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10000 Litres d’Horreur Pure, modeste contribution à une sous-culture
Thomas Gunzig
Au Diable Vauvert, roman (Belgique), 243 pages, juin 2007, 15€

Dans un bon slasher, il y toujours les mêmes ingrédients, comme le souligne l’auteur dans son introduction : un groupe composé d’archétypes, un lieu isolé, une agression brutale qui fera basculer le programme dans le cauchemar.



Depuis la parution de ce roman, d’autres se sont essayés, au cinéma, à jouer avec le genre. On pensera à l’excellent Tucker et Dale fightent le mal, qui ajoute au survival gore une bonne dose de comédie.
Tout le programme de Thomas Gunzig tient dans son (sous-)titre : il apporte sa « modeste contribution » à un genre qui a forgé toute une jeunesse transgressive.
Ses personnages sont les archétypes attendus : un beau gosse riche et imbu de lui-même (JC), une bimbo blonde (Kathy), un petit gros introverti (Patrice), et un couple plus équilibré (Marc et Ivana). Tous embarqué pour un week-end dans un vieux chalet isolé au bord d’un lac. Très isolé.
Alors que l’ambiance n’est déjà pas folichonne dans le groupe, certains se détestant poliment, que les deux premiers ont commencé à boire, fumer et baiser comme des bêtes, l’horreur arrive : un voyeur à la fenêtre, JC qui sort, Kathy qui le suit. L’agression, les cris. Les autres se réveillent, tentent de comprendre, de ne pas s’affoler, secourir leurs camarades, aller chercher du secours.
Se séparer. Grossière erreur. JC qui bien que blessé veut aller sauver Kathy. Patrice qui raconte la disparition de sa sœur tétraplégique dans cette maison. Et la lumière éclairée dans la maison voisine, censée abandonnée...

Entre psychopathes et créatures venues de l’espace, vieilles légendes locales et péquenots dangereux, Thomas Gunzig signe une histoire terrifiante, dégoulinante de gore, mais avec une bonne dose d’humour noir, en donnant à ses personnages une vraie psychologie, épaississant l’archétype, nous surprenant parfois. JC, malgré le côté « jetable » de Kathy en tant que girlfriend, refuse de l’abandonner. Cette même Kathy n’est pas si potiche, et très réaliste sur ses propres limites. Ivana, apparemment posée, manque de confiance en elle. Marc, pétri de bonnes ondes, sera confronté à ses erreurs et regrettera sa vie d’efforts inutiles. Patrice gardera la tête froide jusqu’au bout, et à l’écouter d’autres auraient pu survivre. Hélas... Ce sera un carnage pour tous.
L’idée de créatures extra-terrestres, très pulp, est adroitement mêlée aux « pratiques locales » peu ragoutantes, à l’image des illustrations de Blanquet, écœurants mélanges de chairs.

Bref, on (sou)rit souvent, et cela chasse le malaise qui s’installe très vite, comme devant un film du genre. Contrat rempli !

Mais ce qui m’a le beaucoup perturbé dans ma lecture, outre une quantité totale de coquilles surprenante, c’est le traitement des incises : pas de guillemets, un point au lieu d’une virgule en fin de dialogue, et une incise (pas toujours nécessaire) qui commence ensuite par une majuscule. Cela déroute et hache le rythme, et impossible de s’y habituer. Tout comme impossible de savoir s’il s’agit d’un choix délibéré (mais on se demande pourquoi).

Un roman « distrayant » donc, dans la pure veine du genre. On y retrouve, sous la couche de gore, la verve de Thomas Gunzig, paradoxalement moins violente que dans « Le Plus petit zoo du monde », son recueil précédent, ou son dernier roman « La Vie Sauvage ».


Titre : 10.000 Litres d’Horreur Pure, modeste contribution à une sous-culture
Auteur : Thomas Gunzig
Couverture et illustrations : Blanquet
Éditeur : Au Diable Vauvert
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 243
Format (en cm) :
Dépôt légal : juin 2007
ISBN : 9782846261456
Prix : 15 €


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Nicolas Soffray
19 février 2018






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