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Galaxies n°50 (Nouvelle Série)
Directeur de publication : Pierre Gévart
Revue, n°50, SF - nouvelles - articles - critiques, décembre 2017, 192 pages, 11€

Numéro 50, voilà qui méritait un opus spécial pour marquer l’événement. Pas de revue augmentée pour l’occasion, mais un dossier spécial 50 présentant notamment les 50 « Galaxies » au compteur et donnant les aperçus des réjouissances à attendre de trois futurs possibles en 2050, allant du positif au plus négatif. “2050, - Les scénarios” est adapté d’une conférence donnée le 26 janvier 2016 à Waterloo en Belgique.
Et surtout le lecteur trouvera 50 auteurs pour un n°50. Illustrations, courte bande dessinée, short stories, pépins, haïku, nouvelles, auteurs connus côtoyant des inconnus, la palette ratisse large et ne laisse pas un souvenir inoubliable, loin s’en faut. On y trouve du bon comme du moins bon, pour ne pas dire du mauvais.
Espérons que pour le numéro 100, nous n’aurons pas droit à la version 100 auteurs !
Toutefois, il faut retenir deux noms : Philippe Curval et Ugo Bellagamba qui ont livré deux longues et belles nouvelles pour l’exercice.



Philippe Curval nous présente “Les quatre morts de Chahid Slimane”, dont l’existence échappe à toute logique, tant il échappe à plusieurs reprises à un décès inéluctable. Inventif, non dénué d’humour et mystérieux, un texte prenant.
Être le cobaye d’une expérience n’est pas sans risque, mais l’expérimentateur ignore ce qu’il peut réveiller en posant des électrodes sur le crâne de son patient. “L’autre dans le labyrinthe” allie avec bonheur science et mythologie. Il est toujours plaisant de retrouver Ugo Bellagamba dans un sommaire.

Second prix du concours de nouvelles Alain le Bussy 2017, “Les pierres” ne manquent pas de surprendre en dressant un tableau inquiétant et intrigant de notre futur. Jean-Pascal Martin parle bien de désertification, mais d’un autre genre : la couche terreuse diminue sous la remontée des pierres. Les rares à ne pas fuir les terrains désolés et à continuer la culture des sols passent leur temps à retirer les cailloux. Surprenant et bien vu.

Être mis “Sur la touche” n’est jamais bon, surtout quand on n’est pas vraiment réel, juste le fruit de l’imagination d’un enfant qui grandit et un jour vous oublie. Mike Resnick et Lezli Robyn livrent une nouvelle d’une belle sensibilité sur le temps qui passe, les choses qui sont mises de côté, car datant d’un âge révolu. Chacun ne pourra s’empêcher de plonger dans son propre passé et se souvenir des bons moments qui l’ont émaillé.

“Ambassade” de Jean-Pierre Laigle fait preuve d’une grande érudition et c’est bien le problème. Il s’agit d’une uchronie, mais pour qu’elle fonctionne, encore faut-il qu’un point de divergence immédiatement évocateur soit choisi, sous peine de ne pas en saisir les subtilités. Et là ce n’est pas le cas, le lecteur peut se demander à quoi il a affaire. L’auteur l’a bien compris, car un index divergent est fourni en fin de texte, mais il ne brille pas par sa clarté.

Passer un pacte avec un démon revient-il à lui vendre son âme ? Pas forcément selon Sybille Marchetto pour qui le mythe de Faust est peut-être bien surfait. “La mort est un long fleuve tranquille” se révèle léger, sans profondeur, même si le sujet de la mort y est abordé.

Se souvenir d’un être cher perdu pousse parfois à ignorer le bon sens, à l’image de cet ambassadeur sur une planète lointaine se rendant ni vu ni connu dans les bas quartiers pour y rencontrer un sorcier autochtone. Sa belle lui sera-t-elle rendue ? “Le mangeur de souvenirs” de Patricia Anthony ne manque pas de mordant, montrant tout à la fois le désespoir et le ridicule de la situation.

En partie rédactionnelle, Jean-Michel Calvez et Jean-Guillaume Lanuque poursuivent leur exploration de la SF dans la musique avec “Kraftwerk ou la musique androïde”. Un rendez-vous incontournable et apprécié de chaque « Galaxies », tout comme “Croisière au long du Fleuve”, dans lequel Didier Reboussin revient sur Maurice Limat. Des chroniques de livres dans la rubrique ad hoc et sous “Le scalpel du Docteur Stolze” poursuivent le numéro, s’achevant par les recensions BD dans la rubrique “(S)trips” définitivement reprise par Fabrice Leduc, après le décès d’Alain Dartevelle. Un auteur brillant de plus nous a quittés et c’est bien triste.

Atteindre le numéro 50 pour une revue, voilà qui n’est pas rien ! “Galaxies Nouvelle Série” l’a fait, non sans passages difficiles (la sortie du numéro 1) et non sans évolutions (le changement de périodicité avec l’accueil de « Lunatique » / « Mercury »).
Gageons que l’équipe va continuer son exploration de la science-fiction mondiale dans les prochaines années.

Loin d’être un numéro inoubliable, « Galaxies 50 » marque tout de même un point de passage important, du fait de ce compte bien rond.


Titre : Galaxies Nouvelle Série
Numéro : 50 (92 dans l’ancienne numérotation)
Directeur de publication : Pierre Gévart
Couverture : Frédéric Michaud
Type : revue
Genres : SF, études, critiques, entretiens...
Site Internet : Galaxies
Dépôt légal : décembre 2017
ISSN : 1270-2382
Dimensions (en cm) : 13,8 x 20,9
Pages : 192
Prix : 11€



Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
7 février 2018






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