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Mémoires de Vanitas (Les) (T1)
Jun Mochizuki
Ki-oon

Fin du XIXe siècle, on raconte que les vampires ont existé mais que depuis la fin de la guerre contre les humains, ces derniers sont obligés de se cacher. Seulement des crimes récents laissent penser que ces créatures existent vraiment. Noé, quant à lui, sait parfaitement que les suceurs de sang sont bien réels pour une bonne et simple raison : il en est un lui-même. Toutefois, il n’a jamais été un danger pour les humains, bien au contraire. Aujourd’hui, il est sur le chemin de Paris à bord du gigantesque dirigeable, La Baleine. Son maître l’a envoyé dans la capitale des Lumières pour mettre la main sur un grimoire légendaire qui pourrait signifier la fin des vampires : les Mémoires de Vanitas. Ce livre ayant appartenu au terrible vampire de la lune bleue aurait la capacité de modifier le nom des vampires, alors que leur nom est l’essence même des créatures de la nuit. Noé a déjà vu ce qu’on appelle un maudit, un vampire dont le nom a été altéré, et il ne sait que trop bien quel sort est réservé à ces pauvres hères. Et si les Mémoires de Vanitas pouvaient mettre fin à ces terribles malédictions ?



Au cours du voyage, Noé fait la connaissance d’Amélia, une jeune femme disant souffrir d’anémie, provoquant chez elle des malaises. Elle se rend à Paris justement pour consulter un médecin. Mais alors qu’elle subit une nouvelle crise, un mystérieux individu fait irruption. Il se dit à sa recherche, elle une vampire. Mais surtout une vampire maudite qui se retrouve possédée par le terrible fléau qui met en danger son espèce. Noé souhaitant protéger les siens ne sait que faire. Toutefois, l’inconnu aux manières des plus grossières se présente comme un médecin souhaitant soigner la jeune femme grâce à son grimoire. Noé n’en croit pas ses yeux, l’inconnu a en sa possession les fameuses Mémoires de Vanitas ! Le vampire assiste alors pour la première fois aux soins que donne Vanitas, cet humain capable de maîtriser les pouvoirs du grimoire de la lune bleue. Vanitas redonne tout simplement son nom à la jeune vampire, ce nom corrompu qui la transformait en monstre assoiffé de sang.

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Nous avions quitté Jun Mochizuki en refermant le tome 24 de “Pandora Hearts”. Cette jeune mangaka au grand talent qui ne faisait que s’améliorer au fil de sa première série nous revient avec “Les Mémoires de Vanitas”. Il a pu mettre dans cette série beaucoup de ce qui lui tenait à cœur. D’abord la période : l’ère victorienne. Bien sûr, cela n’a rien d’original, mais la mangaka est une amoureuse de cette période qui non seulement lui permet de développer un style gothique se mélangeant avec finesse avec du steampunk. L’idée de s’attaquer au mythe du vampire lui serait venue de ses assistants, qui trouvaient sexy ses personnages masculins. Qu’à cela ne tienne, elle en fera des vampires, mais en abordant le mythe sous un angle inhabituel : au lieu de faire s’opposer humains et vampires, elle montrera des humains cherchant à sauver la race des suceurs de sang. Enfin, après sa première visite dans le cadre de la Japan Expo, elle a choisi Paris comme lieu où se déroulerait l’action de sa série (d’ailleurs la mangaka était de retour à Paris pour l’édition 2017 de la Japan). Voici donc le contexte qui donna naissance aux “Mémoires de Vanitas”.

Nous suivons un duo insolite composé d’un vampire, Noé, et du mystérieux Vanitas, le possesseur du fameux grimoire que le maître de Noé lui a demandé d’étudier. En fait, le vampire ne sait pas trop ce que son maître à en tête quand il l’envoie à Paris hormis qu’il doit pouvoir lire le grimoire pour savoir ce que son existence peut engendrer pour les siens. Ce grimoire aurait été écrit par un vampire craint de tous ceux de son espèce car il l’a créé pour les détruire en corrompant le nom des vampires. Jun Mochizuki utilise le véritable nom des vampires comme la source de leur pouvoir mais également leur pire faiblesse : s’ils perdent leur nom, ils perdent leur essence propre. Noé apparaît comme le gentil héros auquel le lecteur s’attache rapidement, mais il est loin d’être innocent et faible, c’est un vampire sachant parfaitement se défendre. Il idolâtre son maître dont on ne sait pas grand chose, il a aussi le douloureux souvenir d’un proche devenu un maudit et ne souhaite plus voir les siens mourir par la faute de cette mystérieuse maladie que l’on attribue... à Vanitas.

Le personnage de ce médecin de vampires a tout pour séduire les fans de Jun Mochizuki. Il est bourré de défauts et ne cherche même pas à les cacher. Énervant, séducteur, mais surtout manipulateur, difficile de savoir ce qu’il a réellement en tête et si son désir de sauver les vampires du mal qui dévore le nom de certains est pour la bonne cause ou cache une explication plus complexe. Le duo avec Noé ne peut qu’être explosif, les deux personnages n’ayant vraiment aucun point commun et des caractères très différents. Mais Vanitas semble avoir toujours un coup d’avantage, ce qui ne peut que exaspérer ses adversaires. Son côté grossier ne lui apporte également que des ennuis, mais n’est-ce pas plutôt un rôle qu’il joue ? Jun Mochizuki nous a habitué à parsemer sa série de faux-semblants et nous pouvons être certains que “Les Mémoires de Vanitas” n’échapperont pas à la règle, bien au contraire.

Graphiquement, les lecteurs de “Pandora Hearts” retrouveront son style pour dessiner ses personnages, mais la mangaka a également cherché à ne pas trop rappeler ses héros précédents, pour créer une oeuvre parfaitement originale. La mangaka alterne à son habitude des décors très détaillés et des cases à fond blanc mettant en avant les personnages, focalisant l’attention du lecteur sur leur action ou leurs sentiments. Sa vision d’un Paris steampunk est très intéressant tout comme le gantelet de la Sorcière incendiaire. Jun Mochizuki nous livre un premier tome des plus touffus, riche en informations mais aussi en questions sans réponse. Un premier tome aussi volumineux que le dernier tome de “Pandora Hearts” pour l’anecdote et les amateurs de statistiques qui ne servent à rien.

“Les Mémoires de Vanitas” réussissent leur entrée en matière et rien d’étonnant si l’auteur de Fullmetal Alchimist écrit sur ce tome : ’après un tel premier chapitre, je n’ai plus d’autres choix que de suivre la série jusqu’à la fin !".


Les Mémoires de Vanitas (T1)
- Auteur : Jun Mochizuki
- Traducteur  : Fédoua Lamodière
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 242 pages
- Date de parution : 6 juillet 2017
- Numéro ISBN  : 979-10-327-0121-8
- Prix : 7,90 €


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Pandora Hearts, box 1
Pandora Hearts, box 2
Pandora Hearts, box 3


© Jun Mochizuki / SQUARE ENIX CO., LTD.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
12 juillet 2017






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