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Terra Formars (T1)
Yu Sasuga et Ken-ichi Tachibana
Kaze Seinen

Il y a 500 ans, les terriens cherchèrent à résoudre le problème de surpopulation en tentant de rendre la planète Mars vivable. Pour cela, il devait refroidir la surface de la planète en permettant au gaz carbonique, stocké dans les sous-sols de la planète, de créer de l’effet de serre. Et pour aider à la production d’oxygène, une espèce de lichen fut aussi répandue sur la planète, accompagnée d’une race d’insecte : les cafards. En 2599, une expédition de quinze personnes fut envoyée pour désinsectiser la surface de la planète alors que Mars est à l’aube de devenir vivable. La navette Bug 2 s’approche de l’atmosphère martienne mais son équipage est loin d’imaginer ce qui l’attend sur cette planète.



Shokichi fait partie de ces quinze astronautes choisis pour désinsectiser Mars. Mais comme ses quatorze coéquipiers, Shokichi n’est pas un membre officiel de l’U-Nasa, c’est un rebuts de la société qui a accepté cette mission pour se renflouer et obtenir une grâce. Il faut dire que le jeune homme a été condamné pour le meurtre du beau-père de son amie Nanao, qui tentait de la violer. Cette dernière est aussi de ce voyage international. Mais ce qui devait être une petite balade de santé tourne vite au cauchemar. La créature que rencontre Shokichi et Nanao, lors de leur première sortie, est une forme mutante de cafard humanoïde, plus grand et plus puissant qu’un homme... et qui brise la nuque de Nanao comme signe de bienvenue. Voila donc pourquoi chaque membre d’équipage a subi une opération dont la chance de réussite n’était que de 30% : l’implantation de gènes d’insectes...

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« Terra Formars » est le manga surprise de l’année 2011 au Japon. Son succès a été réellement fulgurant et les trois tomes déjà parus ont déjà leur suite programmée. Si le scénariste, Yu Sasuga, est peu connu en France, le dessinateur, Ken-ichi Tachibana, avait déjà oeuvré sur « l’Affaire Sugaya », un excellent manga sur une affaire policière. Cette fois, nous quittons le quotidien pour un futur des plus éloignés pour une version très personnelle de « la Métamorphose » de Kafka... Non, bien évidemment, nous sommes loin de cette oeuvre, leur seul point commun, mais non le moindre est celle du cafard, mais surtout de la mutation.

« Terra Formars » va très vite mettre le lecteur dans l’ambiance. Des cafards ayant muté en 500 ans pour prendre une forme humanoïde. Des humains qui se voient implanter des gènes d’insectes pour pouvoir affronter cette race en perpétuelle évolution. Les insectes sont très présents dans le bestiaire monstrueux nippon et cette fois, c’est le plus haït de tous qui est à l’honneur : ce bon vieux cafard. Yu Sasuga, en les humanisant, leur a inculqué une haine réciproque de la race humaine, ce qui explique leur attitude hyper violente à l’égard de nos pauvres astronautes. Car, un peu comme dans « Aliens, le retour », l’équipage envoyé pour les éradiquer va se faire massacrer en un temps record. Et les membres et les têtes vont pleuvoir bien bas dans les planches de Ken-ichi Tachibana. Son style plutôt réaliste va nous plonger dans un « survival horror » où les bestioles de « Starship Troopers » passeront pour des enfants de coeur.

Le côté mutation ne s’arrêtera pas au cafard car chaque membre de l’équipage va faire usage de ses capacités insectoides pour se défendre, avec au passage des versions semi-transformées de chaque personnage plutôt réussies. Au passage, Yu Sasuga nous fera une petite leçon de science naturelle, expliquant pour chaque insecte utilisé quel est sa particularité dans la nature et ses principales caractéristiques. Un petit côté éducatif assez amusant vu le contexte et qui, mine de rien, nous démontre que mère nature a vraiment un drôle de sens de l’humour (et pas seulement à cause de l’ornithorynque). Des apartés qui s’avèrent amusants. Yu Sasuga va aussi nous faire des flash-backs décalés, s’intéressant à un personnage qui... vient de mourir. Un système qui avait déjà été testé avec « Battle Royale ». Cela crée une trame narrative complètement folle, mais qui ravira ceux qui se lassent un peu des trames trop linéaire et prévisibles d’autres séries.

« Terra Formars » est une sorte d’ovni qui surprend par son mode narratif loin d’être habituel, ses dessins de qualités, qui évitent toutefois le gore, ce qui aurait été la solution de facilité. Mais une question se pose pour le tome 2 : maintenant que Yu Sasuga a grillé pas mal de munitions côté effets de surprises, parviendra-t-il à garder le rythme pour son tome 2, la réponse en mai.


Terra Formars (T1)
- Scénario : Yu Sasuga
- Dessin : Ken-ichi Tachibana
- Traducteur : Sylvain Chollet
- Éditeur français : Kaze Manga
- Collection : Seinen
- Format : 112 x 170, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 224 pages
- Date de parution  : 1er février 2013
- Numéro ISBN : 978-2-82030-615-9
- Prix : 7,99 €


TERRA FORMARS © 2011 by Ken-ichi Tachibana, Yu Sasuga / SHUEISHA Inc.
© Edition Kaze Manga - Tous droits réservés


Frédéric Leray
16 février 2013






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