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Mulberry Street
Édition Simple DVD - Opening éditions & SPHE distribution
6 mai 2009

Film de « contaminés » en forme d’hommage à tous les films de zombies, « Mulberry Street » est une œuvre intéressante sur laquelle plane les fantômes du 11 septembre, des grandes innondations de la Louisiane ainsi que la dégradation de la situation économique du petit peuple US en pleine ère du libéralisme triomphant.

Une édition DVD très correcte avec quelques petits bonus pour un film à très petit budget, certes imparfait, mais à découvrir.



LE SUJET


Alors que la canicule s’est installée au-dessus de la ville de New-York, plusieurs usagers du métro sont attaqués par des rats particulièrement agressifs. Pour une raison inconnue, les victimes développent une très étrange maladie qui les transforme très vite en rats mutants sanguinaires et très contagieux.
Mal contenue, l’épidémie s’étend dans tout Manhattant, très vite déclarée zone interdite. Les résidents d’un immeuble situé dans Mulberry Street tentent de survivre en attendant que les autorités s’intéressent à eux. Mais tout le monde s’en fout un peu. Le maire est en vacances, la police débordée, et après tout, ce sont les pauvres qui morflent les premiers !

CE QUE L’ON EN A PENSÉ


C’est la crise et la grande misère ! Et comme à l’habitude, à situation de crise, les films de zombies (ou apparentés) se ramassent à la pelle.
Bien que le projet ait été lancé en 2006 par une bande d’apprentis cinéastes sans grands moyens, on comprend dès les premières images de ce « Mulberry Street » que Jim Mickle (réalisateur et scénariste) savait exactement ce qu’il voulait faire de son film.
La séquence d’ouverture, hommage évident au premier « Rocky », est une ôde à l’Amérique prolétarienne, ces petites gens qui font la richesse de la première puissance économique mondiale mais souffrent, triment et survivent dans la rue au quotidien.
Dès la seconde scène, on croise aussi, très brièvement, un prêtre au look d’illuminé qui n’est pas sans rappeler un personnage digne de John Carpenter.
Ensuite, la contamination provoquée par des rats particulièrement agressifs va lancer le scénario sur un canevas directement inspiré par « La Nuit des Morts Vivants » de George A. Romero.
À savoir, un immeuble anonyme qui va servir de Fort Alamo dans la tourmente horrifique. Là, un ancien boxeur, veuf et très solidaire de ses voisins, attend le retour de sa fille, engagée dans l’armée pour une guerre lointaine contre le terrorisme. Il y a aussi une mère célibataire d’origine européenne, barmaid la nuit, dont le fils commence à flirter avec la petite délinquence, deux vieux amis qui se partagent un appart histoire de limiter les frais (le plus âgée est un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale en train de crever à petit feu de ses poumons malades, l’autre est quasi sourd), un copain homo et son ami, ainsi que d’autres anonymes.
Tous s’entraident plus ou moins et tentent de sauver leur immeuble de la ruine et des pannes à répétition, mais aussi des visées d’un groupe immobilier à qui la justice a donné le droit de récupérer la zone pour tout y raser afin d’édifier des lendemains qui chantent.
Évidemment, comme si cette débacle collective et sociale ne suffisait pas, les résidents de l’immeuble vont aussi devoir survivre face à une menace implacable qui prendra la forme d’une maladie transformant chaque être humain mordu en rat humanoïde contagieux

Tout bon film d’horreur sérieusement fait, traîne avec lui une critique polique ou sociale, souvent métaphorique, de la société dont il cause.
Jim Mickle respecte cette règle à la lettre et boucle parfaitement son challenge. Des échos de moteurs d’avions ou des turbines d’hélicoptères qui foncent mystérieusement vers les buildings de la Big Apple à la détresse d’une population totalement abandonnée par les autorités, on pense évidemment aux événements du 11 septembre tout autant qu’aux innondations ayant touché Saint-Louis en Louisiane. Et toujours en fond sonore cette critique des années « Dabeulle iou Bouche » avec sa misère sociale prégnante et la détresse des individus abandonnés par un système sans pitié.

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Tourné dans l’urgence, sans grands moyens, avec une débrouille évidente dans les cadrages, le film tient surtout par son scénario et ses acteurs -tout particulièrement le cabossé Nick Damici (Clutch) et la belle Kim Blair (Casey) dont on devrait très vite reparler sur grands ou petits écrans).
Les dialogues sont aboutis et crédibles, les situations réelles parfaitement interprétées et bien senties.
Malheureusement, car il y a un malheureusement, si les maquillages et les effets spéciaux de la partie horrifique de ce « Mulberry Street » tiennent la route, la répétion du fil conducteur des séquences à suspense plombent un peu l’ambiance.
Shématiquement, le principe est identique. Réfugiés dans leurs appartements, les survivants finissent toujours par commettre la bourde (maladroite et ridicule) qui fera qu’ils passeront globalement tous à la casserole. Décevant, on s’attendait à mieux dans un film qui ne manque pas d’intelligence.
Néanmoins, ne soyons pas trop négatifs, sur un principe similaire au très réussi « REC » (débrouille des moyens, lieux de tournages réduits, acteurs inconnus, petites gens confrontées à l’horreur) ce « Mulberry Street » remplit son contrat et fait office d’œuvre originale et intéressante à ne pas rater.

L’ÉDITION DVD


Sérieusement réalisée, elle offre un transfert numérique de très bonne qualité dont on se doute bien que les défauts de contrastes ou d’images sont soit voulus, soit liés aux moyens réduits dont disposaient l’équipe de tournage.
Côté son, stéréo basique mais honnête, ne nuisant pas au projet qui ne nécessitait de 5.1 (soyons francs).
Une vingtaine de minutes de petits bonus en plus et une conception du DVD simple et basique ne font pas l’intérêt de cette édition (même si on apprécie qu’ils soient présents sur la galette). C’est bien le film, témoignage concret d’une époque via l’utilisation du principe « cinéma de genre », qui est incontestablement une bonne surprise.
Le DVD présenté dans un pack classique sous emboitage cartonné de qualité, prouve qu’Opening n’a pas géré cette sortie n’importe comment et c’est très appréciable.

CONCLUSION


« Mulberry Street » n’est évidemment pas la claque « REC », mais reste un film de “contaminés” qui revisite finalement l’exercice de style « zombies » en utilisant habilement la métaphore sociale et politique.
Très (trop ?) sérieusement pensé, l’investissement ne devrait pas décevoir et s’avère très intéressant à suivre, même dans ses imperfections horrifiques.
Du cinéma indépendant que l’on aime malgré ses défauts et une bonne surprise pour les amateurs.

MULBERRY STREET - L’ÉDITION DVD

Titre original : Mulberry Street (2006)
Film fantastique (horreur) américain de Jim Nickle 2006
Interdit au moins de 12 ans
Durée : 1h 21’ 02’’
Réalisation : Jim Mickle
Scénario : Nick Damici, Jim Mickle
Avec Nick Damici (Clutch), Antone Pagan (Peter Pace), Tim House (Ross), Larry Fleischman (Charlie), Bo Corre (Kay), Ron Brice (Coco), John Hoyt (Big Vic), Kim Blair (Casey), Lou Torres (Larry le patron du bar), Sarah Dickinson (la petite fille), Jim Heater (le prêtre), etc.

Sélections et récompenses en Festivals : sélectionné dans de nombreux festivals : Tribecca Film Festival 2007, Stockholm Film Festival 2007, Fant-Asia Film Festival 2007 (Meilleur film), Amsterdam Fantastic Film Festival 2007 (Black Tulip du meilleur film), Toronto After Dark Film Festival 2007 (Meilleur film indépendant).
Site officiel du film (en anglais)

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Édition Simple DVD
DVD 9 (simple face, double couche), 4,85 Go, Pal, Zone 2, couleurs
Format image : 1.85 (16/9 compatible 4/3)
Langues : Anglais (VO) et Français (VF), les deux en Stéréo très correctes (privilégier absolument la VO)
Sous-titres : Français
Chapitres : 14 (accès via un menu spécifique)

Bonus
Durée globale approx : 21 mn
Non sous-titrés
- Scènes coupés (VO, 4/3, 2’11) : deux séquences sans grand intérêt (sauf peut-être la seconde qui aurait accentué le carctère anxiogène du retour de Casey à New-York.
- Test maquillages (VO, 4/3, 3’24) : pour le fun et les fanatiques du sujet
Croquis (VO, 4/3, 1’34) : pas artistiquement inintéressants mais pas transcendants non plus.
- Tournage avec les rats (VO, 4/3, 2’17) : featurette sur les petis animaux poilus et leur utilisation.
- Tests effets spéciaux (VO, 4/3, 1’27) : prsentation de quelques séquences avec ou sans les effets visuels.
- Storyboards (VO, 4/3, 8’47) : comparaison storyboard et scènes tournées
- Bande annonce du film (VO, 4/3, 2’15) : la BA du film qui insiste sur les aspects horrifiques du film

Références : EDV701 - 766430
Éditeur DVD : Opening (Champenard)
Distribution : SPHE
Presse : Dark Star (Paris)
Parution : 6 mai 2009
Prix conseillé : 14,99€


© photos et illustrations : ayants droits (Belladonna Productions, Mulberry Street Films LLC, USA) & Opening (France) pour l’édition DVD (2009)



Stéphane Pons
17 mai 2009






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