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V pour Vendetta
Alan Moore & David LLoyd
Zenda, puis Delcourt

L’Angleterre dans une main de fer face à un ennemi masqué qui assassine...
La légende d’Alan Moore continue de s’écrire.



Quand Alan Moore écrit cette bande dessinée, il se projette dans un futur proche alternatif.
Miss Thatcher gouverne alors l’Angleterre d’une main de fer, ce que l’artiste n’apprécie pas. Aussi donne-t-il cet opéra sulfureux intervenant à la fin d’un XXe siècle qui sent l’anarchie poindre un doigt vengeur au nez et à la barbe des sbires d’un état fasciste.
Car pendant que d’autres ont été balayés par quelques joujoux nucléaires, l’Angleterre a revu sa vision du libéralisme, contrôlant, interdisant, espionnant, éliminant... même tout ce qui est culturel est interdit.
Face à ce système qui broie chaque homme qui ne se plie devant le principe unique, un fascinant personnage s’extirpe de la grisaille pour laminer les fondements de l’Etat. Il tue, assassine et sème un désordre indescriptible, sorte de bouffon réclamant derrière son masque au sourire glaçant une vengeance que personne ne comprend.
Est-ce un illuminé, un anarchiste, un vengeur masqué qui tue au nom de la culture (il cite souvent des vers de Shakespeare), d’un sens de la justice évaporé ou d’une liberté écrasée par la poigne totalitaire.
Quand il annonce s’appeler V, on pense Vengeance, certains disent Vendetta. Mais ses jeux complexes et mortels annoncent-ils un justicier qui incitera la population à sortir de cette molle léthargie qui se traduit par une soumission lâche devant l’Etat policier ou un homme qui vient cyniquement venger un passé horrifique ?

Tout cela, Moore va le dissimuler le plus longtemps possible tout au long des six albums d’un ensemble troublant par l’étrangeté de l’histoire et perturbant par le style graphique de David Lloyd. Combien ont dû louper ce chef-d’oeuvre à cause d’un premier abord si surprenant. Pourtant cette grande liberté que s’accordait à l’époque le dessinateur, dans l’explosivité de sa mise en page ou dans ce trait lourd aux couleurs souffreteuses, est en parfait accord avec le délirant personnage dont vous ne comprendrez le véritable dessein qu’en suivant pas à pas l’enquête des policiers d’Albion qui n’a jamais autant mérité sa qualification de Perfide !!

Ne cherchez pas à retrouver les 6 tomes autrefois publiés chez Zenda, les éditions Delcourt ont récemment publié V pour Vendetta en intégrale pour que vous découvriez cette folle histoire tout au long d’une lecture que vous ne cesserez qu’arrivés au bout de la nuit.



Fabrice Leduc
13 septembre 2004




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