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Hector (tome 3) et les plantes espionivores
Danny Wallace
Gallimard Jeunesse, roman traduit de l’anglais (Angleterre), fantastique, 266 pages, avril 2018, 14,50€

Après avoir vaincu les pétrificateurs de temps et repoussé dans l’altermonde les hypnobots, Hector et ses copains de la FSP (Force spéciales contre les Pauses) n’ont pas le temps de se reposer : Starkley, leur ville, la 4e plus ennuyeuse de toute l’Angleterre, subit trois fléaux : des hoquets gravitationnels, qui font décoller du sol pendant quelques secondes tout ce qui n’est pas bien accroché, une pluie tropicale de graines inconnues qu’il faut vite ramasser, et la visite de Debilda Stylé, de la COT (ou CROT), un service de la Reine, qui menace de rayer leur ville de la carte.
Chaque chose en son temps. Mais il n’y a pas le temps !



Pour ce troisième volet des aventures d’Hector, la FSP a fort à faire. Même si Angus Obel, son père, est revenu et lui a révélé qu’il est un agent de Belasko, un service ultra-secret, ce sont les enfants qui sauvent (souvent) le monde. Mais Angus accepte de leur en dire plus : les Terribles et l’affreux Scarmarsch sont à la solde des Supérieurs, des aliens vénusiens. Leur planète étant devenue invivables, ils comptent bien s’installer sur Terre, et ces hoquets gravitationnels comme la pluie de graine sont leur 3e tentative de se débarrasser des humains. En les envoyant dans l’espace ? Non ! Ses secousses de gravité servent en fait à accélérer la pousse des plantes espionivores ! Si les habitants de Starkley les ont jetées dans la mer, il en est resté suffisamment pour envahir la ville !
Heureusement, les enfants trouvent la parade : si elles aiment manger les gens, elles raffolent davantage des bonbons. Et le magasin de madame Cous Cous en est rempli. Il vont même y dénicher une arme secrète... et très salissante.

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les bonbons norvégiens de madame Cous Cous sont... invendables ? ou redoutables ?

Le premier danger écarté, Hector reçoit un message de son père, à propos de l’île de Frykt : c’est la base secrète des Supérieurs. Au mépris du danger, les enfants s’y rendent, découvrent le plan des Supérieurs, mais attirent l’attention !

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à table !

Rentrés à Starkley, où on leur (et nous) révèle tous les secrets de cette ville si banale, il faut élaborer un plan, le meilleur... ou le pire.

Ce troisième volet des aventures d’Hector est toujours aussi génial. Le texte est émaillé de dessins de Jamie Littler et d’effets typographiques pour toutes les onomatopées amusantes ou terrifiantes (ou les deux). Le début, farfelu, mélange menaces surnaturelles (hoquets et graines) et bien plus réalistes, avec cette envoyée du gouvernement qui se dit capable de faire rayer leur ville de la carte, provoquant une certaine angoisse des habitants, et de la mère d’Hector qui travaille à la mairie, pour leur avenir. Si avenir il y a, car les plans des Supérieurs laissent peu d’espoir : être mangés par les plantes espionivores ou s’envoler jusque dans l’espace, voilà ce qui les attend.
Mais la bande des FSP veille, et bien qu’ils soient un peu maladroits, Alice et Hector coordonnent leurs compétences et leurs idées, aussi surprenantes soient-elles. Elles fonctionnent, c’est l’essentiel, et même Angus Obel finit par s’y plier.

Je ne vous révèle pas tous des désopilants ou effrayants rebondissements de cette aventure, pour en venir au fond : Danny Wallace termine son histoire par une discussion entre Hector et son père, où l’enfant secoue son père, et les adultes en général, qui le prend pour quantité négligeable et l’oublie souvent, sous prétexte qu’il est agent secret. Hector et ses amis ont prouvé qu’ils étaient capables de grandes choses, et que contrairement aux adultes, ils ne baissaient pas les bras. Ne s’arrêtaient pas d’espérer sous prétexte que cela paraissait impossible. Incroyable. Trop compliqué. Parce qu’en tant qu’enfants, ils sont attachés à leur ville, à leurs amis, et que renoncer signifie perdre ses choses-là. Les aventures rocambolesques de Danny Wallace nous inculque une bonne leçon, que les adultes devraient retenir. C’est la patte de cet auteur aux multiples casquettes (il est aussi scénariste et animateur), qu’on retrouve dans la plupart de ses œuvres.

« Hector et les plantes espionivores » se lit trop vite, et c’est bien dommage. Qu’on se rassure, 2 autres tomes sont déjà parus en anglais (« Baby boom » et « terrible terrible christmas ». On a hâte !

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le livre bénéficie d’un magnifique jaspage

Titre : Hector et les plantes espionivores (Hamish and the GravityBurp, 2017)
Série : (sans titre), tome 3
Auteur : Danny Wallace
Traduction de l’anglais (GB) : Marie Leymarie
Couverture et illustrations intérieures : Jamie Littler
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Collection : grand format littérature
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 266
Format (en cm) : 20,5 x 14 x 2,5
Dépôt légal :avril 2018
ISBN : 9782075093316
Prix : 14,50 €



Nicolas Soffray
14 septembre 2018






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