Cette anthologie intitulée « Les Contrées du rêve » a déjà une longue histoire : une première mouture, moins fournie, avait initialement été publiée chez Mnémos en 2010, reprise par J’ai Lu en 2012, puis chez Bragelonne en 2018. En 2021, une édition augmentée avait paru chez Mnémos dans le cadre d’une intégrale. C’est cette édition augmentée de trois textes (“Ex oblivione” “Ce qu’apporte la lune”, “Le Livre”), d’une longue “Préface générale” du traducteur David Camus, ainsi que de la “Préface à l’édition de 2010” mais pourvue d’un “Addendum” de 2020, ainsi que d’une ”Note du traducteur” expliquant les choix retenus - traduire les noms des institutions et unités de mesure ou les conserver telles quelles - qui est à présent reprise aux éditions Bragelonne.
C’est donc un épais volume riche de près de cinq cents pages et contenant dix-sept grands textes lovecraftiens qui est ici proposé au format de poche. Nous ne chroniquerons pas les textes classiques ou moins classiques qui figurent dans ce recueil, textes dont la plupart ont été régulièrement retraduits et réédités, et qui tous ont déjà été abondamment commentés. On trouvera là quatre textes, tous célèbres, mettant nommément en scène Randolph Carter (“Le Témoignage de Randolph Carter”, “La quête onirique de Kadath l’inconnue”, “La Clef d’argent”, “À travers les portes de la clef d’argent”), des textes brefs et poétiques comme “Azathoth”, “Le Bateau blanc” ou “Celephaïs”, des textes eux aussi brefs mais néanmoins effrayants comme “Hypnos”, “Ce qu’apporte la lune” ou “Les Chats d’Ulthar”... et bien d’autres choses encore.
“J’envie celle ou celui qui, pour la première fois, découvrira Lovecraft ”, écrit le traducteur David Camus. On ne saurait mieux dire. Mais la quasi-totalité de celles et ceux qui l’ont déjà lu le relisent et s’y replongent à intervalles réguliers, goûtent les mêmes dépaysements, les mêmes émois, les mêmes vertiges. Pour ceux-là, cette réédition sera l’occasion de redécouvrir les textes dans des moutures subtilement différentes, mais toujours dotées de la même puissance d’évocation.
