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Mortis Jr. (Vol.1)
Gary Whitta & Ted Naifeh
Les Humanoïdes Associés

Voilà une BD encore bien surprenante, signée Ted Naifeh, enfin pour la réalisation graphique car c’est Gary Whitta qui a sorti le scénario, tout droit inspiré d’un jeu vidéo, Death Jr. apparemment pas mortel du tout.
Je vous laisse avec l’avis du libraire et je vous rejoins trois allées plus loin, juste après le rang de chrysanthèmes...



Le Petit Frère de Courtney Crumrin’ !!

L’enfant de la mort !... est en réalité un petit gosse un peu naïf, avec un cœur gros comme ça malgré son air un tantinet lugubre. Son père ? Le meilleur papa du monde. Un peu effrayant, certes, un peu mystérieux et surtout surchargé de travail, mais un papa gâteau et protecteur comme on en fait peu. C’est d’ailleurs avec un pincement au cœur que ce grand être squelettique voit son fils partir pour son premier jour d’école.

De ce point de départ en forme de blague, Ted Naifeh, qui nous avait habitué au meilleur avec les délicieuses histoires, drôles, effrayantes et étoffées de Courtney Crumrin, tire une nouvelle histoire improbable et profondément attachante, sur un fond gothique sans trop de prise au sérieux, mais plein de bons sentiments. C’est un peu l’univers délirant et lugubre de Tim Burton qui aurait rencontré la fraîcheur et la drôlerie du Petit Nicolas, avec une touche de Mike Mignola pour le dessin à la fois lisible, stylisé et personnel.

C’est que Ted Naifeh, bien qu’habitué aux récits typiques de la scène gothique californienne, est aussi représentatif de ces jeunes auteurs talentueux et décomplexés, qui n’ont pas perdu une miette des différents courants en scène, notamment du manga, de la BD européenne, du webcomics, autant que du comics d’horreur fantastique à l’américaine. C’est ainsi qu’après la bleuette romantico-gothique des Gloomcookies, l’auteur prodige de Crumrin s’est attaqué à une histoire de pirate colorée pour les plus jeunes (Polly et les Pirates, également aux Humanoïdes Associés), ou même à un véritable manga sentimental (non publié en français).

Enrichi par ces expériences, Ted Naifeh revient donc ici au monde de l’obscur, celui qu’il maîtrise le mieux, mais avec un aspect encore plus parodique qu’à l’accoutumée, un récit pour petits et grands, délassant et édifiant à la fois. Les nouveaux copains d’écoles de Mortis Jr. sont une jeune fille cadavérique, des jumeaux siamois et une espèce de petit être fielleux vivant dans une bulle de liquide amniotique motorisée. Cette petite bande de reclus, qui vivent dans les marges d’une école constituée pour la majorité de jeunes aspirants footballeurs et de jeunes cheerleaders insipides, vivront une série d’aventures dingues et incroyables, dans l’ombre du père aux multiples secrets de cet étonnante petite tête de cadavre.

A lire en famille... le soir... éclairé à la bougie.

Jonathan Michielsen

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Un mauvais coup de faux est si vite arrivé !

Au départ, ce bouquin m’a fait l’impression d’un récit original toutefois très édulcoré pour convenir à des gamins, enfin d’un récit pour des gamins de dix ans qui ne se regroupent pas pour te filer une branlée et te piquer ta carte bleue. Gentillet, avec un fils de la Mort qui part à l’école tout content d’avoir des potes qui ne vont pas calancher en le frôlant. C’était dans les premières pages, et là, j’ai reposé le nouvel album de Country Naifeh Crumrin en me disant que tout se perd, même parfois ma carte bleue !
Et puis, j’ai repris, et j’ai redécouvert l’univers du « Freaks, la monstrueuse parade » (Freaks) , le formidable film réalisé par Tod Browning et sorti en 1932. En plus mignon, mais avec ce formidable décalage créé par cette différence qui exsite entre celui qui n’a pas la chance d’être né comme les autres et tous ces autres !
Des dialogues mordants et ironiques, des situations d’un cocasse aux dents si jaunes, d’autres qui montrent l’envers d’un décor mortel (bin oui, la Mort est un papa-gâteau !) et cette terrible peur qui assaille l’individu « normal » quand toute normalité cesse d’être le modèle de référence.
Mais je reprocherai à cet album d’être un nouveau Naifeh (ça c’est vendeur !) sans en avoir totalement l’originalité. Si les personnages sont vraiment étonnants, la trame de l’histoire (libération d’un vilain nécromant et renvoi au final de l’horrible dans sa boîte d’hibernation millénaire !) est vraiment du tout-venant. Oui, il y a de bons mots, pleins de petits êtres bien surprenants et même des trucs qu’on n’est pas habitués à voir traiter en BD, mais cela fonctionne comme la partie d’une sinusoïdale qui commence dans un creux et s’achève dans le suivant.
Alors oui, c’est une BD à sortir du lot, surtout qu’elle réserve quelques bonnes perspectives d’avenir (imaginer l’avenir en parlant de la Mort !!!) avec quelques personnages bien sympathiques comme cette chère Stigmata que j’aime beaucoup.
En plus, Mike Mignola a signé la couverture... mais c’est un truc qui m’a un peu agaçé car j’aurais bien aimé ce style là tout au long de l’album !!!! Mais Ted Naifeh, c’est vraiment bien aussi.

Pour petits qu’ont même pas peur et pour les grands qui aiment Courtney mais qui comme moi attendent impatiemment son retour.

Fabrice Leduc


Mortis Junior (vol. 1) La Rentrée qui tue
- Scénario : Gary Whitta
- Dessin : Ted Naifeh
- Editeur : Les Humanoïdes Associés
- Format : 18,5 x 27,5 cm
- Pagination : 160 pages couleurs
- ISBN : 978 2 7316 2004 7
- Prix public : 16.90 €




Fabrice Leduc
Jonathan Michielsen
25 juin 2008




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Fils de la Mort, c’est facile pour personne !



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Mortis Jr. (Vol.1) La Rentrée qui tue



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La Mort, un papa-gâteau plutôt bonne pâte !



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Au début, un jeu vidéo.



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