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Histoires courtes de Naoki Urasawa
Naoki Urasawa
Kana -Sensei

Yamashita est policier, mais ses vraies passions sont la musique et son groupe. D’ailleurs, il n’hésite pas à utiliser sa position pour donner des invitations à n’importe qui. Vraiment, on se demande parfois comment il est parvenu à avoir son diplome de policier vu qu’il était un crancre et même une petite frappe au lycée. Seulement, la chance est souvent de son côté, comme quand il a arrêté par hasard des voleurs en se baladant dans la rue. Mais quand il doit s’assurer du bon déroulement de la fête de fin d’année de son ancien lycée, il retrouve son passé... et plein de filles à draguer ! Ah, oui, j’oubliais, la drague est la deuxième passion de Yamashita.



A ses débuts, Naoki Urasawa a eu une chance inouïe : son éditeur lui a laissé le temps de finaliser son style et ses personnages en publiant une série d’histoires courtes. Une très bonne initiative de cet éditeur car peut-être que, sans lui, nous n’aurions jamais eu un « Monster » ou un « 20th Century Boys ». Dans ce one shot, nous retrouvons donc ce travail que réalisa Naoki Urasawa au début des années 1980. De petites nouvelles sur lesquelles l’auteur a un regard extrêmement sévère, n’hésitant pas à dire à leur sujet : « C’est horrible ! ».

Alors jetons un coup d’oeil, peut-être moins expert mais certainement avec plus de recul.

Soyons franc, les petites nouvelles mettant en scène le « Policeman » Yamashita sont les moins intéressantes de toutes. Toutefois, ce sont celles où le graphisme se rapproche le plus du style désormais célèbre du grand Naoki Urasawa. On voit bien ici que le style trop humoristique n’est pas celui qui colle le mieux au mangaka. Il est clair que l’humour est surtout un outil chez lui pour atténuer le tragique des situations dans lesquelles il place ses personnages.

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« Majutsu » est, par contre, très intéressant. D’abord, datant de 1980, on découvre un graphisme peu habituel chez Urasawa, tatonnant pour trouver son style. Par contre le scénario, avec une pincée de fantastique n’aurait pas fait tache comme script d’un épisode de la « Twilight Zone ». Un petit bijou qui se doit d’être lu par les fans de l’auteur.

Difficile de ne pas voir dans « Return », les prémices de scénario qui ont pu inspirer l’auteur pour « Pluto ». Certainement inspiré par le maître Tezuka, il nous offre une histoire humaniste entre humain et robot. Son style graphique commence à se cristalliser. Mais surtout, son talent de scénariste devient une évidence, parvenant à mélanger humour et émotion, cherchant une fin surprenante.

Peaufinant au fil des ans son dessin et ses récits, Urasawa va s’inspirer toujours aussi intelligemment de la mode des séries de super-héros « live » comme « Bioman », mais il reviendra toujours vers des histoires de gendarmes et de voleurs, prises avec beaucoup d’humour et surtout un dessin s’affirmant au milieu des années 80. On retrouvera souvent des enfants avec une place importante dans le récit. La place des enfants dans les oeuvres de Urasawa est aussi emblématique, avec évidemment « 20th Century Boys » comme ode à l’enfance et aux rêves.

Mais l’histoire qui annoncera réellement son oeuvre majeur, « Monster », est « Shinjuku Luluby ». Le ton est rude, l’atmosphère sombre, parfois même malsaine. Urasawa a fini de tâtonner, il a trouvé ici l’ambiance qu’il transcendera dans son incroyable thriller.

Oui, à travers ces quelques « Histoires courtes », c’est toute l’oeuvre de Naoki Urasawa qui y trouve ses sources. Et malgré leurs imperfections, elles sauront ravir le lecteur.


Histoires courtes de Naoki Urasawa
- Auteur : Naoki Urasawa
- Traducteur : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Kana
- Collection : Sensei
- Format : 130x 187, noir et blanc - sens de lecture original
- Nombre de pages : 576 pages
- Date de parution : 21 octobre 2010
- ISBN : 9782505012504
- Prix : 15€


© Edition Kana - Tous droits réservés


Frédéric Leray
14 novembre 2011






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