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Belladonna
Mike Costa, Ignacio Calero et Nahuel Lopez
Tabou

Il existe une légende sur une guerrière viking. Elle et ses amazones sèmeraient la terreur jusque dans les contrées Pictes. Le seigneur local tenta de la stopper en utilisant des monstres comme un Minotaure, mais aucune créature de chair et de sang ne pouvait en venir à bout. Car Belladonna valait une cinquantaine d’hommes à elle seule. Elle était le fruit du viol d’une guerrière par des envahisseurs vikings. Enfant, Belladonna fut retrouvé dans un drakkar rempli de squelettes humains. Elle fut élevée comme un homme et tous la craignirent rapidement. Mais aujourd’hui, Belladonna empiète sur les terres d’une sorcière. En défiant le roi Picte, elle a contrecarré les plans de Skerne mais pour combien de temps ? Car la sorcière manipule les hommes et leur semence pour donner vie à des abominations. C’est ainsi qu’elle envoya contre la guerrière immortelle une créature faite de marbre, qu’une simple épée ne peut fendre...



La férocité et la vitalité de Belladonna ne sont pas humaines. Malheureusement, ses troupes ne peuvent tenir le rythme qu’elle impose pour atteindre la forteresse où se terre la sorcière. Ses guerrières ont besoin de repos et de se donner un peu de plaisir. Mais cette trêve est aussi une chance unique pour la sorcière qui envoie contre elles un serpent gigantesque. Malgré ses écailles impénétrables, le monstre ne pouvait venir à bout de la guerrière. Toutefois, Skerne avait un plan machiavélique pour vaincre Belladonna. La sorcière captura par un subterfuge le guérisseur mais également amant de la guerrière viking et par sa magie, elle parvint à en faire son esclave sexuel, ce dernier croyant être dans les bras de Belladonna. La guerrière viking se cassa les dents sur les portes de la forteresse closes par la magie. Mais si elle ne pouvait entrer la porte, elle le ferait par les hauteurs. Malheureusement, si elle trouva facilement la sorcière, elle se retrouvera également face à son aimé. Et pour la première fois, Belladonna hésita et cela lui fut fatal.

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“Belladonna” regroupe les premiers comics de la série que publie en France les éditions Tabou. Ce tome se compose de deux sagas. La première scénarisée par Mike Costa nous présente ce personnage qui aurait pu sortir de l’univers de “Conan le Barbare” ou de “Red Sonja”. Le scénariste a fait ses preuves sur l’adaptation en comics de films comme “Transformers” ou “G.I. Joe Cobra”. Emprunt du monde vikings et irlandais, Mike Costa nous présente sa guerrière immortelle, devant affronter une terrible sorcière ayant pris le pouvoir d’un royaume Picte. L’histoire ne fait pas dans la dentelle. C’est brute de décoffrage, sanglant et Mike Costa prend un certain plaisir à mettre son personnage dans les pires situations, lui faisant subir des tortures inhumaines qui ne feront que la rendre plus forte et plus féroce. Qui dit une publication chez Tabou dit évidemment du sexe et ce sera aussi bien un outil de plaisir pour Belladonna que de domination pour la sorcière Skerne. Tout est sauvage, sanglant, sexe et gore se mélangeant dans une belle boucherie. Les animaux fantastiques seront aussi de la partie, des Minotaures aux serpents géants en passant par des loups-garous. Mike Costa mélange tout dans ces premiers chapitres, sans chercher la moindre cohérence, le hasard faisant bien les choses.

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Ignacio Calero s’est chargé de la mise en images de cette Xena aux attributs tout aussi avantageux avant de laisser la place à Nahuel Lopez pour parfaire son travail. Le dessinateur est loin de ses travaux pour Marvel sur “Captain America” ou pour DC sur “Stormwatch”. L’histoire est crue, les dessins le seront tout autant. Sexe et gore sont des plus explicites sans la moindre retenue, aussi bien en explosion de poitrines que d’organes. Les couleurs de Digital Sutdios sont parfaitement dans le ton, offrant un résultat final tout à fait honorable pour une telle série. Costa et Calero en donne pour leur argent aux fans d’heroic fantasy érotique.

La seconde saga tranche avec les premiers tomes. L’histoire de Brian Pulido est tout d’abord très courte et ne garde que le côté horreur en mettant en scène des vikings zombies. Le personnage de Belladonna semble même un rien secondaire, étant ramenée à la vie bien malgré elle pour stopper ces morts vivants. Le côté érotique disparaît d’ailleurs totalement pour se borner au côté violent et gore. Toutefois, si les dessins de Calero et les couleurs de Digital Studios offraient du grand spectacle, les dessins de Paulo Caceres sont sobres et bien peu aidés par une colorisation très sombre cachant les détails, Belladonna en perd même son imposante poitrine. Difficile de comprendre pourquoi cet épisode a été rajouté à cet album, détonnant totalement avec le début.

Comme souvent, la fin de ce tome est composée de couvertures américaines et d’illustrations. Il est intéressant de noter que les différentes déclinaisons d’une même couverture nous sont présentées sur une double page, comprenant les différentes couvertures soft, la couverture sexy, et une couverture où Belladonna se transforme en actrice porno.

“Belladonna” est un bon défouloir pour ceux aimant l’heroic fantasy et les BD érotiques. Pour les amateurs qui ne seront pas déçus.


pour public averti

Belladonna
- Scénario  : Mike Costa, Brian Pulido
- Dessin : Ignacio Calero, Nahuel Lopez, Paulo Caceres
- Couleurs : Digital Studios
- Lettrage : Jaymes Reed, Estelle Plessis
- Traduction : Duc de Vexin
- Éditeur : Tabou
- Format : 176 x 268 mm
- Pagination : 176 pages couleur
- Dépôt légal : 20 février 2018
- Numéro ISBN  : 9782359541274
- Prix public : 19 €


© Editions Tabou - Tous droits réservés


Frédéric Leray
28 février 2018






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