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Seigneur de Lumière
Roger Zelazny
Gallimard, Folio SF, roman traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction, 394 pages, septembre 2012, 7,50€

Siddhartha, Bouddha, Mahasamatman… les noms que les gens lui donnent abondent, mais lui marque une préférence pour Sam. Il n’accepte pas la façon dont les dieux traitent la population, la privant à dessein de tout progrès, pour mieux asseoir leur position de domination.
Il faut dire qu’il les connait bien, il est arrivé parmi les premiers sur cette planète, a vécu longtemps parmi eux, avant de se rebeller et de prendre le parti du plus faible.



Avec « Seigneur de Lumière », Roger Zelazny a remporté un Prix Hugo amplement mérité. Ce roman est d’une grande richesse et, comme dans mon cas, on peut le lire à plusieurs années d’intervalle et y prendre le même plaisir, y découvrant même de nouvelles choses.

La mythologie a toujours été une source d’inspiration pour Roger Zelazny. Dans le présent cas, il installe le panthéon hindou dans un cadre science-fictif pour un résultat des plus convaincants et particulièrement réussi.
Sur une planète isolée, des hommes et femmes débarquent et se retranchent dans une cité inaccessible du commun des mortels. Du fait de leur avance technologique, ils s’affranchissent des lois de la nature, changeant de corps pour combattre le vieillissement, gagnant ainsi une forme d’immortalité. Ils règnent par la force, s’arrogeant le statut de dieux. Brahmâ, Vishnou et Shiva, voilà les trois à la tête de ce panthéon, inspiré de leur passé.
Sam reprend à son compte le combat et un discours qui a déjà fait ses preuves.

« Seigneur de Lumière » oscille entre un air de déjà-vu, selon notre connaissance plus ou moins grande de la mythologie hindoue, et la découverte. Normal, Roger Zelazny est parti d’un socle connu pour imaginer une histoire originale.
Entre évènements présents et passés, revenant sur la lutte de Sam, le récit est passionnant, nous décrivant notamment de grandes batailles avec des créatures fantastiques. Les surprises s’avèrent nombreuses, les dieux sont pleins de ressources. Technologie et croyances font bon ménage.

Les dieux et demi-dieux sont légion, il est facile de s’y perdre, surtout que certains noms se ressemblent. De plus, la mort d’un entraîne son remplacement par un autre qui prend alors cette identité, semant encore davantage le trouble dans notre esprit.
De par son ampleur, « Seigneur de Lumière » est un roman exigeant, demandant une participation active du lecteur. Mais une fois que l’on y est plongé, c’est un véritable plaisir !

Roger Zelazny a écrit un chef-d’œuvre, un livre d’une grande intelligence, montrant ce que le talent permet de faire à partir d’une histoire connue.
À lire et à relire.


Titre : Seigneur de Lumière (Lord of Light, 1967)
Auteur : Roger Zelazny
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Claude Saunier
Traduction révisée et complétée par : Thomas Day pour la version Lunes d’Encre
Premières éditions françaises : Présence du Futur (1975) et Lunes d’Encre (2009) après révision
Couverture : François Roca
Éditeur : Gallimard
Collection : Folio SF
Directeur de collection : Pascal Godbillon
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 394
Format (en cm) : 10,8 x 17,9
Dépôt légal : septembre 2012
ISBN : 978-2-07-044795-4
Prix : 7,50 €



François Schnebelen
29 octobre 2012






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