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Dorian Gray
Édition DVD Simple - E1 Entertainment - Aventi Production
1er septembre 2010

Par l’intermédiaire d’une peinture en forme de portrait, Dorian Gray, jeune homme beau et innocent, découvre qu’il peut se permettre tous les plaisirs sans que son corps et son image publique n’en souffrent une seconde... Tout l’inverse de son portrait qui devient peu à peu l’immonde reflet vicié d’une âme empoisonnée par le mal !

Une édition Direct to Video bienvenue pour cette adaptation anglaise réussie du roman de Oscar Wilde dans un transfert numérique DVD est de très belle qualité (à souligner).



LE SUJET


À l’époque victorienne, Dorian Gray à peine sorti de l’adolescence, débarque à Londres. Beau, naïf et innocent, il fascine par son pouvoir de séduction inconscient, l’artiste Basil Hallward qui peint superbement son portrait, attirant aussitôt tous les regards et l’attention de l’aristocratie locale sur la personne du jeune homme
Entretemps, Dorian Gray rencontre un misanthrope provocateur, Henry Wotton qui lui fait découvrir les plaisirs de la vie, même les plus pervers.
Si rien ne semble effleurer ou tâcher Dorian Gray, il n’en est pourtant pas de même de son portrait qui se dégrade jour après jour, absorbant le poids de ses péchés tout en le protégeant du temps qui passe.
Recevoir un tel don du ciel et si mal l’exploiter transforme pourtant l’étrange relation qu’entretient Dorian avec son portrait en une malédiction dont il devra bien payer le prix.

CE QUE L’ON EN A PENSÉ


Parfois une édition Direct to Video réserve de très bonnes surprises. Ainsi en est-il de ce « Dorian Gray », adaptation tout à la fois libre (dans ses excès) et fidèle (dans son analyse morale) du récit de l’écrivain irlandais Oscar Wilde.
Classique parmi les classiques de la littérature mondiale du 19e siècle, « Le Portrait de Dorian Gray » choqua la critique lors de sa parution, mais fascine les lecteurs depuis plus d’un siècle. Analyse au vitriol d’une société victorienne qui cachait ses turpitudes tout en mettant en avant une image virginale de sa morale, l’œuvre littéraire est aussi devenue une vision quasi presciente de la grandeur et de la chute de l’écrivain, qui de coqueluche du tout Londres en devint le mouton noir de par la révélation de son homosexualité.

Il faut ici reconnaître à la réalisation du très britannique Oliver Parker ainsi qu’au scénario de Toby Finlay de presque toujours viser juste grâce aux qualités réelles de leur travail respectif.
La distribution est également de belle tenue et tous les acteurs sont très intelligemment dirigés. Ben “Prince Caspian” Barnes (Dorian Gray) incarne parfaitement le sulfureux éphèbe, Ben Chaplin (le peintre Basil Hallward) propose un personnage troublé parfaitement crédible et Colin Firth s’imprègne assez finement de Lord Henry Wottom malgré le caractère outré (et quasi démoniaque) que le scénario lui réserve.
Si les rôles féminins (Rebecca Hall, Rachel Hurd-Wood, Fiona Shaw, Emilia Foxx, Caroline Goodhall, etc) sont plus anecdotiques que dans le roman, on apprécie aussi que chaque interprète parviennent à transcender l’essence de son personnage pour faire apparaître les nombreuses blessures que Dorian Gray leur infligera.
Évidemment, les puristes regretteront que le sexe soit le principal vecteur des turpitudes de l’âme dans le film, ce qui n’était pas le cas dans le roman, tout comme certains aspects fantastiques appuyés tirant sur le démoniaque. Des principes narratifs ignorés par Oscar Wilde tant l’époque ne les aurait point toléré ainsi associés à la charge anti morale -carabinée par ailleurs.
On avoue par contre un petit faible pour trois créations du scénario : la soudaine et franche mise en avant d’une relation homosexuelle entre le peintre et son modèle. La transformation osée du portrait en quasi double démoniaque dont on ne sait plus trop s’il influence Dorian Gray ou s’il n’est que l’immonde papier buvard de ses péchés. La belle idée scénaristique transformant les fiacres du 19e siècle en rutilantes automobiles du début du 20e afin de suggérer le passage des vingt-cinq années qui n’auront pas effleuré le beau Dorian Gray.

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Décors recherchés, somptueux costumes, lumières et photographie de très belles tenues, effets 3D convaincants -même si le transfert DVD semble quand même parfois aplanir en image 2D les architectures londoniennes d’époque- on est plusieurs fois surpris par la remarquable qualité technique et artistique du film.
D’abord curieux du sort réservé à cette adaptation, on sort de ce « Dorian Gray » convaincu d’avoir passé un très bon moment qui range le film dans les excellentes surprises de cette rentrée 2010.

LE DVD


Côté image (1.85:1) et son (DD 5.1), on ne peut que saluer la très belle performance technique réalisée qui place la barre très haut pour l’édition blu-ray parue au même moment.
Si les bonus n’ont pas été négligés dans cette édition (Making-Of, Effets Spéciaux, Costumes, Maquillages, etc) on est au final un peu déçu par ce que l’on verra, le menu présenté, alléchant et engageant (trop ?), s’avérant plus copieux à lire qu’à déguster.
Néanmoins, on naviguera sur des petites choses assez intéressantes et l’aspect “monde des Bisounours” auquel nous avons droit à l’habitude via des interviewes convenues est au moins ici finement présenté, chacun avouant son respect pour le texte original plutôt que de s’esbaudir du remaaaarquable travail réalisé par ses collègues de tournage.

CONCLUSION


Depuis l’adaptation de Albert Lewin en 1945 (The Picture of Dorian Gray, N&B, à voir absolument), on attendait un « Portrait de Dorian Gray » cinématographique de bonne tenue. Presque un an après sa sortie en salle en Angleterre, on le tient enfin en Direct to Video et dire que l’on ne s’y attendait pas est un doux euphémisme.
Comme cette édition DVD s’avère en plus largement au-dessus de la moyenne technique des parutions du moment, on ne peut qu’encourager la découverte de ce bon film séance tenante.

DORIAN GRAY
ÉDITION SIMPLE DVD

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Dorian Gray
Film fantastique britannique (2009)
Durée : 1h52’
Sortie en salle France : Direct to video (DVD & BR)
Sortie en salle Angleterre : 9 septembre 2009 (09.09.09 !)

Réalisateur : Oliver Parker
Scénario : Toby Finlay
D’après le roman de : Oscar Wilde (Le Portrait de Dorian Gray)
Producteur : Barnaby Thompson
Coproductrice : Alexandra Ferguson
Producteurs exécutifs : Paul Brett, Simon Fawcett, James Hollond
Xavier Marchant, Sophie Meyer, Charles Miller Smith, Tim Smith
James Spring
Directeur de production : John Beard
Photographie : Roger Pratt
Décors : Niamh Coulter
Costumes : Ruth Meyer
Montage : Guy Bensley
Mixage : Mark Holding
Musique : Charlie Mole
Effets spéciaux : MPC
Superviseur des effets spéciaux : Mark Holt
Production : Ealing Studios (G.-B.)

Distribution : Ben Barnes (Dorian Gray), Colin Firth (Lord Henry Wotton), Ben Chaplin (Basil Hallward), Rebecca Hall (Emily Wotton), Rachel Hurd-Wood (Sybil Vane), Fiona Shax (Agatha), etc.

Édition DVD
Format image : 1.85:1
Format TV : 16/9 compatible 4/3
Son : Anglais (original) et Français en DD 5.1 (bonus en stéréo)
Sous-titres : Français
Chapitres :

Bonus
Making of (VOST, 19’) : petit doc surtout centré sur le respect du roman et le travail scénaristique réalisé pour son adaptation. On apprécie les nombreuses révérences des acteurs à l’œuvre littéraire.
Maquillages et costume (VOST, 2’17’’)
La Peinture (VOST, 1’25’’)
Le Marché de Smithfield (VOST, 2’10)
Effets spéciaux (VOST, 4’15’’) : 4 bonus beaucoup trop courts (on attendait plus et mieux)
Galerie de constumes (1’25’’)
Scènes supprimées (VOST, 6’) : une bonne moitié de ces scènes auraient mérité d’être dans le montage final (opinion personnelle)
Bêtisier (VO, 9’25’’) : attention, on ne s’explique pas l’absence de sous-titres qui rendent l’exercice incompréhensible pour les non anglophones ! Étrange... (erreur ou oubli ?).

Production : E1 Entertainment
Distribution (DVD & BR) : Aventi Production
Référence : Asin B003TL0KTI
Parution (DVD & BR) : 1er septembre 2010
Presse : Darkstar (Paris)
Prix conseillés : 14,99€ (DVD) - 19,99€ (BR)

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© DVD & BR : E1 Entertainment - Aventi Distribution (2010)


Stéphane Pons
8 novembre 2010






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