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Kinatay
Edition simple DVD – France Télévision
6 octobre 2010

Il et rare dans nos pages dédiées à l’imaginaire et au cinéma de genre de pouvoir chroniquer la sortie DVD d’un prix de la mise en scène à Cannes. « Kinatay » est donc l’exception que l’on aimerait devenir règle. Il faut dire qu’en 2009, le Jury présidé par Isabelle Huppert avait fait très fort en récompensant « Le Ruban Blanc » (Palme d’Or), « Thirst, ceci est mon sang », « Antichrist », « Inglorious Basterds », « Le prophète » et donc cet étonnant « Kinatay » (Massacre en Philippin), une plongée hyperréaliste dans les bas fonds Manille, le racket, la prostitution et sa corruption policière.



Il et rare dans nos pages dédiées à l’imaginaire et au cinéma de genre de pouvoir chroniquer la sortie DVD d’un prix de la mise en scène à Cannes. « Kinatay » est donc l’exception que l’on aimerait devenir règle. Il faut dire qu’en 2009, le Jury présidé par Isabelle Huppert avait fait très fort en récompensant « Le Ruban Blanc » (Palme d’Or), « Thirst, ceci est mon sang », « Antichrist », « Inglorious Basterds », « Le prophète » et donc cet étonnant « Kinatay » (Massacre en Philippin), une plongée hyperréaliste dans les bas fonds Manille, le racket, la prostitution et sa corruption policière.

LE SUJET

Pour nourrir sa famille, Peping, un jeune étudiant en criminologie, accepte de faire le coursier pour un gang de Manille. Un soir, son contact (un ancien camarade de classe) l’invite à rencontrer le chef et à se joindre au reste de l’équipe pour une « mission spéciale » très bien rémunérée.

CE QUE L’ON EN A PENSE

Brillante Mendoza n’en est pas à son coup d’essai. Sa filmographie est déjà bardée de Prix obtenus dans de festivals internationaux, même si « Serbis » (son précédent film) n’avait pas convaincu la croisette, en 2008, lors de la première sélection du cinéaste philippin à de Cannes (je me garderai de tout commentaire ne l’ayant pas vu). Qu’à cela ne tienne, de retour l’année suivante, en 2009 donc, Brillante Mendoza rafle cette fois le prix de la mise en scène avec « Kinatay ». Un prix loin d’être démérité pour un film noir de chez noir aux partis pris artistiques et narratifs osés et redoutablement efficaces. En effet, bien que les événements ne se déroulent pas en 24 heures, le film de Brillante Mendoza donne l’impression de s’étirer sur une seule journée. Il débute, telle une chronique sociale, dans la joie et la lumière du jour avec le mariage de Peping. Peping que l’on retrouve quelques heures plus tard, dans l’amphithéâtre baigné dans la lumière de l’après-midi où il suit ses cours de criminologie. On dit souvent qu’à la tombée de la nuit tout se métamorphose. Mendoza fait l’impasse sur la période dite entre chien et loup. Le temps d’un magnifique plan sur le couchée de soleil et la nuit est tombée. Certes, Peping ne s’est pas métamorphosé en loup-garou ou en tueur sanguinaire, mais le jeune aspirant flic, à qui on donnerait le bon dieu sans confession, n’en récolte pas moins les bakchichs des revendeurs de souvenirs illégaux pour un gang local.
Le récit bascule quelques minutes plus tard, lorsque Peping, ne pouvant refuser, se retrouve dans le van de la bande pour une mission très spéciale. Une nuit en enfer où le jeune homme se retrouve complice malgré lui d’un enlèvement, d’un passage à tabac, d’un viol, d’une mise à mort et du dépeçage de la victime. Une horreur, comme l’annonce le titre philippin du film (Kinatay veut dire massacre).

Ici pas d’action débridée, d’exposition de violence ou de torture. Si on assiste effectivement au démembrement de la victime, ce n’est pas en tant que spectateur voyeur mais en tant que témoin solidaire du purgatoire de Peping. C’est d’ailleurs là que réside la grande force du film. Dans le lien d’empathie que la caméra de Brillante Mendoza créé entre le spectateur et son protagoniste. En ce sens, les longues séances de déplacement silencieux à bord du van des voyous, les plans sur la route qui défile, le reflet d’un phare dans le rétroviseur ou les gros plans sur le visage de Peping, de plus en plus perdu et effrayé, renforcent l’aspect immersif du métrage et dégagent un réalisme particulièrement troublant, faisant de ce « Kinatay » une expérience cinématographique dont on ne ressort pas indemne. Du grand art.

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KINATAÏ
SIMPLE DVD – DVD TEST

Comme souvent avec les sorties France Télévision, s’il y a peu à redire sur la qualité de transfert numérique du film, les bonus de la galette ne sont pas à la hauteur de l’œuvre qu’il complète.
On a certes droit à la bande annonce, un panorama textuel sur le cinéma philippin, les filmographies (également textuelles) de Brillante Mendoza, Coco Martin et Maria Isabel Lopez, ainsi qu’un chapitre KINATAY à Cannes : une interview de Brillante Mendoza (enfin 2 minutes 21 enregistré à Cannes), la montée des marches de Quentin Tarantino (sans intérêt), la montée des marches de l’équipe du film (mmouais) et la remise du prix de la mise en scène à Brillante Mendoza par Terry Gilliam (Heu, c’est un DVD de « Kinatay », ou un DVD sur Cannes). Bref, pas grand-chose d’intéressant. , .

Édition simple DVD
Version française et version originale sous titrée : 2.0 et 5.1.
Éditeur
 : France Télévision Distribution
Sortie : 6 octobre 2010
Prix conseillé : 19,99€

Réalisation : Brillante Mendoza
Scénario : Armando Lao
Musique : Teresa Barrozo
Distribution : Coco Martin (Peping), Julio Diza (Vic), Mercedes Cabral (Cecille), aria Isabel Lopez (Madonna), John Regala (Sarge), Jhong Hilario (Abyong)

BONUS

Le film chapitré (12 chapitres)
La bande annonce
Kinatay à Cannes
- interview Brillante Mendoza (2’21)
- Projection officielle du film à Cannes – Quentin Tarantino vient voir le film
- Projection officielle du film à Cannes – La montée des marches de l’équipe du film
- Remise du prix de la mise en scène
Panorama du cinéma philippin
Filmographie de Brillante Mendoza, Coco Martin, Maria Isabel Lopez



Bruno Paul
22 octobre 2010






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