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King’s Game (T1)
Nobuaki Kanazawa et Hitori Renda
Ki-oon

En se réveillant, Nobuaki découvre un étrange message sur son téléphone : sa classe est obligée de participer à un jeu organisé par un mystérieux roi. Ceux qui refuseront de faire ce que le roi ordonne seront punis. A cet instant, Nobuaki ne prend pas du tout au sérieux ce jeu un peu débile dont le premier défi est de voir deux de ses camarades de classe s’embrasser. Seulement, arrivé à l’école, les autres élèves de la classe ont décidé de jouer le jeu et forcer les participants à réaliser ce que demande le roi. Les défis étant assez anodins, tous finissent par accepter, mais le jour où la fille avec la plus grosse poitrine de la classe est obligée de se faire peloter les seins, cette dernière refuse de se plier au voyeurisme de ce roi, car comment peut-il savoir que le gage est bien réalisé s’il ne les épie pas ? Seulement, quand le délai imparti est écoulé, un message annonce que les deux participants ayant échoué seront pendus...



Mais quand leur professeur leur annonce le décès de leur deux camarades, les élèves sont incrédules : et si le jeu avait déjà dépassé une limite impossible à franchir dans l’autre sens ? Le journal télévisé leur confirme malheureusement que les deux jeunes ont été retrouvés pendus chez eux. Nouveau défi : deux élèves doivent faire l’amour... Seulement la jeune fille a un petit ami plutôt jaloux et le garçon désigné est un vrai geek : Daisuke. Ce dernier est bien incapable de défier Shota... Seulement quand minuit arrive, tous reçoivent le même message : le défi a été remporté. Le lendemain, c’est un Shota fou de rage qui se jette sur Daisuke. Les deux jeunes pensaient avoir sauvé leur peau en acceptant l’inacceptable, mais c’était sans compter sur la perversion du roi...

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Les édition Ki-oon aiment bien les séries à suspense où les nerfs des lecteurs sont soumis à rude épreuve : « Doubt », « L’Île de Hozuki », des titres qui commencent à donner une certaine image de l’éditeur. Avec la fin de « Judge », que nous ne regrettons pas une seconde, il fallait trouver un titre qui remette les lecteurs sous tension. Eh bien le voici : « King’s Game ».

« King’s Game » est à l’origine un roman publié sur un célèbre portail Internet. Les différents chapitres de la série ont en tout été lus plus de 30 millions de fois, un vrai record en la matière ! Son adaptation sous forme de manga était alors incontournable. Au scénario, Nobuaki Kanazawa... Non, vous n’avez pas mal lu, c’est exactement le nom du jeune héros de ce manga. Passé ce petit moment de flottement, Nobuaki Kanazawa est un romancier et il est toujours assez compliqué de passer du roman, qui laisse toute liberté en nombre de pages pour développer une intrigue, au manga qui se limite ici à 170 pages. Toutefois, l’histoire que nous conte Nobuaki Kanazawa à travers son double imaginaire est une forme de « Jacques a dit mortel » : ceux qui refusent le défi ou échouent sont irrémédiablement exécutés. Mais sont-ils assassinés ou se suicident-ils de peur ? On retrouve ici la même interpellation que dans « Ring », laissant toujours douter de l’existence du spectre qui tue à travers la vidéo.

Nobuaki Kanazawa utilise ici la peur primaire de la mort mais aussi le côté obscur qui réside en chacun de nous car les défis ne sont pas indépendants les uns des autres. Hormis le fait qu’ils concernent les élèves d’une seule classe, il utilise les frustrations engendrées par le défi précédent pour accroître la tension du suivant : le petit ami cocu se vengeant de celui qui a couché avec sa copine, Nobuaki trompant les autres élèves pour sauver son meilleur ami, rien ne leur est épargné. Il faut attendre la fin du tome pour voir les adultes s’impliquer dans le jeu à travers les policiers en charge de l’enquête sur toutes ces morts. Le suspense est bien amené, même si certaines conclusions sont assez évidentes. En tout cas, l’identité du roi demeure bien secrète et Kanazawa ne laisse vraiment aucun indice, obligeant le lecteur à subir la même pression que les élèves.

Au dessin, Hitori Renda qui se qualifie lui-même de gamer. Son style graphique rappelle fortement celui de Takeshi Obata (« Bakuman »). Ses personnages sont très vivants, parfois un peu trop exubérant avec le sur-jeu classique des acteurs nippons. Mais surtout, son style semi-réaliste crée parfaitement l’atmosphère tendue nécessaire à la série. Le rendu colle idéalement à chaque chapitre et le lecteur est totalement immergé dans le cauchemar des 32 élèves dont la photo de classe compose la première page du manga, un peu comme « Battle Royale ». Car finalement, le principe n’en est pas très loin. Le travail d’Hitori Renda donne un très bon rythme à ce premier tome qui se dévore littéralement.

« King’s Game » se compose de 5 volumes, 32 élèves... 6 morts minimum par tome ? Une première réponse dans le tome 2.


King’s Game (T1)
- Scénario : Nobuaki Kanazawa
- Dessin : Hitori Renda
- Traducteur  : Yohan leclerc
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 176 pages
- Date de parution : 14 février 2013
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-490-3
- Prix : 7,65 €


A lire sur la Yozone :
King’s Game : le nouveau jeu de la mort !


© Hitori Renda, Nobuaki Kanazawa 2010 / Futabasha Publishers Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
21 février 2013






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