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Cliff and Co (T2) ... Mais le Diable n’en Voudra Pas !
Winoc & Mosdi
Bamboo, Grand Angle

Un serial killer surnomé « La Torche » parcourt les États-Unis, laissant un nombre assez impressionnant de cadavres sur sa route. Tous sont tués suivant le même procédé : il oblige ses futures victimes à se mettre à genoux, les prend en photo et les brûle vives.

Le FBI est sur les dents et fait appel à Cliff, un étrange personnage aux treize personnalités visiblement toutes douées de pouvoirs étranges -ou de formidables capacités de déduction.

Mais Cliff a un petit problème, une des personnalités qu’il héberge est aussi un tueur psychopathe qui a déjà sévi...

Question : retrouver le serial killer ne va-t-il pas enclencher un dangereux processus permettant au démon intérieur de Cliff de surgir à nouveau ?



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Oui, cette BD est sortie en août 2007 et oui, votre dévoué critique a dû la recevoir vers le mois d’octobre 2007. Et re oui, il est scandaleux que cette prose soit datée de fin septembre 2008.

Mais voilà, dans ce thriller, il y a un problème crucial, central et quasi rédhibitoire : sans la lecture du premier tome, on y comprend quasiment rien...
Tout d’abord, nous sommes confrontés à l’apparition ou la disparition de certains personnages, d’une case à l’autre, sans que personne ne s’inquiète, même pas des agents que l’on suppose être du FBI dans la BD. Imaginez alors le trouble que l’on éprouve quand dans la même scène, un homme est dans la première case puis une femme à sa place dans la seconde (un exemple pris au hasard) ???
À partir de là, on se dit que l’on a raté une grosse explication ou que l’album a un problème, pour le moins. On lit le résumé de l’épisode précédent, la quatrième de couverture, on attrape quelques infos mais rien qui explique vraiment le problème. On part donc à la recherche de la rituelle feuille de présentation de la BD, destinée à la presse, et qui normalement accompagne l’objet, et zut et rezut, nada ! Il n’y en avait pas...
Faute d’explications crédibles, on recommence sa lecture à zéro et le même problème surgit à nouveau... Non, on n’a pas rêvé, il y a bien un bug quelque part.
Et là, on se dit, qu’il y a plein d’autres BD en attente, que l’on va se calmer sur le sujet et que l’on reprendra l’objet plus tard, la tête convenablement reposée.
Comme on est têtu, on répète l’opération. Une fois, deux fois, trois, etc... Rien à faire, le critique se prend à douter de ses capacités mentales.
Et un beau jour ça l’énerve tellement qu’il fait ce qu’à l’habitude il s’interdit : aller regarder les avis des confrères sur le Net.
Hallelujah ! On comprend enfin.

Le fameux Cliff, sur lequel veillent effectivement toute une flopée d’agents du FBI, est un homme à personnalités multiples, soit ! Mais là où tout s’explique c’est que d’une page à l’autre, nous assistons à l’apparition de ses nombreuses personnalités, qui vont se révéler fortes utiles tout au long de l’enquête...
Le hic -ou l’astuce du dessinateur- est dans le fait que chaque nouvelle personnalité remplace l’ancienne automatiquement et que c’est au lecteur de s’adapter à ce « tournez manège » graphique. Ce qui n’est pas si clair que cela de prime abord.
Qui plus est, l’intrigue principale consiste aussi dans la poursuite engagée avec le serial killer aux motivations énigmatiques et aux actes particulièrement horribles.
Il y a donc plusieurs suspenses dans ce second tome de « Cliff and Co » au sein d’un même scénario.
Le premier, directement relié à l’enquête, le second centré sur l’enquêteur. Rien à dire, c’est brillant, mais tellement intelligent et calculé qu’il faut ABSOLUMENT lire le premier tome sous peine de se casser la tête contre l’album.

Et ouf, après une bonne année de galère et d’obstination, on se sent moins con, tout simplement.
Avec la compréhension arrive le temps de l’analyse. On l’aura deviné, le scénario de Thomas Mosdi est une épreuve de force mentale de fort tonnage. La solution de l’intrigue ne se devine pas avant sa conclusion et de nombreuses pistes restent ouvertes. Que va devenir le bon Cliff avec ses treize associés, nul ne le sait. On le découvrira sans doute dans les prochains épisodes de cette série, tant le personnage de Cliff semble appelé à de nouvelles aventures.
D’aspect et de présentation assez classique, le travail de Winoc n’est pas sans rappeler celui du défunt et regretté Arno (“Alef-Thau”, “Anton Six”, etc). Sans fioritures inutiles, détaillé mais épuré, il est au service de l’histoire sans la phagocyter. Les plans sont variés, les angles choisis imaginatifs et les personnages toujours bien situés dans la case.
Le tout représente un bel équilibre entre un dessin d’aspect classique et un niveau d’inventivité qui sort de la moyenne de la grande production.

Au finish, ce second tome de “Cliff and Co” est incontestablement une belle BD, un thriller fantastique intrigant, mais dont le seul défaut est de rendre la lecture du premier tome impératif à la compréhension de l’ensemble.


Cliff and Co (T.2)... Mais le Diable n’en Voudra Pas !
- À lire : Tu Vendras ton Âme... (T1)
- Dessin : Winoc
- Scénario : Thomas Mosdi
- Couleurs : Nadine Voillat
- Éditeur : Bamboo
- Collection : Grand Angle : la BD comme au Cinéma
- Site Internet : page BD (site éditeur)
- Pages : 46
- Format (en cm) : 24 x 32 (grand, cartonné)
- Parution : 16 août 2007
- Code Hachette : 5851266
- ISBN : 978-2-35078-293-5
- Prix : 12,90€


© Illustrations et Photos : Bamboo éditions, collection Grand-Angle, Thomas Mosdi & Winoc (2007).



Stéphane Pons
8 octobre 2008




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Thomas Mosdi au scénario



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Winoc au dessin



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Premier tome et lecture impérative avant d’attaquer la suite (Bambou, Grand Angle).



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L’ignoble « La Torche » à l’oeuvre...



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