« Sept vues sur les gorges d’Olduvaï » est une novella multi-primée (Hugo, Nebula...) de Mike Resnick. Cet écrivain disparu en 2020 a laissé une œuvre marquée par ses récits d’inspiration africaine : sa trilogie « L’infernale comédie » (« Paradis », « Purgatoire », « Enfer »), le roman « Ivoire » et bien sûr son recueil « Kirinyaga ». Cette novella est d’abord parue dans le numéro 8 de la revue « Galaxies » en mars 1998, puis a été reprise dans le recueil « Sous d’autres soleils » ( Flammarion Imagine, avril 2001). Bizarrement, le titre varie légèrement les trois fois (“Sept vues de la gorge d’Olduvaï”, “Sept vues sur la gorge d’Olduvaï” jusqu’au présent « Sept vues sur les gorges d’Olduvaï »).
Ces extraterrestres sont tous fort différents, chacun spécialiste dans un domaine. Fascinés par l’histoire humaine, race éphémère à la trajectoire brutale et fulgurante, ils cherchent à en savoir plus sur elle en fouillant son berceau, les gorges d’Olduvaï. Ils dénichent quelques objets : une pierre triangulaire, un maillon de chaîne rouillé, le manche d’un coutelas... Un des membres de l’expédition, le narrateur, parvient à fusionner avec ces objets, à les assimiler et apprendre ce qui s’est passé. Du plus ancien au plus récent, il partage ces expériences du passé, ces instantanés de ce qu’était l’homme. Ce sont ces sept vues, la dernière trouvant un étonnant écho avec la première, qui sont ici relatées. Demeure une question en suspens : la race humaine peut-elle seulement disparaître ?
L’auteur met en avant bien des caractéristiques humaines qui ne sont pas forcément à son avantage : l’instinct de survie, l’adaptation à son environnement, la dominance sur autrui, le vice, la pollution de son environnement, la cupidité, la fierté... Les premiers épisodes se déroulent dans notre passé, avant de basculer dans notre futur. À la fin, la boucle est subtilement bouclée.
La novella « Sept vues sur les gorges d’Olduvaï » se révèle fascinante par ce condensé de la race humaine. Six tableaux en retracent l’histoire, le septième la réécrit. On a beau l’avoir déjà lue, le plaisir est toujours le même. La magie de ce récit, de ces témoignages encapsulés comme témoins du parcours humain, fait merveille et il reste l’impression d’avoir lu un très grand texte, de la catégorie de ceux que l’on peut qualifier de chefs-d’œuvre.
« Sept vues sur les gorges d’Olduvaï » constitue indéniablement une très belle porte d’entrée sur l’œuvre de Mike Resnick abritant quelques pépites.

Titre : Sept vues sur les gorges d’Olduvaï (Seven Views of the Olduvai Gorge, 1994)
Auteur : Mike Resnick
Couverture et conception graphique : Aurélien Police
Traduction de l’américain : Jean-Marc Chambon ; révisée par Olivier Girard
Éditeur : Le Bélial’
Collection : Une Heure-Lumière
Numérotation dans la collection : 64
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Novella (site éditeur)
Pages : 112
Format (en cm) : 12 x 18
Dépôt légal : mai 2026
ISBN : 9782381632223
Prix : 11,90 €
Derniers titres de la collection chroniqués :
51. « La marche funèbre des marionnettes » d’Adam-Troy Castro
52. « Kid Wolf et Kraken Boy » de Sam J. Miller
53. « L’automate de Nuremberg » de Thomas Day
54. « Les fils enchevêtrés des marionnettes » d’Adam-Troy Castro
55. « Les armées de ceux que j’aime » de Ken Liu
56. « As-tu mérité tes yeux ? » de Eric LaRocca
57. « L’inversion de Polyphème » de Serge Lehman
58. « Défense d’extinction » de Ray Nayler
59. « À lire à ton réveil » de Robert Jackson Bennett
60. « Voile vers Byzance » de Robert Silverberg
61. « Cuirassés » d’Adrian Tchaikovsky
62. « Une espèce en voie de disparition » de Lavie Tidhar
63. « Aspect » de Ian McDonald
Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr