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Sultan des nuages (Le)
Geoffrey A. Landis
Le Bélial’, Une Heure-Lumière, n°11, court roman traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction, 110 pages, août 2017, 8,90€

De retour de mission sur Mars, le Dr Léa Hamakawa reçoit une mystérieuse invitation de Carlos Fernando Delacroix Ortega de la Jolla y Nordwald-Gruenbaum, l’héritier d’une des douze grandes familles à posséder tout le système solaire. Il la convie à le rejoindre sur une des villes flottantes qui orbitent à basse altitude autour de Vénus.
Intriguée, celle-ci répond à son invitation, mais s’y rend avec son collègue David Tinkerman qui n’est pas vraiment le bienvenu.



Né en 1955, Geoffrey A. Landis est ingénieur à la NASA, spécialisé dans l’exploration martienne et vénusienne. Il écrit peu et seules quatre nouvelles ont jusqu’à présent été traduites en français (3 dans la série des « Isaac Asimov présente »... et une dans « Invasions 99 », déjà chez le Bélial’).
Le court roman « Le sultan des nuages » n’est donc que la cinquième publication française de l’auteur, ce qui n’en est que plus regrettable au vu de la qualité des textes présentés.

L’histoire est narrée selon le point de vue de David Tinkerman, l’intrus, celui qui n’était pas invité sur la station vénusienne et qui d’emblée est mis de côté. Léa Hamakawa s’estime assez grande pour se débrouiller seule, mais il n’a de cesse de veiller sur elle, toujours dans l’expectative sur leurs rapports. Il l’aime mais n’ose se dévoiler.
Face à eux, un jeune homme de 12 années terrestres qui à sa majorité héritera d’un empire est animé d’une ambition démesurée. La terraformation de Vénus n’est pas possible, alors pourquoi a-t-il convié Léa à venir ? Y a-t-il un motif caché ?

« Le sultan des nuages » est passionnant, il se lit d’une traite. Des passages relèvent de la Hard SF, mais ils ne ralentissent pas le rythme, car parfaitement intégrés dans l’histoire. Des faits anodins s’additionnent au fur et à mesure pour révéler leur vraie teneur et donner tout l’intérêt du récit. Le jeune satrape voit loin, il veut assoir sa domination sur toutes les cités de Vénus et se définit même comme le possesseur de la planète. Des rebelles, cachés dans des cités sous la couche nuageuse, se méfient, mais ne parviennent pas à cerner ses plans.

D’ailleurs, cette vision des cités qu’Aurélien Police met en image de couverture ne manque pas de beauté. Des milliers de tels habitats flottent au-dessus des nuages. Ils sont aussi beaux que fragiles et défient l’inhospitalité vénusienne, montrant le génie humain mais aussi son ambition.

« Le sultan des nuages » s’avère aussi distrayant qu’intelligent. La science s’efface derrière les manigances humaines, œuvrant aussi bien à l’échelle de l’individu qu’à celle d’une planète. Geoffrey A. Landis cache très bien les enjeux cachés, menant parfaitement le récit, savant mélange d’explications scientifiques, d’action et de sentiments.
Un nouveau Une Heure-Lumière à conseiller ! Une collection qui ne cesse de s’étoffer par des novellas de qualité.


Titre : Le sultan des nuages (The Sultan of the Clouds, 2010)
Auteur : Geoffrey A. Landis
Couverture et conception graphique : Aurélien Police
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Pierre-Paul Durastanti
Éditeur : Le Bélial’
Collection : Une Heure-Lumière
Numérotation dans la collection : 11
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 112
Format (en cm) : 12 x 18
Dépôt légal : août 2017
ISBN : 978-2-84344-925-3
Prix : 8,90 €


Autres titres de la collection
- 1. « Dragon » de Thomas Day
- 2. « Le nexus du Docteur Erdmann » de Nancy Kress
- 3. « Cookie Monster » de Vernor Vinge
- 4. « Le choix » de Paul J. McAuley
- 5. « Un pont sur la brume » de Kij Johnson
- 6. « L’homme qui mit fin à l’histoire » de Ken Liu
- 7. « Cérès et Vesta » de Greg Egan
- 8. « Poumon vert » de Ian R. MacLeod
- 9. « Le regard » de Ken Liu
- 10. « 24 vues du mont Fuji, par Hokusai » de Roger Zelazny


Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
7 septembre 2017






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