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Brins d’Éternité n°39
Revue des littératures de l’imaginaire
Revue, n°39, Science-fiction - fantastique - fantasy, nouvelles - articles – critiques - entretien, automne 2014, 120 pages, 9CAD

À l’occasion de ce numéro, Sébastien Chartrand prend la direction de la section Articles de « Brins d’Éternité ». Il signe “Le voyage spatial avant le voyage spatial”, où il nous parle des œuvres marquantes qui ont mis le voyage dans l’espace au centre de leur récit avant qu’il ne devienne une réalité. Bien sûr, « De la Terre à la Lune » de Jules Verne, ainsi que « Les premiers hommes dans la Lune » d’H.G. Wells sont évoqués avec leurs solutions pour s’affranchir de la gravité terrestre. Un article très bien ficelé qui a le grand mérite de faire la part belle à des ouvrages anciens, pas tous encore présents dans nos mémoires.



La première nouvelle sacrifie à la mode des zombies. Par cette période florissante, il faut être original pour se démarquer de la masse, ce que ne parvient pas à faire “Punk’s not dead !” de Dean Venetza. Lu et oublié presque aussi vite. Pas facile de passer après, entre autre, « L’éducation de Stony Mayhall » de Daryl Gregory, qui dépoussière le genre !

Trois portes avant l’inconnu” de Jean-Louis Trudel est d’un tout autre niveau. Il nous plonge dans un reality show se déroulant sur Mars. Des candidats s’y sont rendus pour un aller simple. Ils sont tous atteints d’un mal incurable et leurs jours sont comptés. Les paris sont ouverts, lequel mourra le premier et sera donc le premier à être enterré dans le sol martien ?
Le concept de l’émission n’est pas dévoilé tout de suite ; malgré des indices, on ne le saisit que lors d’une conversation intimiste. Superbe idée, tirée d’émissions n’hésitant pas à jouer de la surenchère permanente, et très bien menée.

Les deux nouvelles qui suivent prennent la science-fiction comme prétexte à placer les personnages dans des lieux insolites. L’élément SF est donc des plus minces et les deux histoires n’auraient rien perdu à être situées sur Terre, si ce n’est qu’elles n’auraient plus eu leur place dans la revue.
Pierre Gévart décrit un “Pèlerinage amoureux” où chacun veut parler d’un sujet gênant. Ce n’est qu’après de nombreuses hésitations qu’ils abordent ce qui les chagrine. Il est dommage que l’ensemble débouche sur par grand-chose finalement. L’imagination sert ici au cadre du récit et non à son originalité.
Célia Chalfoun nous cuisine “Le poisson d’Ir”. Le chef du restaurant confie à Once la responsabilité de préparer ce met délicat qui n’est servi qu’en de très rares occasions. Stupeur, un client refuse la tranche de poisson. Incompréhension, surtout quand il fait une demande très spéciale. Pour la réputation du restaurant et l’honneur d’Once, il faut y répondre.
Célia Chalfoun parvient aisément à nous immerger dans l’univers culinaire décrit. Une fois pris dans les mailles du filet, on se laisse aller jusqu’à la conclusion. Beau délassement qui ne demande pas d’effort.

Fantastique pour Pierre-Luc Lafrance. Dans une résidence universitaire, les chambres sont parfois si proches qu’il ne faut pas faire grand effort pour observer son voisin. François tombe sous le charme d’une belle jeune fille. Quand elle remarque son manège, elle tire le rideau, mais il n’en reste pas moins subjugué par son ombre, reflet de ses actes.
L’ombre à la fenêtre” possède un côté fascinant, ce côté voyeur que sûrement tout le monde a connu un jour. Entre fantasme et réalité, le fossé est souvent grand. Et surtout, le franchir n’est pas forcément un aboutissement... Pierre-Luc Lafrance trouve une issue pleine d’élégance. Texte guidé par une idée forte qu’il a su transcender.

Le jour où mardi fut suivi de mercredi” d’Hugues Licvetout n’est pas une inconnue sur la Yozone, car déjà publiée dans le numéro 32 d’« AOC ». Voir mon avis de l’époque, toujours valable.

En plus des recensions de livres et fanzines, on trouve un entretien avec les éditeurs de la maison Six Brumes : Jonathan Reynolds et Guillaume Houle. J’avoue avoir été étonné, voire désagréablement surpris par les réponses aux question d’Ariane Gélinas. Publier aux Six Brumes ressemble au parcours du combattant où il faut savoir vendre son image aux deux hommes. Il y a plein de choses demandées, entre autre, les rencontrer à un festival, avoir lu des livres des Six Brumes (étonnant qu’ils n’aient pas précisé : avoir acheté !), être sociable et agréable... Peu de publications annuelles, mais un nombre conséquent de collections. En cas de manuscrit retenu, il semble qu’il faille trouver un auteur confirmé pour se charger de la relecture. Il est même question d’une prévente de l’ouvrage pour payer les frais de publication. Que de risques pris par l’éditeur qui demande finalement à autrui de faire une bonne part du boulot. En plus, ils avouent avoir du mal à être visibles en librairie. Pourtant ils attirent des noms reconnus dans le milieu. Comme quoi publier aux Six Brumes fait bien dans un CV. Reconnaissons tout de même que l’équipe semble se décarcasser dans les manifestations pour exister et promouvoir son catalogue.

Quelques belles nouvelles au sommaire (celles de Jean-Louis Trudel et Pierre Luc Lafrance en tête), un Sébastien Chartrand inspiré dans son article et une interview qui en étonnera plus d’un. Un bon numéro de « Brins d’Éternité ».


Titre : Brins d’Éternité
Numéro : 39
Directeur littéraire : Guillaume Voisine
Couverture : Chantal Fournier
Type : revue
Genres : nouvelles, articles, critiques, entretien
Site Internet : Brins d’Éternité
Période : automne 2014
Périodicité : quadrimestrielle
ISSN : 1710-095X
ISBN : 978-2-9812757-7-6
Dimensions (en cm) : 13,9 x 21,4
Pages : 120
Prix : 9 CAD



François Schnebelen
12 novembre 2014


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