Ce monde dépeint par Grégory Charlet est bien le nôtre, à peine plus avancé dans le temps, à peine plus violent et toujours engagé dans une voie sans issue construite sur le chacun pour soi, les petites révoltes d’âmes plus libertaires se réprimant dans de sanglants bains de sang !
Gaël dessine des livres pour enfant, son utopie y montre sa force car il rêve de douceur, de beauté, de compréhension. Pourtant, il vient de vivre un épreuve traumatisante (T1 : Gaël, fév. 2003), hyper violente et qui a failli lui coûter la vie. Ici, il est interdit d’affronter le pouvoir ! Ses aspirations en un autre monde n’en seront que plus évidentes, même si elles paraissent encore plus difficiles à atteindre.
Alors, Carole, celle avec qui tout paraît si facile, sera-telle son halo de lumière, son île encore vierge des pollutions de ce monde de dingues ?
Dans un récit plus intimiste, Charlet évoque les difficultés d’un univers qui connaît les problèmes de nombre banlieues actuelles, aborde les difficultés de communiquer ses sentiments, la timidité, la différence, teintant l’ensemble de couleurs crades qui accentuent encore les malaises. D’un trait manga reconnaissable, il fait preuve d’une certaine assurance, composant avec cette première histoire qu’il s’est taillée sur mesure.
On regrettera encore quelques déchets techniques (des mains aux doigts très inconstants... une marque de fabrique ???), mais même si les fans d’anticipation auraient peut-être aimé plonger un peu plus dans cette société en décomposition, on ne pourra reprocher à l’auteur les développements qu’il ose sur de vrais personnages... et oui, des humains qui essaient de penser en tant que tel !
On attend la suite...
46 planches, 10,45 euros