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Ni Terre ni Mer (T1/2)
Olivier Megaton, Sylvain Ricard et Nicola Genzianella
Dupuis

Alors que cinq jeunes gens font une croisière à bord d’un voilier au large des côtes normandes, une tempête met à mal leur embarcation. Elle s’écrase sur une île et le groupe trouve refuge dans un phare, la seule construction humaine du lieu. Deux hommes l’habitent, dont un guère sympathique.
Sans moyen de communication et en pleine tempête, ils sont coincés dans le phare. Cette promiscuité devient vite oppressante, d’autant que les cinq partagent un lourd secret.



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Les deux scénaristes Olivier Mégaton et Sylvain Ricard invitent les lecteurs à un huis-clos dans un phare sur un îlot battu par la tempête. Déjà à bord du voilier, quand les éléments ne se dressaient pas contre eux, la tension était palpable entre les cinq jeunes. Maintenant qu’ils sont coincés et coupés du reste du monde, les inimitiés sont encore exacerbées. De plus, des deux gardiens, un seul leur inspire confiance, l’autre apparaissant pour le moins inquiétant.
L’ambiance dans le phare se révèle lugubre, les teintes sont froides, en accord avec le déroulement de l’histoire. Le phare a été construit au-dessus d’un ancien bunker dont le vaste réseau de tunnels n’est pas sans s’apparenter à une pieuvre avec ses tentacules à l’intérieur desquelles se débattent les personnages.

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Rien de bon ne pouvait ressortir de ce voyage, un trop lourd passif, juste esquissé, se dégage du groupe.
Habilement, des épisodes de la croisière cohabitent avec le récit débutant lors de la tempête. Le beau temps régnait, la colorisation des planches est alors lumineuse, chaude en totale contraste avec celle sur l’îlot. Le montage rend cette différence d’autant plus palpable, il suffit de tourner une page pour changer complètement d’ambiance.
Au dessin, Nicola Genzianella rend très bien la tension, les lieux semblent immenses, d’autant plus inquiétants, ils préparent déjà à la liste des événements futurs qui font penser au roman “Dix petits nègres” d’Agatha Christie. Même si les traits des visages à l’arrière-plan manquent parfois un peu de précision, son travail est exemplaire. Le lecteur est captivé aussi bien par l’histoire que par les planches.

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Prévu comme un diptyque, “Ni Terre ni Mer” apparaît comme un huis-clos tout à fait recommandable. Bien des questions demeurent en suspens à la fin de ce premier tome : qu’est-ce qui réunit les cinq jeunes ? Quel secret partagent-ils ? Pourquoi les deux gardiens du phare ressemblent à des conspirateurs cachant quelque chose aux nouveaux venus ? Et puis qui a commencé le grand ménage ?
La curiosité des lecteurs est très bien titillée. L’ambiance lourde du phare en pleine tempête et les rancœurs alimentent tout du long l’intérêt.

C’est de la belle bande dessinée dont la conclusion est attendue avec impatience !


Ni Terre ni Mer (T1/2)
- Scénario : Olivier Megaton et Sylvain Ricard
- Dessins : Nicola Genzianella
- Couleurs : Sébastien Gérard
- Éditeur : Dupuis
- Collection : Grand Public
- Dépôt légal : 7 juillet 2017
- Pagination : 56 pages couleurs
- Format : 24 x 32 cm
- ISBN : 9782800152165
- Prix public : 14,50 €


Illustrations © Nicola Genzianella et Éditions Dupuis (2017)


François Schnebelen
13 novembre 2017






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