN, sans en trahir l’esprit.
S’il est clair que nous sommes loin d’un chef d’œuvre d’imagination science fictive (mais tel n’était pas le propos), « X-MEN » est assurément un bon film de divertissement et une adaptation sur grand écran plus que réussie. Que désirer de plus, sinon la sortie rapide du prochain épisode ?

FICHE TECHNIQUE

Titre original : X-MEN

Réalisation : Bryan Singer
Scénario : David Hayter d’après une histoire de Tom DeSanto et Bryan Singer

Producteurs : Lauren Shuler Donner, Ralph Winter
Producteurs exécutifs : Avi Arad, Stan Lee, Richard Donner, Tom DeSanto
Coproducteurs : Joel Simon, William S. Todman, JR.

Photographie : Newton Thomas Sigel
Chef décorateur : John Myhre
Montage : Steven Rosenblum, Kevin Slitt, John Wright, A.C.E.
Superviseur effets visuels : Michael Fink
Maquillages : Gordon Smith
Musique : Michael Kamen
Costumes : Louise Mingenbach

Production : 20th Century Fox, Bad Hat Harry, Donner/Schuler-Donner Productions, Genetics Productions, Marvel Films, Springwood Productions
Distribution : UGC-Fox Distribution (UFD)
Effets spéciaux : C.O.R.E. Digital Pictures, Cinesite Hollywood, Digital Domain, FXSmith Inc., Hammerhead Productions, Inc., Kleiser-Walczak Construction Company, Matte World Digital, Pacific Ocean Post Digital Film Group

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Images © UGC - 20Th Century Fox



Bruno Paul
16 août 2000






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