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Saint Ange
Édition DVD simple : TF1 Vidéo
24 février 2005


Genre : Fantastique (fantômes)
Durée : 1h37 (approx pour le film).

France, 1958. Anna (Virginie Ledoyen), jeune femme de ménage qui tente de cacher sa grossesse est recrutée afin de nettoyer l’orphelinat de Saint Ange. Perdue dans les Alpes françaises, cette immense bâtisse a hébergé des générations d’orphelins dont certains sont morts dans des circonstances étranges. À peine arrivée, Anna est persuadée d’entendre des bruits, des voix, de sentir des présences...D’abord troublée par ces sensations puis hypnotisée par sa quête, elle va tenter de découvrir l’étrange secret enfoui dans ces lieux.

Premier film de Pascal Laugier coproduit par Christophe « Crying Freeman - Le Pacte des Loups » Gans, « Saint Ange » regorge d’allusions et de révérences à plusieurs grands classiques du cinéma fantastique ou d’épouvante. On pense ainsi bien souvent à «  La Maison du Diable  » de Robert Wise ou à Les Autres qui s’est imposé comme l’archétype moderne du cinéma de revenants. « Saint Ange » est donc un film à l’esthétique volontairement travaillée dont la fin ne surprendra pas les habitués de ce type de cinéma. Mené avec une assez grande maîtrise, on remarquera néanmoins que tout en payant son tribut aux films précédemment cités, cette œuvre tire aussi dans la même catégorie que le « Shinning » de Stanley Kubrick. Visions troublées sur l’architecture d’un lieu où l’âme de l’héroïne ne peut que se perdre. Incontestablement, le réalisateur savait exactement où il voulait aller et tente d’y amener le spectateur avec les moyens (corrects) à sa disposition. Le casting efficace et 100% féminin (Virginie Ledoyen, Lou Doillon, Catriona MacColl & Dorina Lazar) remplit parfaitement son rôle, les décors sont bien ciblés et une réelle ambiance angoissante suinte des murs. Points communs volontaires au cinéma asiatique contemporain ou hasards créatifs, l’eau et les cheveux ont également une grande importance visuelle dans la montée des phénomènes d’outre tombes.

Réalisé avec beaucoup de soin, « Saint Ange » pêche néanmoins par un certain manque de rythme ainsi que par une stylisation excessive et souvent inutile -sinon pour le plaisir des yeux- de la narration. La première demie-heure, destinée à planter l’ambiance, paraît un peu longuette et maniérée.

Le tout est un résultat respectable qui retiendra surtout l’attention des passionnés d’un cinéma assez réfléchi et plutôt lent. Si vous cherchez un film choc et enlevé, « Saint Ange » vous décevra. Votre appréciation finale dépendra donc autant de vos goûts que d’un jugement purement cinéphilique
L’édition DVD est très correcte (pas de version commentée par le réalisateur cependant), avec un excellent transfert qui rend justice au travail réalisé sur l’image et un court -mais parfait- « Making of ».

Stéphane Pons

FICHE TECHNIQUE

Saint Ange (édition simple DVD)
Classification : Interdit au moins de 12 ans
Fiche Technique et critique film sur la Yozone : ici
Distribution : TF1 Video
Presse : Stéphane Ribola (Miam Communication)
Éditeur : ARP
Prix indicatif : 19,90 euros
_ CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
DVD : Simple face et double couche (6,95 Go), Pal, Zone 2.
Menus d’accueil : Français. Accueil et animations tirées du film.
Format image : 1.85 original respecté rendu en format vidéo 16/9 compatible 4/3.
Format Son : Français en 5.1 Dolby Digital et DTS.
Sous-titre : néant
Chapitres : 15 chapitres

BONUS
Making Of : Excellent documentaire. Pour une fois les interviews ne sont point trop convenues.Cerise sur le gâteau, le réalisateur explique parfaitement ses motivations et ses intentions (26’ approx.).
Bandes-annonces : films ARP (Saint Ange, 21 Grammes, Mr Ibrahim et les fleurs du Coran, Les Sentiments, Ma vie sans moi et La Mémoire du Tueur).
Internet : liens vers http://www.arpselection.com (éditeur) et http://www.tf1video.com (distribution).

APPRÉCIATION GLOBALE
Film d’ambiance et de fantômes où la lenteur est conçue comme un atout, « Saint Ange » est ici proposé dans une édition tout à fait correcte. Un travail qui respecte le téléspectateur et le film dans sa version ciné. Un cinéma esthétique et travaillé.


Stéphane Pons
21 mars 2005






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