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Wonder Woman (T1) Année un
Greg Rucka & Nicola Scott
Urban Comics - DC Rebirth

L’île de Themyscira, une île cachée des hommes où vivent le peuple des Amazones. Filles des Dieux, elles vénèrent les habitants de l’Olympes qu’elles nomment leurs « patrons ». Toutes se suffisent de leur vie loin de la furie des hommes. Toutes sauf la princesse Diana. Comme beaucoup sur l’île, elle n’a jamais quitté le sol de Themyscira et rêve de pouvoir aller au-delà de cette ligne d’horizon, terrible frontière pour les Amazones. Car si aucune ne part dans le monde des hommes, c’est aussi par la loi qui bannit toutes celles qui oseraient quitter l’île.
Mais un jour, un avion s’écrase sur une plage. Parmi l’équipage, un seul homme survit et attire immédiatement la curiosité de Diana. Il est le symbole de ce monde qu’elle aimerait tant découvrir. Mais le conseil de guerre des Amazones voit surtout dans cette intrusion un danger pour la sûreté des Amazones, surtout que les armes découvertes dans la carcasse de l’avion ne rassurent pas les guerrières. Des armes capables de propulser un grand nombre de mortels petits projectiles.



Steve Trevor est un agent au service de l’ARGUS, une agence secrète remplissant des missions pour le compte du gouvernement américain. Au cours d’une enquête sur une organisation terroriste, la SEAR, l’avion transportant son équipe est abattu. À son réveil, il se retrouve dans une étrange cité uniquement peuplée de femmes. Malheureusement, il ne comprend pas leur langue mais a rapidement conscience que ses amis sont tous morts. Ces femmes ne tiennent pas à le voir rester trop longtemps sur leur île. Un tournoi est organisé pour savoir qui sera celle qui accompagnera Steve dans le monde des hommes. Après une bataille rangée pour savoir quelles sont les meilleures guerrières, la reine leur réserve une ultime et inquiétante épreuve. Armée d’un pistolet automatique, elle teste la dextérité des trois dernières combattantes à éviter des balles. Steve connaît la puissance de son arme et quand il voit les deux premières être sévèrement blessées, il tente d’intervenir mais est vite ramené à son rang de simple invité. Sans avoir conscience de tous les enjeux de ce tournoi, Steve comprend surtout une seule chose : il va repartir chez lui dans son avion étrangement réparé et rendu invisible, accompagné de la belle princesse Diana.

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“Wonder Woman” est donc mon deuxième choix pour tester cette collection Rebirth de chez DC. Il faut dire que la princesse des Amazones est à la pointe de l’actualité avec également la sortie de son premier film. Le choix scénaristique pour ce premier tome version Rebirth est de suivre la logique développée dans le film. Ainsi, les Amazones ne sont plus les filles d’Arès mais bien ses ennemies. Diana quitte son aura de déesse de la guerre pour nous revenir en jeune femme naïve, même plutôt craintive, ce qui la différencie du personnage incarné par la magnifique (oui, je n’ai aucune objectivité mais je m’en fiche) Gal Gadot. La Diana qui nous est présentée ressemble plus à une adolescente découvrant le monde des adultes, avec évidemment un énorme avantage par rapport aux autres jeune femme : ses pouvoirs surnaturels offerts par les Dieux. Là aussi, le scénario s’écarte du film avant de totalement prendre son indépendance. Certes, Greg Rucka a suivi la même déclinaison globale du mythe que le long métrage, toutefois le scénariste a pris en main la légende de la princesse Amazone en créant un véritable reboot de la série. Car si Steve Travor atterrit encore et toujours sur l’île de Themyscira, nous sommes à l’époque moderne et le contexte n’est plus une guerre mondiale mais une autre guerre pernicieuse que nous ne connaissons que trop bien malheureusement : la lutte contre le terrorisme. Mon article aurait eu un tout autre goût si je l’avais écris lors de la parution de ce tome en juin, mais en ce mois d’août, la scène se déroulant dans le centre commercial prend une force tout autre. Arès a pris le contrôle des nouvelles forces du mal et son action sera internationale. La multiplication de lieux d’attentats est évidemment à l’origine pour montrer la rapidité de Wonder Woman, capable de voler aussi vite que Superman, mais Greg Rucka n’imaginait certainement pas quand il écrivit son scénario que le monde subirait un événement similaire quelques mois plus tard.

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Mais revenons à notre héroïne et sa mise en images par Nicola Scott. Ce dernier illustre la majeure partie de ce tome, Bilquis Evely s’occupant uniquement de l’épisode sur le passé de Barbara Ann Minerva, mélange d’Indiana Jones et de Lara Croft. J’avoue n’avoir pas totalement adhéré au style graphique de Nicola Scott, un peu trop basique dans sa trame pour dessiner ses personnages féminins. Ces dernières se ressemblent toutes trop et cela rend Diana banale, en particulier au niveau du visage. Certes elle reste une guerrière de 1m87, mais après l’interprétation de Gal Gadot, un style et des traits trop classiques et ne sortant pas de l’ordinaire n’est clairement pas en faveur de la princesse Amazone. Le style de Evely est plus varié, avec des personnages pourvus de traits plus pointus, moins enrobés comme ceux de Scott. L’intermède nous racontant le passé de Minerva devient alors pour moi le meilleur moment, graphiquement parlant, car plus surprenant, plus noir, sortant du côté un peu mièvre et trop flashy des parties dessinées par Nicola Scott. Attention, le côté flashy n’est pas une conséquence du travail de Romulo Fajardo Jr. car ce dernier s’est également occupé de la colorisation du travail de Bilquis Evely. Pour que Wonder Woman redevienne la guerrière que l’on connait, il faudra que Nicola Scott diversifie son dessin et sorte d’un style trop cartoon à mon goût... ou je risque très vite de me lasser de cette série.

Allez, j’avoue ressentir un brin de déception avec ce premier tome, surtout par le travail trop simpliste de Nicola Scott... Bon passé après Jim Lee dans mes lectures n’aide pas mais “Wonder Woman” mérite, à mon avis, mieux.


Cette année célébrait Wonder Woman et Urban Comics a publié de nombreux ouvrages sur la native de Themyscira, dont deux tommes où on retrouve Greg Rucka au scénario.

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Les fans y trouveront de quoi contenter leur passion pour cette héroïne avant d’aborder ses aventures en mode Rebirth...


(T1) Année un
- Série : Wonder Woman
- Scénario : Greg Rucka
- Dessin : Nicola Scott, Bilquis Evely
- Couleurs : Romulo Fajardo Jr.
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : DC Rebirth
- Pagination : 168 pages couleurs
- Format : 18,6 x 28,1 cm
- Dépôt légal : 9 juin 2017
- Numéro ISBN : 9791026811336
- Prix public : 15 €


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Illustrations © collectif et Éditions Urban Comics (2017)


Frédéric Leray
23 août 2017






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