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Dernier des Mohicans (Le)
Cromwell et Catmalou d’après l’oeuvre de James Fenimore Cooper
Noctambule

Courir ! C’est tout ce que l’on me demande. Transmettre un message au général Webb en traversant les lignes françaises, que du plaisir ! Mais surtout, il faut que j’évite ces maudits Hurons et les Ottawas. Il faut que je prévienne le général mais surtout les filles du colonel Munro. Mais ce n’est pas vraiment mon jour, car le destin va me faire croiser le chemin de Magua, un tueur sadique Huron... Pour les filles du colonel Munro, le destin sera plus clément car elles vont croiser le chemin de Chingachgook et son fils Uncas, des Mohicans.



C’est en 1826 que paraît “Le Dernier des Mohicans” de James Fenimore Cooper. Le récit se déroule durant la guerre de 7 ans, opposant les ennemis de toujours : Anglais contre Français. “Le Dernier des Mohicans” est en fait le deuxième tome de la saga de Bas-de-Cuir. Comme toutes les œuvres qui ont marqué leur temps, “Le Dernier des Mohicans” a vu de multiples adaptations, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en BD, en particulier celle de George Ramaïoli en 1997 aux éditions Soleil. Alors comment Cromwell allait-il relever ce défi de se lancer dans l’adaptation de cette œuvre archi connue ?

Eh bien, de la plus belle des manières ! Tout d’abord, ce n’est pas une adaptation fidèle au mot près comme les récentes éditions d’“Alice au Pays des Merveilles”, mais bien d’une libre réécriture de l’œuvre. Et pour le scénario, Cromwell s’est associé à Catmalou. Un scénario à quatre mains mais sans story board, Cromwell faisant évoluer son histoire au fil de ses dessins, de ses flashs et au final, transmettant ses visons à la jeune scénariste pour obtenir au final une BD à double vitesse. Un début entre guillemets « lent », associé à beaucoup de pleines pages et de double pages, peu de dialogues ou de commentaires, un faux rythme car l’action n’en est pas moins omniprésente. Puis une accélération assez soudaine en fin de tome avec des pages où se multiplient les cases et où le texte prend soudain une place importante. Ce changement va certainement étonner le lecteur mais c’est bien le but de Cromwell, jouant sur le nombre croissant de cases pour montrer l’importance de ces scènes finales, activant un suspense intensifié par la rapidité du défilement des images, un découpage proche du dessin animé. Cromwell avoue lui-même avoir voulu encore plus diviser ses planches mais nombre de pages oblige...

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Mais si le scénario est bien sûr important dans une histoire, “Le dernier des Mohicans” sort totalement du lot de la classique BD par un dessin surprenant et prodigieusement beau. Car soyons réalistes, ce ne sont pas des planches mais de véritables œuvres d’arts, des bijoux de peinture qui illustrent ce récit. Oubliez les hideuses couleurs issues des palettes graphiques (j’ai assez pesté sur certaines sorties des éditions Soleil sur cette thématique), oubliez le découpage classique des planches, oubliez les bulles et les cases. Cromwell a jeté le classicisme de la BD pour nous offrir une œuvre hors du commun, avec uniquement des peintures acryliques. Aucun crayonné, c’est du pur premier jet, quitte à déchirer un dessin qui ne collait pas dans le cadre de l’imaginaire de Cromwell. C’est un rêve d’enfant qui se réalise pour le dessinateur, 2 ans et demi de sa vie prend enfin forme dans cette BD... Non ce beau livre... Non ce roman graphique... En fait, “Le Dernier des Mohicans” est tout à la fois ou plutôt, il est inclassable.

On pourrait accumuler les superlatifs pour décrire ce petit bijou, cette éclate total de Cromwell. Oui messieurs les éditeurs, il faut savoir lâcher la bride des talentueux dessinateurs et scénaristes pour les laisser se déchainer comme bon leur semble et les laisser nous créer des œuvres uniques comme ce “Dernier des Mohicans”.


Le Dernier des Mohicans, librement adapté du roman de James Fenimore Cooper
- Scénario  : Cromwell et Catmalou
- Dessin et couleurs : Cromwell
- Éditeur : Soleil
- Collection : Noctambule
- Dépôt légal : 28 avril 2010
- Format : 203 x 282 mm
- Pagination : 120 pages couleurs
- Prix public : 17,95 €
- Numéro ISBN : 2-30200-723-9


© Editions Soleil - Tous droits réservés


Frédéric Leray
9 mai 2010






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