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Monde de Fernando (Le)
Hervé Thiellement
Black Coat Press, Rivière Blanche, roman, science-fiction, 386 pages, janvier 2014, 25€

À l’origine, « Le Monde de Fernando » est paru en trois tomes entre 2005 et 2008, les deux premiers « Les Souterriens » et « Les Hybrides » ont été publiés à compte d’auteur et le dernier « Les Autres » était disponible gratuitement sous forme numérique durant un temps.
Pour cette réédition, l’auteur précise sur sa page web : « « Le Monde de Fernando » a été intégralement refondu, raccourci et rallongé, simplifié et compliqué, pour en faire un seul gros pavé, le plus digeste possible. »
Voilà qui promet...



La guerre nucléaire a bien sûr fini par frapper, les bombes à pleuvoir. Pour sauvegarder l’espèce humaine, le Programme a sélectionné des lignées pour leurs qualités, multipliant les clones par milliers sous terre pour les protéger de la radioactivité en surface.
Séparé de son groupe, Fernando, un clone de la classe des Fernand, des soldats, commence à avoir de drôles d’idées. Il en a un peu marre de vivre dans des tunnels, la curiosité le pousse à monter, à essayer de voir ce qu’il y a au-delà, même si pour cela il faut franchir le territoire des ennemis des Souterriens, les Supertaupes.
En compagnie d’une bande d’amis qu’il s’est fait dans un troquet, comme il y en a beaucoup en marge, il va franchir les obstacles jusqu’à la surface.
Débute alors la grande aventure qui va s’affranchir des frontières entre espèces, des distances, des limites de la connaissance...

Hervé Thiellement fait preuve d’une belle inventivité en la personne des clones. Chaque lignée vaut le détour, ne manque pas de saveur dans sa description. Les caractéristiques de certaines rendent cette fantastique épopée possible, notamment les Michèles, des clones d’infirmières à la cuisse légère capables de rendre l’impossible possible en terme de croisement entre espèces. Fernando, lui, est le déclencheur, le chef malgré lui, fidèle à sa Caro, une Carole aux forts attributs.
Plus ils avancent, plus leur groupe grandit, regroupe de nouvelles espèces. Heureusement, la surface a bien changé, car ils font preuve d’une certaine naïveté, contrebalancée par les nouvelles capacités développées par certains et les autorisant à s’affranchir du langage.
L’humour est partie intégrante du roman, une belle fable post-apocalyptique qui débouche sur une Terre unifiée, réconciliée.

Au fil de la lecture, on remarquera une évolution dans le style. La fin est bien plus vivante que le début. En effet, « Les Souterriens » ressemble parfois à une vaste description assez distanciée des événements. C’est fort à propos que l’humour apporte de la vie au roman. Alors que dans « Les Autres », les dialogues sont beaucoup plus présents, le rythme plus soutenu.
Par contre, on perd aussi en clarté, car les noms se ressemblent beaucoup et plus le nombre de personnages augmente, plus on peine à les distinguer, à recoller les morceaux de ceux que l’on retrouve pour les besoins du récit.
Rien de bien gênant en soi, car cette folle épopée affiche une belle ambition, séduit par ses acteurs haut en couleurs, liés par une solide amitié quelle que soit leur taille ou leur naissance. Leur innocence fait sourire, elle est communicative, nous extrait le temps d’une lecture loin de notre quotidien. Hervé Thiellement nous invite au voyage en compagnie de ces joyeux drilles et nous fait parcourir les hauts lieux de notre civilisation, celle qui a bien mal tournée.

Un petit pas pour Fernando, un grand pas pour l’humanité et un bon moment de lecture.


Titre : Le Monde de Fernando
Auteur : Hervé Thiellement
Couverture : Mike Hoffman
Éditeur : Black Coat Press
Collection : Rivière Blanche
Directeur de collection : Philippe Ward
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 386
Format (en cm) : 23 x 15,2
Dépôt légal : janvier 2014
ISBN : 9781612272580
Prix : 25 €



À lire également sur la Yozone :
- la chronique du tome 1 du Monde de Fernando : « Les Souterriens »
- la chronique du tome 2 du Monde de Fernando : « Les Hybrides »
- un entretien avec Hervé Thiellement

- « Le Dieu était dans la Lune »


François Schnebelen
1er avril 2014


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