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IIe Errante (L’) (T2)
Kenji Tsuruta
Latitudes

Mikura est repartie en quête de la mystérieuse île errante, Electriciteit. Toutefois, malgré ses calculs, elle ne parvient toujours à trouver la position exacte de l’île. Elle survole encore et toujours l’océan dans l’espoir de croiser son sillage, quitte à devoir stopper ses recherches une fois la nuit tombée. Serait-elle devenue folle de croire qu’elle était capable de déterminer la position exacte de l’île alors que personne n’y était parvenu avant elle ? Ou bien l’île ne respectait-elle pas la logique qu’elle pensait avoir découverte ? En tout cas, la nuit l’oblige à amerrir, laissant son hydravion subir les aléas des courants océaniques. Toutefois, le destin aime jouer avec les humains et c’est alors qu’elle n’est plus maîtresse de sa destination que Mikura se retrouve soudainement face à cette île qu’elle recherche si désespérément.



Electriciteit est pour la seconde fois face à elle, mais Mikura sait également que l’île possède une solide défense et elle ne souhaite pas être de nouveau la cible de ses canons. Alors cette fois, elle crie à qui veut l’entendre la raison de sa présence, faisant des tours avec son hydravion, espérant trouver une bonne âme qui lui indiquerait comment atterrir sur l’île. Mais alors qu’elle pense avoir attiré l’attention d’un vieil homme, le canon la prend de nouveau pour cible. Va-t-elle devoir encore une fois laisser l’île derrière elle ? Soudain une piste sous-marine s’éclaire comme pour lui indiquer le chemin à suivre. Mikura reprend espoir de pouvoir livrer enfin le colis de son grand-père à la fameuse Mlle Amélia, mais malheureusement, les tirs de canons reprennent au moment où elle est prête à débarquer. Alors qu’elle pense finir noyée dans les ténèbres des abysses, elle se réveille dans une des maisons de l’île. Finalement, quelqu’un a décidé qu’elle méritait de faire partie des heureux élus vivant sur ce bout de caillou dérivant sur l’océan à une incroyable vitesse. Il est temps pour elle de retrouver Mlle Amélia afin de lui livrer son colis, seulement les habitants de l’île ne semblent guère disposés à l’aider.

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Le premier tome de “L’Île errante” avait laissé la pauvre Mikura bien dépitée, cherchant désespérément à comprendre comment retrouver Electriciteit et la mystérieuse Mlle Amélia. Cette quête était devenue obsessionnelle et la jeune fille commençait à perdre quelque peu la raison, plus par manque de sommeil que par une folie ravageuse. Toutefois, les shonen aiment à récompenser la persévérance et celui-ci ne fera pas exception. Toutefois, il n’est pas non plus question de transformer l’île en une forme de paradis où les âmes méritantes finissent leur existence. Bien au contraire, non seulement l’architecture des bâtiments n’est guère engageante mais les habitants ne le sont pas vraiment plus. Kenji Tsuruta nous dépeint une île quasiment déserte, peuplée de personnes d’un âge plutôt avancé hormis le jeune garçon qui guidera notre héroïne. La quête de Mikura est plus celle d’une utopie qui se révèle au final des plus décevantes. Si de nuit, l’île apparaît comme un peu inquiétante, de jour, elle ressemble à un village méditerranéen déserté par ses habitants. Le style des maisons est très loin de l’architecture des maisons nippones. Le lecteur français n’est pas du tout dépaysé par cette île, tout au contraire, on se sent même chez nous, ce qui n’est certainement pas le cas du lectorat japonais qui ne doit pas percevoir l’île de la même façon.

Ce tome 2 de “L’Île errante” se lit particulièrement vite pour une bonne et simple raison : de nombreuses planches sont tout simplement sans dialogue. Le voyage de Mikura et la visite de l’île se font en silence, comme pour ajouter à la solitude de la jeune femme dans sa quête. Non seulement personne ne l’aide réellement mais même l’île semble vouloir la rejeter sans véritable explication. Pourquoi ses habitants sont-ils fermés au monde extérieur ? Mikura pensait que le fait de l’avoir accepté sur l’île était la preuve qu’ils voulaient bien l’aider dans sa quête, ce qui n’est évidemment pas le cas. Mikura est ramenée durement à la réalité. Quelle idée se faisait-elle de l’île ? Avait-elle même réfléchi à ce que pouvait être la vie sur cette île ? Mikura a en fait plus improvisé son voyage qu’autre chose. La jeune fille n’avait qu’un paquet comme seul lien avec Electriciteit et elle va comprendre que cela ne suffit pas. Mais loin d’être dépitée, elle trouve rapidement un autre objectif à sa présence sur l’île. Encore une fois, devant œuvrer seule, Kenji Tsuruta en profite pour décrire la structure de l’île, se mettant également en danger car le lecteur se focalise plus sur le dessin que sur l’histoire qui n’avance guère durant ce tome. Toutefois, le mangaka a du talent à revendre et la qualité de toutes ces planches silencieuses le prouve. On savoure chaque image, chaque case, le décor prenant une place prédominante, la pierre devenant plus importante que l’humain qui n’est en fait qu’un intrus toléré.

Difficile de savoir où veut nous mener Kenji Tsuruta même si le final de ce tome 2 laisse le lecteur sur un vrai faux mystère. En tout cas, espérons que Mikura ne tardera pas trop à revenir nous voir.


L’IIe Errante (T2)
- Auteur : Kenji Tsuruta
- Traducteur  : Géraldine Oudin
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 170 x 240, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination : 192 pages
- Date de parution : 22 mars 2018
- Numéro ISBN  : 979-10-327-0239-0
- Prix : 15 €


A lire sur la Yozone :
L’IIe Errante (T1)


BOUKEN EREKITE TOU © Kenji Tsuruta / Kodansha Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
7 mai 2018






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