YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Pluto (T1 à 3)
Naoki Urasawa – Osamu Tezuka
Big Kana

Mont Blanc est l’un des 7 robots les plus forts du monde et pourtant les débris de sa carcasse sont retrouvés dans la foret. Le site semble avoir été ravagé par une tornade et la version officielle attribuera sa mort à ce phénomène. Mais la police n’y croit pas, surtout que sa tête est retrouvée affublée de cornes. Mais cette mort n’est que la première d’une longue série et plus grave encore, la deuxième victime sera humaine. Aucune trace de l’agresseur. Et si l’assassin était un robot ? L’enquête est confiée à un as d’Europol, le robot policier Gesicht. Très vite, son investigation le ramène à un triste passé de l’humanité, le 39ème conflit en Asie centrale. Et Gesicht a doublement intérêt à découvrir qui est à l’origine des meurtres : il a combattu en Asie et il est l’un de ces 7 robots.



Quand en 1952, Osamu Tezuka crée son personnage d’Astro Boy et lui donne comme date de naissance le 7 avril 2003. Pour fêter la naissance de ce héros emblématique du père du manga moderne, les éditions Tezuka ont choisi de travailler à une nouvelle série télévisée, un nouveau film d’animation et une adaptation d’une histoire de la série : “Le Robot le plus fort du Monde”. Pour travailler à ce nouveau manga, Tezuka Production choisit un illustre successeur au maitre. Il s’agit de Naoki Urasawa, le père de la série devenu culte “Monster” mais aussi de “20th Century Boys”. S’attaquer à une œuvre d’un monstre sacré comme Tezuka n’est jamais simple et il faut passer les barrages des héritiers du maître, en particulier son fils Macoto. Toutefois, avec une telle référence, Macoto n’a pu que donner son accord et a même aidé à superviser ce nouvel ouvrage.

En associant de telle pointure, le résultat ne pouvait qu’être de grande qualité. Et c’est bien évidemment le cas. Naoki Urasawa a donc repris le scénario original de Tezuka pour le transformer en véritable thriller policier. Nous suivons tout d’abord Gesicht et ne verrons l’apparition du jeune Astro qu’à la toute dernière page du premier tome. Contrairement à la nouvelle de Tezuka, le mystère sur l’identité de l’assassin est entier et nous progressons à la même vitesse que Gesicht, analysant les preuves et récupérant des informations grâce aux divers témoins.

JPEG - 34.1 ko

Bien sûr, Naoki ne s’arrête pas à une simple affaire de serial killer. Tel Tezuka à son époque, le mangaka étoffe son récit d’une analyse au vitriol de la société actuelle. Tout d’abord, le 39ème conflit en Asie centrale est clairement une référence à la guerre en Irak. Le pays au souhait expansionniste est la Perse, le président des États-Unis pousse le monde à la guerre sous prétexte de l’existence de robots de destruction massive. Et au final, les experts envoyés sur place n’en trouveront aucune trace et justifieront, en fait, la guerre uniquement par le génocide et l’esclavage des androïdes dans ce pays. De même, on retrouve, bien mis en avant, les horreurs occasionnées par les combats, les dommages collatéraux, les orphelins...
Les enfants, ils ont une place toute particulière dans cette série. D’abord, l’humanité naissante chez les robots est symbolisée par le désir d’avoir des enfants. Des enfants mis en avant parfois bien malgré eux comme l’enfance du musicien aveugle, peu enviable.

Tous les personnages principaux de la série Astro Boy se retrouvent bien présents : le professeur Ochanomizu, l’inspecteur Tawachi... Le troisième tome mettra en avant la petite sœur d’Astro, Uran. Bien sû, les visages ronds et lisses et les traits caricaturaux comme le nez gigantesque d’Ochanomizu disparaissent pour des traits bien plus réalistes, caractéristiques du coup de crayon de Naoki Urasawa. Un dessin impeccable, du pur seinen, mais aussi restant très modéré dans les scènes de meurtres. Pas de voyeurisme outrancier mais beaucoup de suggestion, au point que les combats ne sont pas montrés ou à peine dans le 3ème tome et c’est ce dernier qui commence réellement à nous apporter les premiers éléments sur le tueur nommé Pluto.

Ainsi, avec “Pluto”, Naoki Urasawa nous offre un hommage magnifique au maître du manga de science fiction.


Pluto (T1 à 3)
- Auteur  : Naoki Urasawa
- Daprès l’oeuvre de  : Osamu Tezuka
- Co-auteur  : Takashi Nagasaki
- Superviseur  : Macoto Tezka
- Traducteur  : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Kana
- Collection  : Big Kana
- Format : 127 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Nombre de pages : 202 (tomes 1 et 3), 218 (tome 2)
- Date de parution : 19 février 2010 et 2 avril 2010
- Prix : 7,35 €
- Numéro ISBN : 2-5050-0209-3 ; 2-5050-0210-9 ; 2-5050-0872-9


A lire sur la Yozone : Astro Boy anthology (T5)


© Edition Kana - Tous droits réservés



Frédéric Leray
16 avril 2010






JPEG - 36.8 ko



JPEG - 21.5 ko



JPEG - 37.7 ko



JPEG - 31.2 ko



JPEG - 37.3 ko



WebAnalytics