Chargement...
YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Insensibles
Film franco-espagnol-portugais de Juan Carlos Medina (2012)
10 octobre 2012

***,5



Genre  : Drame fantastique horreur
Durée  : 1h45

Avec Àlex Brendemühl (David Martel), Tómas Lemarquis (Berkano), Irene Montalà (Anaïs), Derek de Lint (Dr. Holzmann), Bea Segura (Magdalena), Juan Diego (Adán Martel), Félix Gómez (Adán Martel jeune),Ilias & Mot Stothard (Berkano enfant), Alica Perez (la mère de Benigno), Lah Oprey (Ines), ...

A la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles.

Soutenu par un producteur qui en a, en l’occurrence François Cognard, le producteur de « Amer », Juan Carlos Medina se lance dans l’écriture d’un premier long-métrage ambitieux : revisiter les années noires de l’Espagne, sa guerre civile, le franquisme, via un personnage mettant à jour un terrible secret de famille. Mais alors qu’il tergiverse sur la façon d’y parvenir, la découverte de la maladie d’insensibilité congénitale à la douleur lui donne la solution.
Celle d’un homme obligé pour sa survie de se lancer à la recherche de ses parents biologiques et qui se faisant découvre que son père faisait parti du lot d’enfants insensibles interné peu avant que n’éclate la guerre civile en Espagne. Tout d’abord enfermés pour leurs protections – comme le montre la scène d’ouverture du film dans laquelle une petite fille insensible s’immole pour voir ce que cela fait – les pensionnaires du manoir pyrénéens transformé en hôpital vont être un sujet d’étude pour les fascistes, à l’instar de l’icônesque Berkano (Tomas Lemarquis) instrumentalisé pour devenir un bourreau expert en torture.

Un récit, donc, à haute teneur thématique, mélangeant faits historiques (la guerre civile espagnole, les exactions des franquistes), traumatismes personnels du réalisateur (ses arrières grand-parents communistes ont été exécutés par les forces franquistes) et pure fiction (Berkano, l’hôpital prison des enfants insensibles), narré, comme le pitch le laisse entendre sur deux lignes temporelles différentes (celle de David et celle de Berkano), à la puissance graphique époustouflante.
C’est d’ailleurs là que le bât blesse. Juan Carlos Medina a visiblement pris un soin extrême à l’élaboration de chaque plan de son film, séquences de torture comprises.
Mais si le graphisme est important pour un film de genre comme « Insensibles  », il doit avant tout servir le récit, et dans son emportement à délivrer du beau super léché, Juan Carlos Medina dérape parfois dans l’incongru, à l’instar de la séquence ou Berkano, enfant, pratique l’ablation d’un rein sur un chiot. La séquence est plastiquement très belle, très bien filmée, mais on peine à croire à cette ablation express au pied levé, réalisé sur un chiot qui ne couine pas, par un gamin qui n’a pas vu un chien de sa vie, ou depuis très longtemps. Idem pour la survie de Berkano au fond de sa geôle dans sa prison hôpital oubliée, pour ne pas dire abandonnée.

Certes, cela nous vaut un final en forme de tragédie gothique effectivement très visuel au propos lourd de sens, qui enjoint les espagnols à briser l’omerta sur cette sombre époque et enfin panser leurs blessures. Mais quid de la quête première de notre héros, David ?

A trop vouloir montrer qu’il sait filmer, mettre en place des ambiances, Juan Carlos Médina en oubli un peu l’essentiel : ses personnages, le public et l’empathie du second pour les premiers qui va avec. Difficile, en effet, du fait de la structure du récit, de s’attacher aux « insensibles », qui ont grandis et changés à chaque retour sur leur trame temporelle. Et comme celle du présent, la quête de David, ne parvient que rarement à égaler la première en terme d’intensité, on est que partiellement séduit par cet objet filmique pourtant de grande beauté.

Bon, en même temps... Trop vouloir en faire, trop en mettre, c’est souvent l’apanage du premier film. Et Juan Carlos Medina, clairement un réalisateur à suivre.

JPEG - 6.1 ko

FICHE TECHNIQUE

Réalisation  : Juan Carlos Medina
Scénario  : Luiso Berdejo & Juan Carlos Medina
Producteurs  : Adolfo Blanco, François Cognard, Antoine Simkine, M.A. Faura
Coproducteur  : Luís Galvão Teles
Producteurs exécutifs  : Manuel Monzón, Isaac Torrás
Musique originale : Johan Söderqvist
Image  : Alejandro Martínez
Montage  : Pedro Ribeiro
Distribution des rôles : Pep Armengol & Luci Lenox
Création des décors  : Iñigo Navarro
Direction artistique  : Iñigo Navarro
Création des costumes : Ariadna Papió
Son  : Frédéric Le Louet
Effets spéciaux : Raúl Romanillos
Effets Visuels numériques : Luis Tinoco
Cascades  : Ignacio Carreño, Antonio Higueruelo
Production  : Les Films d’Antoine, Tobina Film, Fado Filmes, Roxbury Pictures, Acontracorriente Films
Distribution  : DistriB Films (2012) (France)

LIEN(S) YOZONE

=> La bande annonce (vost)
=> Les extraits

INTERNET

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Inse...


© Images Distrib Films - Tous droits réservés



Bruno Paul
17 octobre 2012



JPEG - 18.7 ko



JPEG - 6.7 ko



JPEG - 10.4 ko



JPEG - 7.5 ko



JPEG - 5.4 ko



JPEG - 8 ko



JPEG - 5.3 ko



JPEG - 6.4 ko



JPEG - 6.1 ko



Chargement...
WebAnalytics