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Etherval n°11 - Falciparum
Association des Plumes de l’Imaginaire
Fanzine, n°11, science-fiction/fantastique/fantasy, nouvelles-articles-détente, octobre 2017, 70 pages, 7€

Avec ce onzième numéro, « Etherval » s’affiche comme une revue de qualité croissante, toujours aussi soigneusement conçue, même si l’on relève parfois quelques coquilles. C’est le thème du parasite et du symbiote qui est ici traité, et il faut reconnaître que les auteurs qui figurent au sommaire se sont manifestement fait plaisir en l’abordant.



Vivien Esnault inaugure cette livraison avec un texte fort réussi : “Le Démantèlement d’une feuille ainsi que des équipements associés” (tout simplement !). Cette nouvelle emporte le lecteur dans un univers digne du « Monde Vert » de Brian Aldiss ou encore du « Mystérieuse, matin, midi et soir » de J C Forest pour le décor, et d’un délire de Serge Brussolo pour l’histoire. C’est peu dire qu’originalité, poésie, sensibilité sont au rendez-vous. J’avais déjà remarqué le talent de cet auteur qui tient manifestement toutes ses promesses. Une entrée en matière fracassante donc.

Après une telle ouverture, les autres auteurs ont intérêt à bien se tenir. Loïc Daverat, dans un texte court et prenant, “Jeremiah Paz l’a dans l’os” est loin de démériter en revisitant l’histoire de Jiminy Cricket sous l’angle du parasite. Bien vu.
Imaginez deux frères siamois liés par le corps bien sûr, mais aussi par une complicité qui renforce leur interdépendance. Malheureusement, si l’existence de l’un compromet la survie de l’autre, il faudra bien prendre une décision. Fabrice Pittet avec “Comme les deux doigts de la main” aborde ce sujet avec beaucoup de sensibilité et de tendresse.

“Godv” de Sophie Portalière aborde un thème brillamment illustré jadis dans le film « Paradis pour tous » sur un scénario d’André Ruellan, à savoir la perte de toute émotion chez l’être humain et les comportements qui en découlent, ici à cause d’un parasite. Ce texte est agréable à lire, mais ne parvient pas vraiment à convaincre.
“Surcharge système” de KeoT traite lui de l’infection des systèmes informatiques. Un virus se propage, profitant d’une faille d’un logiciel. Le sujet pourrait être d’un classicisme total en narrant les mésaventures de ceux qui combattent ce malware, avec les rebondissements auxquels on peut s’attendre dans ce genre d’histoire. Mais il n’en est rien et la conclusion est subtile et bien trouvée.

Catherine Loiseau est un peu l’auteure maison d’« Etherval », y étant apparue à de nombreuses reprises. Il semble que ses préférences relèvent entièrement de la fantasy, un genre qui, je dois l’avouer, n’est pas vraiment ma tasse de thé. Néanmoins, malgré cet a priori subjectif que je confesse, il me faut reconnaître les talents de narratrice de cette dame et sa capacité à évoquer, avec “Tourner à gauche” ces univers particuliers remplis de trolls et autres gobelins. Une fois réglé le petit problème qui perturbe la bonne entente entre notre héros et de son symbiote, le recours à la magie permettra de mettre un terme aux situations les plus inextricables que ces personnages rencontrent. C’est cela la fantasy...
La quête de Dieu passe-t-elle par le partage de l’esprit et du corps avec d’autres soi-mêmes ? C’est la piste que suit Ronny Neufinck avec “Des mois en émoi”, texte plutôt bien ficelé et prenant, mais desservi par une fin ouverte et un peu frustrante. La chute reste un élément fondamental pour mettre en valeur ces textes condensés que sont les nouvelles, et leur absence, ou leur platitude, peut gâcher toute l’histoire. Dommage.

Sur une ancienne colonie terrienne, les humains qui n’ont pas perdu leurs mauvaises habitudes vont finir par se mettre à dos un peuple autochtone plus proche du végétal que de l’animal. Cédric Lemaire avec “Révélation libératoire” nous livre un texte inventif. Je ne puis résister au plaisir de citer ici la façon dont l’ambassadeur du peuple Phasmathan salue les humains : « Zwitlit... vous souhaite un terreau fertile et une généreuse photosynthèse... ». Excellent.
Ce numéro papier est complété par une nouvelle uniquement disponible en format numérique, ce qui est bien dommage car elle est de fort bon niveau. Intitulée “Neuf femmes” et signée Lydie A Wallon, elle raconte les tourments d’une jeune Japonaise hantée par les mânes de femmes disparues tragiquement. L’action se déroule en Iran, pays certainement bien connu par l’auteure qui en restitue l’ambiance avec beaucoup de soin. Très beau texte poignant.

« Etherval » propose également une partie magazine avec un petit passage en revue des parasites dans les œuvres de l’imaginaire, ainsi que deux interviews de parfaits inconnus pour moi, Alex Nicolavitch et David Elbe.
Enfin, les “Missives” clôturent ce numéro d’« Etherval ». Clairement, elles le parasitent..

Avec cette livraison, cette revue propose donc une sélection de textes de bonne, voire de très bonne tenue et montre qu’elle se bonifie, numéro après numéro. Mention spéciale pour la belle couverture de Marc Dufosset.


Titre  : Etherval
Numéro  : 11
Éditeur  : Association des Plumes de l’Imaginaire
Directeur de publication - rédacteur en chef : Andréa Deslacs
Couverture  : Marc Dufosset
Type  : revue
Genre : Science-fiction, fantasy, fantastique
Site Internet  : Etherval ; le numéro 11
Dépôt légal : octobre 2017
Périodicité  : semestrielle
ISSN  : 2260-6025
Dimensions (en cm) : 36 x 24
Pages : 70
Prix : 7 €



Didier Reboussin
18 novembre 2017






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