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La Mars de l’Âge d’Or de la SF
Le Livre de Mars de Leigh Brackett
Délices & Daubes n° 105


L’autre solution, quand la SF d’aujourd’hui vous est pénible (voir de précédents billets), à part la bouder pour d’autres genres, c’est de replonger dans votre bibal et de ressortir un vieux bouquin un peu poussiéreux. Le Bélial’ sort ces jours-ci “Le Grand Livre de Mars” de Leigh Brackett. Alors je sors le mien, un peu plus petit, “Le Livre de Mars”, paru au CLA en 1969 et qui contient, outre des illustrations de Philippe Druillet, les mêmes textes, sauf “L’Épée de Rhiannon”, paru au Fleuve Noir Anticipation, sous le titre “La Porte vers l’Infini” (1957). Pour faire sérieux, ils ont entièrement revu les traductions. Bon d’accord, ça donne à manger aux traducteurs mais je ne vois pas ce qu’ils reprochent à Michel Deutsch. Il y a aussi, plus nouveau et intéressant, une préface de Michael Moorcock, que l’on peut télécharger gratos (Merci Bélial’).

Je suppute qu’il y a quelques djeunes parmi les rares lecteurs de ces billets. Alors je rappelle que Leigh Brackett (1915-1978) est une très grande dame de la SF, épouse de Maître Edmond Hamilton, amie de Ray Bradbury et scénariste de renom sur moult chefs d’œuvre du 7e art (“The Big Sleep”, “Rio Bravo”, “Hatari”, « El Dorado » de Howard Hawks, “The Long Goodbye” de Robert Altman, ...) et aussi sur “L’Empire contre-attaque”.

Mars en ce temps-là (les années 40, 50, 60) était une planète sœur de la Terre, dont les océans avaient disparus, ne subsistaient que quelques canaux où coulait une eau rare. Il faisait chaud dans les déserts et très froid dans les montagnes proches des pôles. Les Terriens l’avait colonisée avec leurs vaisseaux interplanétaires, comme Vénus, Mercure et d’autres mondes du système solaire. Mars était habitée par des humanoïdes à la civilisation très ancienne mais mourante.

Dans “Le Secret de Sinharat”, Eric John Stark, un grand guerrier terrien noir (eh oui, c’est rare) va empêcher une guerre terrible qui menace les Terres Sèches. Un très ancien peuple avec son formidable secret échouera de peu à reconquérir le pouvoir, grâce à notre héros très fort et très courageux, au charme ravageur qui fait craquer reine comme suivante.

Dans “Le Peuple du Talisman”, Eric ramène un puissant talisman à Kushat, la cité où son ami mourant l’avait volé. Tenu par sa promesse, il va devoir affronter des hordes de combattants sauvages menées par Cioran qui veut s’emparer de la cité et de son talisman. Mais qui est vraiment Cioran ? Et quel est le terrible mystère caché au-delà des Portes de la Mort ?

Si Leigh Brackett n’a pas inventé la « science-fantasy » - elle cite l’influence d’Edgar Rice Burroughs – elle lui a conféré ses lettres de noblesse. Elle écrit avec un style fluide et simple, pourtant emprunt de poésie, qui vous scotche dès les premières pages jusqu’à la fin de l’histoire, dans une ambiance formidable. Il y a de l’aventure, des combats grandioses, des mystères et de l’amour dans des paysages sublimes. Parfois ça ressemble à du Lovecraft, avec ces très anciennes puissances qui inspirent une horreur indicible.

C’est beau, c’est merveilleux, ça se lit comme d’un rien. C’est la grande classe. Ah, si tous les écrivains de SF ou de fantasy d’aujourd’hui avaient ce talent…


Henri Bademoude
25 mai 2008


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= Le Grand Livre de Mars (qui vient de sortir au Bélial’, nouvelles traductions et préface de Moorcock)



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Le CLA n°21, illustrations de Druillet



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+ le FNA n°92



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