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Djinn (T10) Le pavillon des plaisirs
Ana Miralles & Jean Dufaux
Dargaud

Eshnapur, au Rajasthan, la rani (épouse du râja) Gaya Bashodra est contre la domination anglaise, personnifié par Lord Antony, le représentant du vice-roi des Indes, Lord Chelmsford. Son fils, le maharadjah croit, lui, à une collaboration entre les deux pays. Il doit prochainement épouser Tamila, fille de Radjah Sing, dont la tête est mise à prix pour rébellion contre l’empire britannique. Afin de ramener son fils à la raison, la rani confie à Jade le soin d’éduquer sa future bru à son « art » si particulier. Elle lui donne, alors, la clef du « pavillon des plaisirs ».



Dans un nouveau cycle de trois albums qui, chronologiquement, se situe après le cycle « Ottoman », Jean Dufaux nous emmène ,cette fois, dans le Raj britannique. Ce terme regroupent l’Inde britannique et les États princiers entre 1858 et 1947, comme l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh. Après le pays « Des mille et une nuits », nous voici dans « Le livre de la jungle » de Joseph Rudyard Kipling. L’Inde, terre de mystères, ses palais, ses râjas, ses tigres, ses sâdhu est berceau d’un des livres les plus connu : le kâmasûtra. Jean Dufaux ne pouvait pas y échapper.

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Nous sommes vers la fin des années 1920, Gandhi est déjà présent sur la scène politique. Les anglais, à travers les réformes Montagu-Chelmsford, veulent introduire progressivement des institutions autonomes en Inde. Le 13 avril 1919, des soldats britanniques ouvrirent le feu sur les participants à un rassemblement politique pacifique, tuant plusieurs centaines d’Indiens. Ce qui devint le massacre d’Amritsar fut un des événements qui provoquèrent le commencement de la chute de l’Empire Britannique. Dans ce contexte géopolitique bouillant, le récit de Jean Dufaux mélange la grande histoire et la petite.

Les noms utilisés pour ses protagonistes sont très proches de personnages ayant réellement existé, comme le rebelle Radjah Sing, évocation de Ranjît Singh (1780-1839) qui fut un chef sikh, unificateur et râja du Penjab. Il y a aussi Lord Chelmsford jouant son propre rôle. Frédéric John Napier Thesiger, premier vicomte de Chelmsford (1868 - 1933) était un homme d’état britannique qui a servi comme vice-roi des Indes de 1916 à 1921. Comme un jeu d’échec ou plutôt de chaturanga (considéré comme l’un de ses ancêtres éventuels), les pièces sont en place, la tragédie peut se jouer, Jean Dufaux n’hésitant pas à rajouter, pour mieux densifier son récit, une petite touche de fantastique ainsi qu’une malédiction pour épaissir le mystère.

Si un djinn existe, il est de sexe féminin et doit s’appeler Ana Miralles.
Comment ne pas être envouté par ses dessins ? Couleurs superbes, paysages magnifiques, vêtements chatoyants, volupté des corps, c’est un dépaysement total. Elle possède une sensualité au bout de son pinceau qui lui permet de livrer toute la féminité de ses héroïnes.

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Pour les amateurs, les éditions Dargaud sortent un coffret contenant le tome 10 et un jeu de tarot dessiné par Ana Miralles accompagné de son mode d’emploi (tirage de 4.000 exemplaires). Un très bon tome de démarrage pour ce nouveau cycle.


(T10) Le pavillon des plaisirs
- Série : Djinn
- Scénario : Jean Dufaux
- Dessin : Ana Miralles
- Éditeur : Dargaud
- Dépôt légal : 12 Novembre 2010
- Format : 22,5cm x 29,5cm
- Pagination : 56 pages couleurs
- ISBN : 9782505009726
- Prix public : 11,95 €


A lire sur la Yozone :
Djinn, Notes sur Africa
Djinn(T9) Le Roi Gorille


© Dufaux, Miralles ( Dargaud Benelux)



arjulu
30 septembre 2011




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