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Troisième Testament (Le), Julius (T1)
Alex Alice, Xavier Dorison, Robin Recht
Glénat

Alexandrie, 30 ans après la mort du Christ. Julius Publius Vindex, légat de Rome, est envoyé dans cette lointaine contrée afin de mater une rébellion. Devant la puissance des légions romaines, les juifs d’Alexandrie vont devoir courber l’échine. Mais Julius veut faire un exemple et surtout broyer les velléités de cette nouvelle religion au dieu unique, de ces chrétiens. Et pourtant, l’un d’eux va l’intriguer, un prisonnier qui va oser refuser d’abjurer sa foi.
De retour à Rome, Julius est accueilli comme un héros, même s’il va devoir porter le peu glorieux surnom du boucher d’Alexandrie. Mais qu’importe, il est de retour là où tout se joue. Et si une personne est folle de joie de le retrouver vivant, c’est bien sa fille Livia. Sa plus grande joie et la cause de chute...



Julius est ambitieux, très ambitieux. Et ses exploits dans les déserts de Judée ont fait mûrir en lui un plan. Il est temps de rebatir Rome à l’image qu’il s’en fait, un immense feu de joie qui permettra à lui et ses amis de devenir les maîtres de la cité. Et les boucs-émissaires pour cette catastrophe sont tout trouvés : les chrétiens ! Ces lâches comme celui qu’il garde auprès de lui et qui le regarde avec une pitié inacceptable. Malheureusement pour Julius, sa fille est témoin de son discours et pour elle, il n’est pas question de laisser des innocents se faire massacrer et elle va purement et simplement trahir la chair de sa chair. Pour Julius, c’est la déchéance, la galère et l’exil en Galilée. Mais dans les mines de soufre, il va apprendre qui est réellement ce dieu unique par l’intermédiaire de son bien mystérieux esclave.

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C’est en 1997 que le duo Alex Alice et Xavier Dorison sort le premier tome de leur série “Le Troisième Testament”. Cet énorme succès servira de tremplin à de nombreuses séries ésotériques ou revisitant les mythes chrétiens. Toutefois, les deux auteurs avaient conscience, dès le départ, que 4 tomes ne suffiraient pas à développer entièrement leur oeuvre. Alors 13 ans plus tard, les deux auteurs vont s’attaquer au personnage de Julius, ce mystérieux romain qui ramena le terrible Troisième Testament, recélant le prénom du frère du Christ.

Nous voici donc à l’époque de l’empire romain pour suivre celui qui devait prendre l’image d’un saint dans la série d’origine : Julius. Pourtant, c’est celle d’un être sans pitié, arriviste, égoïste, qui nous est dépeinte, mais un homme qui va rencontrer celui qui va totalement bouleverser son existance. Et en un seul album, Julius va passer de la gloire à la déchéance. Trois chapitres, représentant trois évolutions du personnage : la gloire, l’exil, l’éveil. On pourrait croire qu’Alice et Dorison mènent leur récit tambour battant, pourtant le lecteur n’a pas l’impression d’un rythme si effréné. Certes, nous allons passer d’Alexandrie à Rome, pour revenir en Judée en un temps record, mais le récit reste parfaitement fluide, nous dépeignant calmement les principaux acteurs. Je mettrais peut-être un bémol sur le troisième chapitre qui, par contre, va mettre en scènes des acteurs sans trop de consistance, surtout présents pour mettre en valeur Julius et le mystérieux « frère du Christ ».

Et si ce personnage est auréolé de mystère, même de mysticisme, son identité ne sera réellement révélée qu’en fin de tome. Un vrai faux cliffhanger qui ne surprendra que les lecteurs vierges de la lecture de la saga du “Troisième Testament”. Les scénaristes sont même vraiment très discrets sur ce qui est pourtant le coeur de cette suite, ce qui pourrait paraître un blasphème pour certains, une hypothèse pour d’autres, une simple invention d’auteur pour un troisième parti, puisque 3 est le chiffre de cette histoire.

Cette fois, Alex Alice laisse sa place au dessin à Robin Recht. Et dès les première page, pour ne pas dire dès la somptueuse couverture, le lecteur va comprendre que ce choix est excellent. Tout en gardant l’esprit des dessins d’Alice, Recht va imprimer sa patte, avec des personnages très expressifs et imprimant la force nécessaire à ses planches. Plutôt composées de petites cases, pour suivre le rythme imposé par les deux scénaristes, il va à la fois créer des décors bluffant avec sa Rome antique comme plus simples mais jamais simplistes avec le désert de Judée. La colorisation finalise parfaitement ce premier tome accrocheur et réellement prenant de ce préquelle au “Troisième Testament”.

Avec “Julius”, Alex Alice et Xavier Dorison ont réellement donné une deuxième vie, un second souffle à leur série, avec aussi un point fort : nul besoin d’avoir lu “Le Troisième Testament” pour être passionné par “Julius”. On sent aussi que ce premier tome est peut-être le plus facile car n’abordant qu’en surface le fameux secret que recèle le Troisième Testament : ce frère du Christ. Et le deuxième tome sera certainement crucial pour confirmer l’excellente impression donnée par ce premier volume.


Le Troisième Testament, Julius (T1)
- Scénariste : Alex Alice et Xavie Dorison
- Dessin et couleurs : Robin Recht
- Couleurs : François Lapierre
- Éditeur français : Glénat
- Collection : Grafica
- Format : 240x 320
- Pagination : 80 pages
- Date de parution : 29 septembre 2010
- Numéro ISBN : 2-7234-6447-5
- Prix : 14,99 €


© Edition Glénat - Tous droits réservés


Frédéric Leray
23 octobre 2010






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