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Diable des Sept Mers (Le) (T1)
Hermann et Yves H.
Dupuis

Après une tentative avortée il y a quelques années, Hermann nous livre son premier travail sur le monde riche en violence, traîtrises, amours et combats des pirates.



Il y a quelques années, Roman Polanski contacte Hermann pour qu’il réalise le story-board de son film à venir, “Pirates”. Mais le projet tombe à l’eau avant de resurgir quelques années plus tard... hélas, sans Hermann.
Yves H. (fils du dessinateur), témoin du travail de son paternel, au sortir de son travail sur sa trilogie autour de Dracula, sut convaincre l’artiste de s’essayer à cet univers qu’il n’avait encore jamais approché en bande dessinée.

Pour l’histoire, tout débute par un mariage secret entre Conrad, brigand plein d’avenir, et Harriet, fille d’un propriétaire de plantation, aussi détesté que détestable. Bien évidemment, le paternel de la Belle s’oppose à cette union et fera tout ce qui est en son pouvoir pour châtier l’impudent qui a osé mettre la main sur son héritière et donc son héritage. Mais c’était oublier son passé qui fait un retour terrifiant…

Et sur cette base, le scénario s’évertue alors à se faire surprenant. Alors qu’on aurait pu s’attendre à un sea-movie où on aurait assisté aux pérégrinations du couple en fuite, Yves H. distille un scénario chorale où nous pouvons suivre les destins parallèles de plusieurs personnages : certains ne font qu’un passage éclair tandis que d’autres reviennent sans cesse sévir dans les cases somptueuses d’Hermann. Jouée sur un rythme très enlevé, on ne s’ennuie pas un seul instant dans cette histoire même si parfois on reste sur sa faim. Certainement marqué par sa trilogie sur Dracula, le scénariste nous livre une pointe de fantastique dans un univers qui en semblait à-priori totalement dépourvu. Aspect fantastique qui ne demande d’ailleurs qu’à être développé.

Au dessin, on ne présente plus le talentueux Hermann qui, depuis des décennies, a su dessiner un peu toutes les époques (Antiquité, science-fiction, western, contemporain ou Moyen-Age). Il ne lui manquait que le monde cruel de la piraterie. Chose faite avec ce tome d’une grande qualité artistique. Le travail sur les lumières et les couleurs est remarquable, Hermann, de plus en plus à maître de ses couleurs directes, a su magnifier les scènes de jour en leur donnant une clarté et un ensoleillement magique et envoûtant. Et quels contrastes superbes entre ces scènes de jour et celles de nuit au sein de bouibouis crasseux et poisseux. De véritables rayons de soleil semblent sortir de ces cases lumineuses tandis que l’oppression et l’angoisse des scènes nocturnes ou sombres semblent tangibles.

Un vrai régal que la lecture de ce livre. Une histoire qui sait se faire désirer et un travail d’artiste toujours aussi exceptionnel du grand auteur belge.


Il existe un tirage spécial limité à 2500 exemplaires sous jaquette. En plus de la bande dessinée, y figurent des extraits du story-board du film “Pirates”, un texte de présentation d’Yves H. et des dessins pleine page d’Hermann.


Le Diable des Sept Mers - première partie
- Scénario : Yves H.
- Dessinateur : Hermann
- Couleurs : Hermann
- Maquette : Philippe Ghielmetti (illusions)
- Éditeur : Dupuis
- Collection : Aire Libre
- Format (en cm) : 31 x 23,5 (cartonné)
- Pagination : 48 pages couleur
- Dépôt légal : septembre 2008
- Numéro ISBN : 978-2-8001-4240-1
- Prix  : 14 € (tirage limité à 18 €)


Illustrations (©) Dupuis, Herman et Yves H.


A lire sur la Yozone : la brève dédiée au Diable des Sept Mers


Frank Camous
5 novembre 2008






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