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YozoneIllustrationBrèves

Horreur dans la Ville des Sacres
Rumeur, hallucination collective ou réalité hideuse ?
Une enquête de la Fouine en Acier Inoxydable

Vendredi 15 avril au soir, d’étranges rumeurs atteignaient la capitale : une araignée géante - plusieurs mètres d’envergure - aurait été vue par des centaines de témoins, tapie sur la façade rémoise de la Cathédrale des Sacres. Dans les bureaux de la Yozone, au terme d’une réunion extraordinaire, on décida de dépêcher sur les lieux un envoyé spécial, John Bolivar de Griz alias Fouininox, bien connu du monde des enquêteurs anglo-saxons de l’occulte sous le nom de The Stainless Steel Stone Marten. Il devait être à son tour confronté à des visions impossibles.



Lorsque notre enquêteur parvint sur le parvis de la Cathédrale, la bête s’était échappée, mais elle rôdait, disait-on, à travers les rues. Notre enquêteur n’eut pas à aller très loin : les clameurs de la foule, les hurlements d’horreur et la débandade généralisée, dans la rue du Trésor adjacente à la cathédrale Notre Dame, indiquèrent à Fouininox la direction à prendre. Héroïquement, remontant à contre-courant et au péril de sa vie le torrent humain, John Bolivar de Griz vit bientôt se profiler la bête hideuse, qui remontait impavide la rue Carnot en direction de la Place Royale.

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Quelques minutes plus tard, le monstre avait atteint la Place du Forum. Une foule nombreuse y psalmodiait des incantations destinées à l’Ombre de la Bête. S’agissait-il d’un rite innommable façon Howard Philips Lovecraft, ou de quelque chose de bien pire encore ?

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Notre enquêteur suivit la Bête à travers la ville. De la gueule de celle-ci s’échappaient des vapeurs acides et son opercule caudal projetait des substances délétères. Depuis les toits, des résistants ouvraient le feu au fusil de chasse ou à la vielle mitraillette Sten récupérée au fond des placards. En vain. Le Monstre semblait indestructible.

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Plus loin, lorsque l’araignée géante surgit de l’ombre profonde du contre-jour, il apparut que sa structure était d’acier, et que des humanoïdes juchés sur sa silhouette répugnante guidaient ses mouvements. S’agissait-il d’une concrétisation dans le monde réel de la Guerre des Mondes de l’écrivain Herbert Georges Wells, les araignées mécaniques remplaçant les tripodes de cette invasion déjà classique ? D’autres monstres allaient-ils apparaître pour bientôt détruire la ville et asservir ses habitants ?

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Mais ne s’agissait-il pas plutôt d’un poisson d’avril à retardement, d’une foucade canularesque ou d’une très banale surpercherie ? Deux jours durant notre enquêteur pista le monstre, interrogea des témoins, recoupa les indices. Las, la réalité devait être d’un prosaïque bien décevant.

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Le Monstre était en fait une banale attraction destinée à amuser la foule, le jour même de l’inauguration du tramway. Par centaines, des badauds s’engouffrèrent dans le reptile mécanique, enchantés d’être parmi les premiers à profiter de cette nouveauté de la science. En sinuant, cet autre monstre de métal s’éloigna, emportant dans ses flancs des légions d’innocents. A ce jour, nul ne sait ce qu’ils sont devenus. Notre envoyé spécial poursuit son enquête.


Hilaire Alrune  




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