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Lady Vengeance
Film coréen de Park Chan-wook (2005)
16 novembre 2005

Après « Sympathy for Mr Vengeance » et « Old Boy », Park Chan-wook conclue sa trilogie Vengeance sur celle d’une femme. Un film inclassable, horriblement beau, implacablement humain et cruellement magnifique.

****/5



Genre : Vengeance
Durée : 1h55

Avec Lee Young-ae (Lee Geum-ja), Choï Min-sik (le professeur Baek), Kwon Yea-youg (Jenny), Kim Si-hu (Geun-shik), Nam Il-woo (Chef Choï)

Dernier volet d’une trilogie de la vengeance débutée par « Sympathy for Mr Vengeance » et poursuivie avec le succès que l’on sait par « Old Boy » (Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2004 présidé par Quentin Tarentino), « Lady Vengeance » conjugue cette fois le thème au féminin. Jolie, intelligente, Lee Geum-ja avait tout pour s’en sortir. Tout aurait été parfait si elle n’était tombée enceinte et n’avait accepté l’aide du professeur Baek. Accusée de l’enlèvement et du meurtre d’un enfant, la jeune femme est condamnée à 13 ans d’emprisonnement. Une incarcération qui va transformer la jolie lycéenne de 19 ans en une femme mue par l’unique volonté d’anéantir l’homme responsable de tous ses maux. Ce dernier n’est d’ailleurs pas resté inactif durant toutes ces années et la jeune femme, libérée, comprend qu’elle va devoir aussi compter sur les parents des victimes si elle veut obtenir vengeance et rédemption.

Si le récit de cette « Lady Vengeance » renvoie tout d’abord au kidnapping foireux de « Sympathy for Mr Vengeance », puis à l’enfermement du héros de « Old Boy » - déjà Choï Min-sik et déjà magnifique -, il n’est ni un complément aux films précédents ni une variation sur le même thème. Avec « Sympathy for Mr Vengeance », Park Chan-wook voulait confronter vengeance et classes sociales pour illustrer le malaise coréen et confondre les spectateurs entre leur sympathie pour le « pauvre » kidnappeur et leur compassion pour le « riche » papa de la victime. Moins ancré dans la réalité, « Old Boy » résulte surtout de son envie de diriger Choï Min-sik, immense acteur coréen, ce qu’il fait à merveille dans cette tragédie post-moderne où le vengeur, manipulé depuis des années, devra s’infliger sa vengeance pour être vengé. Après un premier film à l’ambiance intimiste, et un second qui versait dans l’excès, Park Chan-wook voulait conclure son triptyque sur une violence plus délicate, une vengeance élégante, une sorte de haine réfléchie et maîtrisée pouvant conduite à l’expiation, voire à la rédemption. Une réflexion qui l’amène à prendre conscience que depuis ses débuts, il cantonne ses personnages de femmes dans des seconds rôles. Il décide donc que le dernier volet de sa trilogie sanglante sera consacré à une femme : « Lady Vengeance ». Il pense immédiatement à Lee Young-ae, avec laquelle il a travaillé sur « Joint Security Area », pour tenir le rôle-titre. Il va être exaucé. L’actrice, devenue star en Asie, ne va pas hésiter à casser son image en se glissant à la perfection dans la peau de cette femme à la beauté glaciale.

Toujours virtuose, Park Chan-woo enchaîne ses plans en séquences parfaitement chorégraphiées dont chaque détail, chaque accessoire, chaque couleur vient nourrir une narration au montage toujours si particulier. Scènes de prison, flashbacks, explications, le cinéaste aime brouiller les pistes. Perte d’innocence, découverte de l’univers carcéral, le parcours initiatique de l’adolescente s’emballe en un thriller implacable qui renoue avec le drame humain lorsque les portes de la prison s’ouvrent pour sa libération. De retour dans la vie, Lee Geum-ja comprend que le professeur Baek l’a non seulement dépossédé de sa jeunesse mais également de son enfant. Ecartelée entre sa soif de vengeance et son désir de connaître sa petite fille, la jeune femme débarque en Australie pour la reprendre à ses parents adoptifs. Un voyage et une rencontre qui vont amener Lee Geum-ja à re-considérer ses plans, et le film de Park Chan-wook à basculer dans l’horreur rouge sang et l’humour noir pour un final aussi cruel que magnifique.
Un réussite pour ne pas dire un chef-d’œuvre !!!

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Chinjeolhan geumjassi

Réalisation : Chan-wook Park
Scénario : Seo-Gyeong Jeong, Chan-wook Park

Producteurs : Young-wuk Cho, Chun-yeong Lee, Tae-hun Lee
Producteurs exécutifs : Miky Lee

Musique originale : Seung-hyeon Choi, Yeong-wook Jo, Seok-joo Na
Image : Jeong-hun Jeong
Montage : Jae-beom Kim, Sang-Beom Kim
Distribution des rôles : Ju-yeol Lee
Création des décors : Hwa-seong Jo
Direction artistique : Hyeon-Seok Choi, Ji-hyeong Han
Décorateur de plateau : In-ho Oh
Création des costumes : Sang-gyeong Jo
Maquillage : Jong-hee Song
Son : Chang-seop Kim, Seok-weon Kim, Seung-cheol Lee
Effets spéciaux : Gwang-su Kim, Tae-eui Kim, Yeong-il Yu
Visual Effects : Jeon-hyeong Lee

Production : CJ Capital Investment, Centurion Investment, Ilshin Capital Investments, Korea Capital Investment, Moho Films, Samsung Venture Capital, TSJ Entertainment
Distribution : Metropolitan Filmexport

Relation presse : Pascal Launay


Bruno Paul
10 novembre 2005






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