Nous avions fait précédemment l’éloge du très singulier « Chomor » de Martin Mongin. Un roman à la frontière des genres qui flirtait assez gravement (mais avec énormément d’humour) avec nos genres de prédilection (et qui ferait un sympathique Noël à moins de dix euros, mais nous en avons eu d’autres sous cette barre symbolique qui sont eux aussi toujours valables, comme ceux de 2023, 2019, 2018, ou encore 2017). Si ce « Chomor », parmi bien d’autres thèmes, tournait autour de l’effondrement et du changement climatique en cours, on pourrait dire que ce « Livre des comptes » s’en prend surtout – une fois encore parmi bien d’autres thèmes – au technofachisme qui est en train de nous emporter. Un épais roman qui devrait ravir les amateurs de littérature de genre : on y trouve la revue Bifrost, les éditions le Bélial’, la quête d’un Président de la République, en compagnie d’une pythonisse, à travers le temps, l’espace et les petits éditeurs, un Sci-Fi Lab dans lequel les technocrates espionnent les auteurs de genre et leurs productions pour voir jusqu’où ils peuvent pousser la dystopie (la Red Team étatique d’un Lucazeau et consorts n’étant qu’un plaisant écran de fumée), une hexacéphale Conjuration des Anticipateurs (Angela Gorodischer, René Barjavel, Ursula Le Guin, Isaac Asimov, Octavia Butler, Joëlle Wintrebert) et beaucoup, beaucoup d’autres choses encore. C’est riche, c’est délicieux, c’est sérieux, c’est drôle, c’est inventif, c’est inclassable, c’est du Martin Mongin.

Titre : Le Livre des comptes
Auteur : Martin Mongin
Couverture : Damien Filliatre-Borja
Éditeur : Tusitala
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 662
Format (en cm) : 14 x 19
Dépôt légal : premier trimestre 2025
ISBN : 9791092159370
Prix : 25 €
À l’opposé d’un roman récent comme celui de Martin Mongin, on pourra s’orienter vers un indémodable classique. On ne compte plus les éditions du célèbre « Frankenstein » de Mary Shelley. Tout le monde en parle, mais qui l’a vraiment lu ? Pour une somme très modeste, Monsieur Toussaint Louverture en propose une belle édition reliée dans une nouvelle traduction de Marie Darieussecq, dont l’on pourra trouver la chronique en suivant ce lien. Et pour à peine plus cher, on pourra offrir la traduction elle aussi récente de Maxime le Dain que nous avions décrite ici pour les éditions Bragelonne.


Titre : Frankenstein ou le Prométhée moderne (Frankenstein or the modern Prometheus, 1831)
Autrice : Mary Shelley
Traduction de l’anglais (Angleterre) : Marie Darrieussecq
Couverture : Jessica Seamans
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture
Collection : Monsieur Toussaint Lavanture
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 290
Format (en cm) : 20 x 13 x 3
Dépôt légal : novembre 2025
ISBN : 9782381962085
Prix : 17,50 €
Titre : Frankenstein (Frankenstein, or The Modern Prometheus, 1818)
Auteur : Mary Shelley
Traduction l’anglais (Grande-Bretagne) : Maxime le Dain
Couverture : Armel Gaulme / Fabrice Borio
Éditeur : Bragelonne
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 343
Format (en cm) : 13,5x 20
Dépôt légal : octobre 2021
ISBN : 9791028117993
Prix : 19,90 €