Alan bouffe de la Gomme depuis son plus jeune âge. En entrée, en plat, en dessert, entre les repas, à toutes les sauces et il en redemande, tant il aime ça. Maintenant qu’il a 18 ans, il va enfin passer à l’étage supérieur, ce fameux troisième étage qui alimente toutes les rumeurs. Il espère juste qu’il pourra toujours manger de cette délicieuse Gomme... “Bienvenue au troisième étage” ne livre son secret qu’à la fin, même si Marc Eliam distille ses effets au fil des pages. De nombreux lecteurs penseront à « Soleil vert » de Harry Harrison, mais la Gomme n’est pas forcément ce que l’on croit. Avouons que la solution du mystère donne froid dans le dos ! Une nouvelle originale et intrigante, très bien menée.
En plus de livrer un colis n’importe où sur Terre, il est à présent possible de le faire à travers le temps. Pour sa première mission quarante années dans le futur, Leox est durement éprouvé et ne remet pas le colis à son destinataire, ce qui pourrait être lourd de conséquences pour son avenir de livreur. Pourtant il échappe à toutes sanctions et il n’est pas au bout de ses surprises quand il découvre l’expéditeur et le contenu de l’envoi. “Baptême de plongée temporelle” de Lise Ambriac se révèle pétri d’humour avec son personnage amateur avant l’heure d’une musique nouvelle qu’il croit provenir du futur. Un texte plaisant qui donne le sourire.
Le but d’“Un mousquetaire pour les freaks” est un peu le même avec cette idée totalement folle d’un repliement d’un coin de la galaxie et la Terre se superposant à elle-même à quatre cents ans d’intervalle pendant un court laps de temps. Résultat : certaines personnes ont fusionné avec quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre. C’est ainsi que Yasmine partage son corps avec le mousquetaire Amaury de Lignac. Ils cambriolent des pharmaciens pour revendre la marchandise, mais ils sont promis à un plus vaste destin. Emma Cornellis est partie d’un postulat vraiment original, mais le choix des protagonistes plaira ou non, elle a forcé le trait avec ce grand bretteur pour donner un air de cape et d’épée. Le mélange ne m’a pas pleinement convaincu, même si cette nouvelle se lit très facilement.
Quant à “Prendre la vie côté paillettes”, Kara Delvaux lâche aussi les chevaux avec Fay travaillant de jour comme caissière dans un supermarché pour assurer sa subsistance en surface. En effet, il s’agit avant tout de la fée des dents, celle qui concurrence la petite souris pour récolter les dents de lait rangées sous les oreillers des enfants. Ce soir, elle se rend dans la chambre d’une petite fille pour une récolte plus compliquée que prévu. L’auteure fait vraiment fort avec la situation qui dérape et Fay qui outrepasse sa mission de départ. Humour garanti !
Ce numéro 80 d’« Aventures Oniriques et Compagnie » fait la part belle à l’imagination sans limites des auteurs au sommaire. Ils font preuve d’une belle originalité et souvent d’un humour mordant. Une très belle livraison de ce fanzine à la présentation toujours impeccable.

Titre : AOC
Numéro : 80
Directrice de publication : Evelyne Beuzit
Rédactrice en chef : Agathe Tournois
Couverture : Anwenn Vialade
Illustrations intérieures : Olivier Bourdy, Yohan Vasse, Jean-Michel Prats et Éric Malterre
Type : fanzine
Genre : Science-fiction, fantasy, fantastique
Site Internet : le club Présences d’Esprits
Période : printemps 2026
Périodicité : trimestrielle
ISSN : 1772-3442
Dimensions (en cm) : 13 x 20
Pages : 80
Prix : 4 €
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