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Etherval n°9 : Eurêka
Association des Plumes de l’Imaginaire
Fanzine, n°9, science-fiction/fantastique/fantasy, nouvelles-articles-détente, novembre 2016, 70 pages, 7€

Poursuivant son chemin dans le paysage de l’imaginaire français, cette revue de belle facture nous propose avec cette neuvième livraison de découvrir des inventions révolutionnaires.



Sous une amusante couverture signée Yanis Cardin, ce ne sont pas moins de sept nouvelles au sommaire qui nous proposent autant d’inventions révolutionnaires.
“Deux pour un” de Marlène Charine est un texte bien enlevé, qui introduit avec son savant un peu fou la notion de machine à tout reproduire, y compris un être vivant. Mais il y a un piège qui se refermera sur le principal protagoniste de cette histoire. Le style alerte en rend la lecture agréable.
Avec “Entropie” Julie Limoges nous entraîne avec l’inspecteur Elliot dans une intrigue policière qui a pour cadre un futur peu réjouissant. Une vague de suicides affecte des « nés à nouveau », hommes ou femmes ayant bénéficié d’une régénération prolongeant leur vie. L’histoire est fouillée, les personnages ont une véritable épaisseur et l’ensemble, sans être vraiment original n’en est pas moins de bonne qualité.
“Le voyageur insouciant” de Stéphane Lesaffre exploite lui l’invention de la machine à voyager dans le temps et le paradoxe temporel. Rien de nouveau dans le maelström. Ici, c’est Cléopâtre qui est séduite par un garçon de laboratoire au point d’avoir un enfant de lui. Corriger l’erreur va être problématique.
“Le Parcheminateur” de Ambre Melifol fait preuve d’une plus grande originalité en nous narrant les déboires et les joies d’un moine inventeur d’une machine à reproduire en quantité des parchemins. Ambre Melifol peint avec un vrai talent un univers parallèle dominé par une Église plus préoccupée du temporel que du spirituel.
“L’homme malade” de Thierry Faivre ne m’a guère convaincu. Atteint d’une rougeur inexplicable, le personnage principal de l’histoire devient l’unique malade que porte la Terre et acquiert de ce fait une grande célébrité. Pour traiter cette énigmatique affection, il doit rejoindre le dernier hôpital existant. Ce faisant, il assiste et participe à la première expérience de véhicule antigravité. Il y rencontrera l’amour. L’histoire traîne en longueur et distille un certain ennui.
“Faux semblants” d’Aurélie Genêt et David Loy traite du mouvement perpétuel à travers trois séquences espacées de cinq siècles. Pas vraiment accrocheur.
“Une cote d’enfer” de Audrey Aragnou introduit une dose d’humour tout à fait bienvenue, avec Léonard de Vinci en inventeur fou, Dieu et Satan aux commandes, sans oublier Kennedy. C’est drôle et bien mené, une réussite.

« Etherval » propose également dans sa formule papier une petite partie magazine, avec une interview d’Olivier Deparis orientée technologie, puisque tel est le thème de ce numéro. Il nous parle de son roman « Diomède Alpha » qui aborde le génie génétique. Catherine Loiseau, une habituée des sommaires d’« Etherval », livre ici un article court mais convainquant sur les savants fous. Un entretien avec Régis Goddyn (auteur du « Sang des 7 rois ») tourne autour des inventions révolutionnaires. Les “Missives” dont l’intérêt m’échappe concluent ce numéro.

Il y a un bonus sous la forme de deux nouvelles supplémentaires disponibles uniquement en version numérique. J’ai un peu de mal à comprendre la politique éditoriale d’« Etherval », car ces deux textes surclassent aisément ceux qui sont publiés en format papier...
“Itinérance Sanitaire” de Cédric Lemaire m’a irrésistiblement fait penser à Brussolo. Cette histoire d’un ex-taulard, témoin d’un attentat (dans un métro qui se téléporte), qui découvre après dix-sept ans d’isolement un monde dominé par le successeur du smartphone est complètement déjantée. L’écriture est vivante, les idées sont là : que demander de plus ?
Emilie Querbalec avec “La Caméra Obscura” n’est pas en reste et nous livre une histoire réjouissante grâce à laquelle vous saurez tout sur l’invention de la photographie et sa genèse (enfin, si tout s’est déroulé comme décrit dans cette nouvelle...). Pour les lecteurs – j’en fais partie – ignares en matière de mécanique quantique et désireux de comprendre la fin, une seule solution : wikipédia ! Emilie Kerbalec possède un style fluide, qui rend la lecture de ses textes agréable. Elle pose avec assurance personnages et décors. Elle fait partie de cette génération montante d’écrivains féminins telles Luce Basseterre ou Lou Jan qui s’inscrivent dans le sillage de leurs aînées, Julia Verlanger, Christine Renard ou encore Nathalie Henneberg.
Ce numéro d’« Etherval », toujours soigneusement conçu, bien illustré mérite donc largement le détour.


Titre  : Etherval
Numéro  : 9
Éditeur : Association des Plumes de l’Imaginaire
Directeur de publication - rédacteur en chef : Andréa Deslacs
Couverture  : Yanis Cardin
Type  : revue
Genre Science-fiction, fantasy, fantastique
Site Internet : Etherval ; le numéro 9
Dépôt légal : novembre 2016
Périodicité : trimestrielle
ISSN  : 2260-6025
Dimensions (en cm) : 36 x 24
Pages  : : 70
Prix  : 7 €



Didier Reboussin
3 août 2017






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