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Orphelinat (L’)
Film hispano-mexicain de Juan Antonio Bayona (2007)
5 mars 2008

****



Genre : Fantastique, épouvante
Durée : 1h46

Grand Prix du long métrage au Festival de Gerardmer 2008, Prix du Jury Sci-Fi, présenté au Festival de Cannes 2007, 7 trophées à la cérémonie de remise des Goyas.

Avec Belen Rueda (Laura), Fernando Cayo (Carlos), Roger Princep (Simon), Montserrat Carulla (Benigna), Géraldine Chaplin (Aurora)...

Laura a grandi dans un orphelinat, entourée d’autres enfants qui étaient pour elle son unique famille. Devenue adulte, elle rachète l’orphelinat et s’y installe, avec son mari Carlos et son fils de sept ans, Simon, dans l’intention d’y ouvrir un centre d’accueil pour enfants handicapés. Mais la veille demeure réveille un étrange comportement chez Simon, qui commence à se livrer à de drôles de chasses au trésor avec ses « amis ».
Lorsque Simon disparaît, Laura n’a d’autre choix que de tenter de pénétrer dans cet univers, qu’elle croyait n’exister que dans l’imagination de son fils...

Plusieurs fois récompensé par quantité de prix prestigieux, « L’Orphelinat » n’a pas volé sa réputation et vient asseoir brillamment la grande qualité du cinéma fantastique espagnol.
C’est un vrai film de fantômes et de maison hantée que nous offre ici Juan Antonio Bayona : le calme trompeur de l’ouverture du film laisse peu à peu la place à une atmosphère d’abord vaguement inquiétante, puis franchement oppressante à mesure que l’on avance dans l’histoire ; les décors dévoilent progressivement tout leur potentiel menaçant, pourtant présent en sourdine dès le début ; les relations entre les personnages se révèlent, les caractères s’épaississent... La clé ne nous est donnée que très tardivement, dans un final à couper le souffle (ou à se cogner la tête contre les murs, chacun ses petites habitudes), la chute provoquant peu ou prou les mêmes réactions que celles de « The Mist. »

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On l’aura compris : « L’Orphelinat » fait preuve de grandes qualités narratives et formelles, là où il aurait pu se noyer dans les références du genre. Mais c’est bien tout le talent de Juan Antonio Bayona : cette façon de s’approprier ouvertement les codes du genre tout en les dépassant, pour aboutir à un résultat très personnel.
Le jeu de références est d’ailleurs lui-même personnalisé, en ceci qu’il ne se limite pas à des allusions cinématographiques au genre donné. Le film est ainsi traversé en filigrane par l’univers de Peter Pan ; on y retrouve les mêmes Enfants Perdus, le même symbole de la jeunesse éternelle (le jeu étant une thématique forte de « L’Orphelinat »), le même personnage de Wendy Darling en la personne de Laura (qui devient symboliquement la mère des enfants et devra elle-même retrouver son âme d’enfant pour sauver son fils).

Un tout petit bémol, que dis-je, un bémolounet peut-être, pour l’ultime plan du film, qui appuie un peu trop le propos ; il vient toutefois insuffler une touche de poésie et d’espoir là où il n’y en avait plus. En ceci, « L’Orphelinat » se rapproche du « Labyrinthe de Pan » et aborde avec grâce, par delà les histoires de fantômes, le thème du deuil et de la souffrance passée. Juste un petit supplément d’âme pour évoquer, en finesse, la question du franquisme.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : El Orfanato

Réalisation : Juan Antonio Bayona
Scénario : Sergio G. Sanchez

Producteurs : Alvaro Augustin, Joaquin Padro, Mar Targarona, Guillermo del Toro
Producteurs délégués : Belen Atienza, Sandra Hermida, Elena Manrique

Musique : Fernando Velasquez
Costumes : Maria Reyes
Photographie : Oscar Faura
Montage : Elena Ruiz
Décors : Josep Rosell
Direction artisitique : Inigo Navarro

Production : Warner Bros. Pictures de Espana, Wild Bunch
Distribution : Wild Bunch Distribution



Amandine Prié
9 octobre 2009






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