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Tétralogie des Origines, tome 4 : Le crépuscule des dieux
Stéphane Przybylski
Le Bélial’, roman (France), thriller historico-SF, 470 pages, septembre 2017, 20€

Suite à l’attentat de Prague en mai 1942, Reinhard Heydrich se meurt à l’hôpital. Les envoyés en profitent pour le recruter et en faire leur champion, à l’image de de ce que les colons ont fait avec Friedrich Saxhaüser. Entre ceux qui sont parmi nous depuis plus de 10 000 années et ceux qui viennent d’arriver en éclaireurs, les deux camps aliens s’opposent, car leur philosophie à l’encontre des humains diffère du tout au tout.
Pendant ce temps, la seconde guerre mondiale fait rage, sans que les protagonistes saisissent forcément le combat qui se déroule dans l’ombre et menace les habitants de la Terre.
Peut-il seulement y avoir un gagnant ?



Avec « Le crépuscule des dieux » s’achève la « Tétralogie des Origines », un projet de vaste ampleur de Stéphane Przybylski et faisant la part belle à l’Histoire. Il y montre une grande érudition sur le sujet et sait s’emparer des zones floues pour y insérer son récit. Sans chercher la petite bête, tout ce qu’il écrit pourrait être vrai, mais a été caché au grand public. C’est justement ce qui rend ce cycle si passionnant.
« Le crépuscule des dieux » débute le 24 décembre 2017, jour de la rencontre entre M. Lee pas encore mort mais pas loin et la petite fille de Friedrich Saxhaüser qui vivait cachée mais a été retrouvée par les services secrets. Tout à leur évocation du passé, les heures défilent.
Cette confrontation sert de fil rouge au roman. Le présent s’invite ainsi régulièrement dans un passé sinistre et particulièrement éprouvant, car les camps de la mort et les expérimentations qui y étaient pratiquées sont placés au premier plan et nourrissent l’intrigue. Stéphane Przybylski surprend avec cet axe de développement, il brouille même les pistes, car les lecteurs éprouvent alors une certaine confusion entre les deux camps des aliens.

Si Heydrich n’est qu’une machine de guerre, n’écoutant que sa propre gloire, avide de toute puissance, de domination, Friedrich Saxhaüser, tout ancien SS qu’il soit, obéit à des principes moraux. Sa conscience le pousse vers les humains ignorants, ceux qu’il doit défendre. Les deux ne peuvent que s’affronter, c’est inéluctable et l’auteur renvoie tout le monde là où l’aventure a commencé.
De nombreux protagonistes ne sont que des marionnettes animées par des entités supérieures. Des êtres qui se détestaient cordialement sont obligés de collaborer. Sous l’impulsion des envoyés, en plein conflit, des Allemands et des Alliés œuvrent ensemble au sein du Club Uranium, trahissant leurs pays pour une cause qui les dépasse. Bien des horreurs sont justifiées par le cadre de l’époque.
Sous la plume de Stéphane Przybylski, les lecteurs assistent aux dernières années de la Guerre de 39-45. Comme les grandes lignes sont connues, il préfère les faits plus anodins qui se prêtent bien à son postulat de départ : écrire une histoire de SF dans un cadre crédible qui peut prêter à interrogation. Là où il est malin, c’est que M. Lee se présente justement comme celui chargé de masquer l’existence des extraterrestres en décrédibilisant les témoins, en effaçant les preuves, en donnant des explications rationnelles à des phénomènes surnaturels... bref de mentir au peuple. Un certain doute règne toujours...
Comme « Le crépuscule des dieux » ne s’arrête pas avec la fin de la guerre, les apparitions de soucoupes volantes, Roswell sont bien sûr évoqués. L’auteur met les faits historiques au service de son roman, lui donnant un faux cachet de véracité, ce qui constitue une de ses grandes forces.

Tout au long des quatre tomes, l’intérêt ne faiblit jamais. Les lecteurs suivent des personnages pour la majorité détestables de par leur passé et leurs actes, mais sans éprouver de rejet pour le récit. Il n’y a pas de place pour les faibles, la vie humaine n’a ici pas grand prix face aux enjeux supérieurs.
Référence à l’opéra de Wagner qu’Hitler a fait jouer avant la bataille de Berlin, « Le crépuscule des dieux » conclut de belle manière la « Tétralogie des Origines ». Les dieux y sont appelés à disparaître, à laisser l’homme seul décider de sa destinée. Friedrich Saxhaüser appartient à cette classe de personnages inoubliables. Ce fidèle des fidèles de la première heure qui a sauvé Hitler lâche petit à petit le führer, rattrapé par sa conscience qui lui dicte ses actes et lui permet de reconnaître ses erreurs.
Vaste fresque centrée autour de la seconde guerre mondiale, « Origines » se nourrit du conflit pour développer une histoire alternative où ils sont parmi nous. Dans un numéro d’équilibriste, Stéphane Przybylski mène parfaitement ce récit conciliant faits historiques et inventions.
Du grand art, tout simplement !

Avec la reprise en poche du premier tome, « Le château des millions d’années », chez Pocket, l’occasion est belle de démarrer ce cycle à petit prix. Vous verrez alors que vous ne pourrez plus décrocher jusqu’à la fin.


Titre : Le crépuscule des dieux
Série : Tétralogie des Origines, tome 4
Auteur : Stéphane Przybylski
Couverture : Aurélien Police
Éditeur : Le Bélial’
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 470
Format (en cm) : 14 x 20,5
Dépôt légal : septembre 2017
ISBN : 9782843449260
Prix : 20 €


Les autres tomes de la « Tétralogies des Origines » sur la Yozone :
- (T1) « Le château des millions d’années »
- (T2) « Le marteau de Thor »
- (T3) « Le club Uranium »


Pour contacter l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
9 octobre 2017






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T4. Le crépuscule des dieux



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T3. Le club Uranium



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T2. Le marteau de Thor



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T1. Le château des millions d’années



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