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Sonja Delzongle, Hanah Baxter et le pendule
Mai 2017
Un entretien Yozone

Après « Journée d’un sniper » (une novella en 2007), « À titre posthume » (2009), tous deux publiés chez Jacques André éditeur et « Le Hameau des Purs » chez Cogito éditions en 2011, Sonja Delzongle se révèle vraiment au grand public en 2015 avec le début des enquêtes d’Hanah Baxter, une profileuse française vivant à New-York.
« Dust » en 2015, « Quand la neige danse » en 2016 et « Récidive » en 2017 paraissent chez Denoël Sueurs Froides et montrent le talent de Sonja Delzongle à tenir en haleine les lecteurs.
Au mois d’avril 2017 sont sortis simultanément « Quand la neige danse », la version poche en Folio Policier, et « Récidive », l’occasion pour la Yozone de faire un focus mérité sur Sonja Delzongle.




Sonja Delzongle sur la Yozone :
- « Quand la neige danse »
- « Récidive »


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Yozone : Bonjour Sonja, pourriez-vous brièvement vous présenter aux lecteurs de la Yozone ?

Bonjour à tous, après des études artistiques et six ans de journalisme en presse écrite, désormais auteur de thrillers et de romans noirs, je suis éditée chez Denoël qui vient de publier « Récidive », mon troisième roman dans la collection Sueurs Froides, après « Dust » et « Quand la neige danse » où l’on découvre mon héroïne récurrente, Hanah Baxter.

Yozone : D’où vous est venu le personnage d’Hanah Baxter ?

D’une inspiration soudaine et sans doute de mon inconscient, comme beaucoup de choses. Un jour que, après la parution de mon roman « Le Hameau des Purs », un thriller publié par un éditeur de Montréal, je planchais sur la prochaine intrigue, sur les premières mesures d’un morceau extrait d’une compilation très commerciale de musique lounge, un décor new-yorkais s’est imposé à moi. J’y ai tout de suite « vu » ce personnage féminin comme une évidence. De la matière brute qui, par la suite, s’est affinée en la travaillant. Façonnée comme de l’argile. Et puis, plus jeune, je comblais ma solitude d’enfant unique en créant sans cesse des histoires et des personnages qui m’accompagnaient. Peut-être Hanah existait-elle déjà.

Yozone : La confrontation père-fille semblant inévitable, les synopsis des trois tomes étaient-ils déjà écrits au démarrage de la série ?

Ils devaient être écrits quelque part, inscrits dans l’ADN d’Hanah, dans son histoire que j’ai découverte en même temps que je l’écrivais. Quant aux intrigues, leurs synopsis sont arrivés les uns après les autres. Au démarrage de la série avec « Dust », je n’avais pas la moindre idée de l’histoire de « Quand la neige danse ». En revanche, le troisième, « Récidive », est un couronnement logique et comme vous dites, inévitable.

Yozone : Rassurez les lecteurs, « Récidive » ne signifie en rien la fin des enquêtes d’Hanah ?

Seule la fin les rassurera…ou pas.

Yozone : Dans « Récidive », les rapports père-enfant figurent au centre des préoccupations avec Erwan Kardec et Hanah, ainsi qu’avec Léon Maurice et son fils le capitaine Yvan. Symboliquement, les deux doivent-ils tuer la figure du père pour exister ? Du moins, débuter une nouvelle existence ?

Pas seulement symboliquement…mais oui, en effet, « tuer » le père permet de s’affranchir de cette emprise paternelle trop forte, toxique. Symbolique illustrée d’ailleurs dans le roman par la terrible histoire du chanteur Marvin Gay, à l’inverse, assassiné par son père. Mais en réalité, le père décide, jusqu’au bout…

Yozone : L’homosexualité est également un des centres d’intérêt de « Récidive », certains ont encore du mal à l’accepter. Est-ce pour dénoncer cette intolérance et/ou pour rajouter un fil dramatique au roman qu’elle y prend une telle part ?

C’est avant tout pour parler d’une réalité. Une réalité inacceptable à notre époque. Surtout après tout le chemin parcouru. Cela rajoute forcément une dimension dramatique au roman, mais elle vient bien du réel. Lorsque j’étais en phase d’écriture, a eu lieu la tuerie d’Orlando, visant une boîte gay. La résonance que cet acte d’intolérance a eue sur moi se ressent certainement dans ma façon d’aborder le sujet. Mais comme « Dust », « Récidive », dans une trame plus psychologique, est un roman sur la différence, quelle qu’elle soit, pas seulement l’homosexualité, mais des choix de vie et l’inacceptation de cette différence dans la société et au sein-même de la famille, un thème qui me parle.

Yozone : Pourquoi le pendule qui accompagne Hanah ? Est-ce pour se démarquer des autres auteurs ? Ou parce que vous croyez à son pouvoir ?

Ce n’est pas une question de croyance, ni de volonté de me démarquer. Rechercher l’originalité à tout prix est souvent un écueil et donne l’inverse des effets escomptés… Le pendule fait partie d’Hanah, de sa personnalité. Il est en quelque sorte un prolongement, la matérialisation de son ouverture d’esprit aux domaines non conventionnels.
D’autre part, il est reconnu que la radiesthésie a des résultats surprenants en matière de recherche d’éléments comme l’eau, les métaux ou même de personnes, vivantes ou décédées. Il arrive que sur des enquêtes la police fasse appel à ces spécialistes. Pour Hanah, peut-être qu’inconsciemment, le pendule du Professeur Tournesol dans Tintin m’a influencée. Mais la ressemblance s’arrête là !

Yozone : Le Kenya dans « Dust », les États-Unis dans « Quand la neige danse » et la France dans « Récidive ». Aimez-vous voyager ?

Oui, beaucoup et l’écriture fait partie de ces voyages qui me passionnent. Une belle façon de voyager et de faire voyager.

Yozone : Dans « Quand la neige danse », Hanah déroge à ses principes de ne pas enquêter sur le sol américain. Pourtant au vu de son passé, je l’aurais plutôt imaginée refuser une mission en France, non ?

Elle a un rapport beaucoup plus ambivalent avec la France. Et, toutes ces années, elle savait son père en prison. Il n’aurait donc pas représenté un grand danger pour elle. Au contraire, son passé l’attire en France, de nouveau.

Yozone : Vous excellez pour engager les lecteurs dans des fausses pistes. Est-ce prévu dès le départ ? Ou saisissez-vous les opportunités qui se présentent en cours d’écriture ?

Est-ce à dire qu’un auteur est un opportuniste ? D’une certaine façon, oui. Si quelques pistes et fausses pistes sont déjà orchestrées, rien n’est immuable. On peut être amené à les modifier, souvent, ces changements s’imposent, dans une recherche de cohérence. Car même en brouillant les pistes, sans en abuser, il est essentiel de rester cohérent.

Yozone : D’ailleurs avez-vous une méthode de travail ? Observez-vous un rituel pour écrire ?

Mes journées sont rythmées par de petits rituels indépendants de l’écriture. Sinon, à part allumer l’ordinateur, je n’ai pas de rituels en particulier pour écrire.

Yozone : Quels sont vos projet éditoriaux dans les prochains temps ?

Une nouvelle pour un projet collectif et, bien sûr mon prochain roman dont l’intrigue me mène en Arctique, cette fois sans Hanah Baxter.

Yozone : Et sinon, auriez-vous réponse à une question que je ne vous ai pas pas posée, alors que vous l’auriez souhaité ?

Bonne question à laquelle je n’ai pas de réponse.

Yozone : Un grand merci pour votre participation.

Merci à vous de me l’avoir permise.


Propos recueillis en mai 2017 par :


François Schnebelen
12 mai 2017






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Denoël Sueurs Froides, 2017



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Folio Policier, 2017



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Denoël Sueurs Froides, 2016



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Folio Policier, 2016



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Denoël Sueurs Froides, 2015



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