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Deadly Class (T4) Die For Me
Rick Remender, Wes Craig et Jordan Boyd
Urban Comics

Marcus Lopez a déjà vécu des moments dramatiques, démentiels et horribles depuis qu’il est entré à l’Académie Kings Dominion des Arts Létaux. Mais le final qui lui est proposé pour achever sa première année « d’études » va dépasser l’entendement. N’étant pas enfant de grande famille de la pègre internationale, mais plutôt un gosse à la dérive récupéré dans les rues sordides de la ville, il est considéré comme un « rat ». Et justement, Maître Lin vient d’annoncer les modalités de l’épreuve finale des premières années : tuer un « rat » donnera le sésame pour passer dans la classe supérieure.



Il n’est plus question d’amis, d’entente, de compromis. Pour Marcus, il faudra survivre durant une semaine face aux chiens fous de sang qui sont sur sa trace. Au bout de l’épreuve alors, une place à vie lui sera attribuée. Une issue qui paraît bien improbable !

Âmes sensibles s’abstenir !

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Si les précédents albums de Deadly Class se sont implicitement installés dans un esprit de violence exacerbée, ce tome 4 est un véritable sommet dans la sauvagerie de la série. Du début à la fin de ces épisodes 17 à 21, Rick Remender a décidé d’user et d’abuser de tous les artifices possibles pour mettre en lambeaux ses personnages. Marcus, comme bien d’autres « rats », est aux abois, cherchant du soutien près de Petra et de Billy pour réussir à survivre, quand Saya et son ancien ami Willie ont tant d’avantages à le tuer. Amour, amitié, culpabilité, vengeance, tous ces mots s’entrechoquent et ne veulent plus rien dire quand le chantage, les ententes contraires et tous les pires démons des hommes se télescopent violemment.

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Qu’il a du souffrir dans sa jeunesse le Rick Remender pour pousser aussi loin le curseur de la sauvagerie meurtrière dans cette métaphore du système éducatif américain, et d’une société américaine de plus en plus hermétique aux différences.

Finies les petites histoires d’amour et les détournements des lois de l’école que se sont autorisées la bande à Marcus. Dans cette interminable scène de carnages qui traverse tout l’album, c’est l’urgence qui prédomine sans cesse, sur un rythme incroyable imposé par le scénariste. Juste calme-t-il le jeu par quelques flash-backs ou scènes d’ententes et de révélations scabreuses. Chacun tombe le masque, même si Marcus, jusqu’à un final à couper le souffle, continue à avoir foi en l’amitié.

Wes Craig toujours exceptionnel

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On succombe au dynamisme extraordinaire que met Wes Craig dans son découpage. Il y a des mises en scène tout bonnement jubilatoires. Il manie l’horreur et la dérision avec une grande efficacité. Jordan Boyd s’impose aux couleurs en place de Lee Loughridge avec un égal bonheur. Tout le monde ici est en effervescence pour livrer le meilleur sur cet univers en folie.

Où nous mènera dont cette série après cette phénoménale sarabande assassine ? Marcus a-t-il seulement la moindre chance de ne pas se faire exploser, découper ou embrocher par la meute avide de carnage ? S’il s’en sort, il aura beaucoup de blessures à panser !... Physiques et morales.
Avec ce sens de la note finale qui fait mouche et nous interpelle fortement, Rick Remender nous invite à la suite. Où va-t-il nous emmener, avec qui... tout cela excite notre curiosité !

“Deadly Class” est véritablement une série à part, furieuse, décapante et sauvage.


(T4) Die For Me
- Série : Deadly Class
- Scénario : Rick Remender
- Dessin : Wes Craig
- Couleurs : Jordan Boyd
- Éditeur : Urban Comics
- Pagination : 136 pages couleurs
- Dépôt légal : 13 janvier 2017
- Numéro ISBN : 9782365779333
- Prix public : 15 €


À lire sur la Yozone :
Deadly Class (T1 à 3)


Illustrations © Wes Craig et Éditions Urban Comics (2017)



Fabrice Leduc
1er mars 2017






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