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Prisoner & Paper Plane (T1)
Saki Akamura et [email protected]
Komikku éditions

Mort aux perdants, c’est un peu l’histoire du peuple du détenu 420... Matricule 420, ils ne sont plus que des numéros parqués dans un camp où leur seul droit est de mourir. Le détenu 420 a en plus le mauvais rôle de bouc-émissaire du capot de sa cellule, une cellule collective où chaque jour, il se lève avec la peur de ne pas survivre à la journée qui commence. Ceux qui ont le malheur de ne pas se réveiller à temps ont droit à un petit séjour dans la salle de repos, un séjour dont personne n’est jamais revenu. Que sont-ils devenus ? Certainement morts car tout est fait dans ce camp pour que vous mouriez rapidement, comme un chien. Toutefois, les matons laissent fleurir parfois un peu d’espoir, comme avec les présents. On raconte qu’avec un certain nombre de ceux-ci, il est possible de racheter sa liberté. Mais le matricule 420 n’y croit pas. La réalité, ce sont les brimades qu’il supporte de Shazna, le chef de sa cellule, qui le prive sans remords de nourriture. Pourtant 420 s’est bien que rater un repas peut être synonyme de mort. Pourtant, ce jour-là, il fit une rencontre qui changea sa vie...



Qui peut bien être cette belle jeune femme qui se promenait le long du grillage du camp ? En tout cas, son sourire redonna gout à la vie au matricule 420, lui qui n’avait plus aucune raison d’espérer. Mais sera-t-elle de nouveau là demain ? De toute façon, sera-t-il encore vivant demain ? Certes il y a cette prisonnière en charge des taches importantes de catégorie 3 qui semble s’intéresser à lui. Pouruoi ? Il n’en sait rien et puis elle est si énervante à parler tout le temps. Mais au moins, elle ne cherche pas à le piéger comme Shazna. En fait, ce dernier cherche à piéger tout le monde, surtout les plus faibles. Facile quand on est un privilégié, dans les petits papiers des matons. Il a en plus le droit de désigner un futur locataire de la salle de repos. Pourtant, un nouveau va se lever et le défier devant tout le monde. Un suicidaire qui n’a pas encore compris qu’ici, on respecte les règles ou on meurt. Mais et s’il avait raison ? S’ils devaient refuser de perdre toute dignité en obéissant à ce lâche de Shazna... Ouais, encore un fou...

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“Prisoner & Paper Plane” est un manga tiré du roman de [email protected], mis en images par Saki Akamura. Pour comprendre l’état d’esprit du scénariste, il suffit de reprendre cette phrase qu’il nous livre en fin de tome : « pour que ce manga soit publié, le sacrifice de ce garçon [matricule 420] était indispensable ». Le mangaka nous entraîne dans une nouvelle sorte de camp de concentration, où une race entière est destinée à l’extermination. Le rapprochement avec les camps de la mort nazi est immédiat, accentué par les uniformes noirs des matons, dignes des Waffen SS. Nous suivons le matricule 420, un jeune homme désabusé qui tente uniquement de survivre au jour le jour comme ses camarades de cellule. Le rythme de leur journée est réglé comme du papier à musique, avec au réveil, la dénociation des fainéants ou de ceux que le capot décide de sacrifier pour la salle de repos. On ignore ce que cache cette salle, mais si des lit s’y trouvent, ils servent certainement de lit de torture.

Les prisonniers sont tous représentés sales, couverts de blessures et de meurtrissures. Seul Shazna échappe à cette dépréciation, étant toujours représenté bien propre sur lui, pour montrer sa différence avec les autres. Le mangaka va alors prendre un malin plaisir à torturer aussi bien mentalement que physiquement ces prisonniers. Chaque espoir qu’il laissera pointer à l’horizon leur sera brutalement retiré. les exécutions sommaires seront le pain quotidien des sacrifiés. C’est alors qu’apparaît la mystérieuse jeune femme qui va bouleverser la vie du matricule 420. Toutefois, le lecteur se demande parfois si elle ne joue pas également un jeu vicieux avec le jeune prisonnier. Qui est-elle ? Pourquoi vient-elle au pied des grillages et surtout pourquoi en a-t-elle le droit ? Cett dernière ne prononcant pas un seul mot, le mystère demeure sur ses intentions envers le matricule 420.

Les personnages secondaires ponctuent très intelligemment ce monde carcéral singulier. Deux personnages représentent quelque part les deux faces de ce monde : Shazna, le capot, le pourri à la solde de l’ennemi qui ne pense qu’à provoquer la mort de ses frères de sang pour sauver sa peau, et Mayka, cette prisonnière qui, sous ses airs un peu exaspérants, aide 420 à tenir bon et va le soutenir dans sa romance folle avec l’inconnue derrière le grillage. Plus que le bien et le mal, ils incarnent l’espoir et le désespoir, le symbole de cette vie que subissent les prisonniers. Le lecteur est immergé grace à l’atmosphère créée par Saki Akamura, qui parvient à ne pas rendre la violence insoutenable visuellement mais jouant plus sur une insoutenabilité psychologique. Cela lui permet de passer de l’espoir au désespoir avec brutalité tout en restant réaliste.

“Prisoner & Paper Plane” est un manga surprenant, pouvant paraitre dérangeant, mais c’est surtout une histoire très humaine, une humanité source à la fois de sa propre destruction et de tant d’espérance.


Prisoner & Paper Plane (T1)
- Scénario : [email protected]
- Dessin : Saki Akamura
- Traducteur  : Jean-Benoit Sylvestre
- Éditeur français : Komikku éditions
- Format : 13 x 18 cm
- Pagination  : 176 pages
- Date de parution : 26 février 2015
- Numéro IBSN : 9782372870009
- Prix : 7,90 €


© SAKI AKAMURA / [email protected] 2013
© Komikku éditions- Tous droits réservés



Frédéric Leray
17 mars 2015




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